MOREY Micheline, Marguerite, Henriette

Par Alain Dalançon

Née le 26 juillet 1905 à Paris (IIe arr.), morte le 12 juin 1987 à Paris (XIVe arr.) ; professeure agrégée d’histoire ; militante féministe ; militante du SNALCC puis du SNES, membre du Conseil de l’enseignement du second degré, commissaire paritaire nationale.

Micheline Morey était la fille d’Edouard Morey, pharmacien au 130 rue d’Aboukir à Paris (IIe arr.), et de Michèle Fayard, sans profession. Bachelière en 1923, elle intégra l’Ecole normale supérieure de jeunes filles de Sèvres en 1926. Elle obtint la seconde partie du certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire (lettres) en 1927 et fut reçue à l’agrégation féminine d’histoire en 1929 (10e/13).

Elle enseigna d’abord au collège de jeunes filles de Vendôme (Loir-et-Cher) de 1929 à 1932, puis au lycée Camille Jullian de jeunes filles de Bordeaux (Gironde), avant d’être mutée dans le cadre parisien au Cours Vincennes en octobre 1937.

Micheline Morey était une militante féministe de la Ligue du Droit des femmes. Lors des fêtes du Cinquantenaire de l’enseignement secondaire en 1931, elle prononça à Vendôme une conférence publique sur Jules Ferry. À Bordeaux, le 28 mars 1936, elle fit une conférence en hommage à Marguerite Durand, féministe française, juste après le décès de cette dernière. Elle eut également l’occasion de connaître Manon Cormier, militante féministe bordelaise, résistante morte en déportation, dont elle commenta l’œuvre dans un ouvrage collectif paru en 1960.

Elle militait aussi au Syndicat national des professeurs de lycée de garçons et des cours secondaires féminins. Elle refusa son affiliation à la CGT en 1937 et devint une des dirigeantes du Syndicat national autonome des lycées, collèges et cours secondaires avant-guerre, chargée des questions pédagogiques. Au début de l’année scolaire 1938-1939, elle fut favorable aux classes d’orientation créées par Jean Zay, qui permettraient « d’adapter l’élève du premier degré à l’enseignement du second degré », en ayant le « mérite de laisser aux « éducateurs » plus d’initiative et de donner un enseignement plus vivant du fait du nombre limité d’élèves » ; elle souhaitait voir « certaines des méthodes de la classe d’orientation appliquées à toutes les classes du second degré ». Puis, à la veille du congrès de 1939, elle changea complètement d’avis, sur la base de témoignages de collègues, selon lesquels les élèves de 5e auraient accumulé des retards. Le SNALCC se prononça donc contre la réforme, comme les Sociétés des agrégé(e)s.

À la Libération, Micheline Morey enseignait toujours dans le même établissement rebaptisé lycée Hélène Boucher, et habitait 4, avenue Courteline dans le XIIe arrondissement de Paris.

Comme d’autres anciens responsables du SNALCC, elle militait au nouveau Syndicat national de l’enseignement secondaire. Elle fut élue membre suppléante au Conseil de l’enseignement du second degré en juin 1946 et fut réélue suppléante aux élections de 1950 puis titulaire en 1954 et 1958. Candidate à la commission paritaire nationale des agrégées en 1948, elle ne fut pas élue mais le fut en 1952, en tant que suppléante, ainsi qu’en 1955, et elle fut élue titulaire en 1963.

Elle prit sa retraite à la fin de l’année scolaire 1969-1970.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article149037, notice MOREY Micheline, Marguerite, Henriette par Alain Dalançon , version mise en ligne le 23 septembre 2013, dernière modification le 22 mars 2018.

Par Alain Dalançon

ŒUVRE : Avec Lucien Musset, « Introduction à la civilisation primitive et origines germaniques, La France en guerre contre la Prusse en 1870 » in Histoire de l’Allemagne des origines à nos jours, Roanne, Horwath, 1969-1972. — "Manon Cormier" dans Anthologie des écrivains morts pour la France (1939-1945), A. Michel, 1960.

SOURCES : Arch. Nat., AJ/16/6096, F17/30141/B. — Etat civil de Paris en ligne. — Arch. IRHSES (dont presse syndicale : La Quinzaine universitaire, L’Université syndicaliste. — Conférence donnée au thé féministe de la Ligue du Droit des Femmes à Bordeaux, le 28 mars 1936 (tapuscrit, 27 pages). — Jean-Yves Séguy, « De l’expérimentation à la réforme, les risques de la généralisation : le projet inachevé des classes d’orientation » www.aref2013.univ-montp2.fr/cod6/?q=book/export/html/1437‎. — Notes de Jacques Girault.

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