MINETTI Louis, Jean-Baptiste

Par Marc Giovaninetti, Jean-Claude Lahaxe

Né le 1er septembre 1925 à la Ciotat (Bouches-du-Rhône) ; agriculteur ; membre du bureau national de l’UJRF ; membre de la section agraire du PCF ; membre du bureau fédéral des Bouches-du-Rhône du PCF ; sénateur (1978-1998).

Louis Minetti naquit dans une famille qui était venue du Piémont en 1921. Son père fut tout d’abord ouvrier agricole dans un grand domaine agricole provençal, avant de devenir métayer en 1925, tandis que sa mère travaillait à la journée au gré des saisons. À l’école primaire, Louis Minetti adopta définitivement le français en remplacement du dialecte occitan de ses parents. Bon élève, il put, après avoir décroché le certificat d’études à l’âge de onze ans, entrer au cours complémentaire organisé par la mairie. Devant l’insistance de son instituteur, ses parents l’autorisèrent à présenter le concours des bourses qui se déroulait alors au lycée Thiers à Marseille. En octobre 1939, Louis Minetti devint titulaire du brevet d’études complémentaires, mais dut interrompre ses études afin de venir en aide à son père, « affecté spécial » chargé d’élever des porcs pour le pays en guerre. 

À cette époque, Louis Minetti côtoya des républicains espagnols internés au camp de La Ciotat. Grâce à l’un d’entre eux, membre du Parti communiste espagnol clandestin, il fut contacté en décembre 1943 par un ouvrier des chantiers navals qui le fit adhérer au PCF. Louis Minetti fut versé par ce dernier à la Jeunesse communiste puis aux Forces unies de la jeunesse patriotique (FJUP). Il participa dès lors à des actions de propagande et de soutien de la Résistance, avant de participer à la libération de La Ciotat (sans combat) sous la direction de « Zé » (Joseph) Marini, l’un des membres du triangle de direction du PCF de la ville.

Seul paysan communiste de sa localité, Louis Minetti fut à l’origine de l’éviction des membres de la Corporation paysanne vichyste. Il fonda le syndicat provisoire agricole de La Ciotat dont il devint le premier secrétaire. Il en alla de même en 1945 pour le syndicat de défense agricole (octobre), la coopérative d’approvisionnement (10 novembre) et la coopérative de vente de fruits et de légumes (décembre). Parallèlement, il fut élu au bureau fédéral de la Jeunesse communiste, qui se transformait en UJRF (Union de la Jeunesse républicaine de France) en avril 1945 ; comme dirigeant des Jeunesses, il intégra le bureau de la section communiste de la Ciotat, et bientôt le comité fédéral des Bouches-du-Rhône du PCF.

En 1945 et 1946, sous la tutelle de la section agraire du PCF dirigée par Waldeck Rochet, avec d’autres jeunes paysans tels que l’Auvergnat Marc Saint-Denis*, Louis Minetti participa au groupe de travail en direction du monde rural animé par le secrétariat paysan de l’UJRF. Derrière ses responsables Louis Geay et [Louis Fraysse6>88479], il devint membre du comité national de l’UJRF au congrès d’août 1946, et lança la « Quinzaine rurale » dans l’organe hebdomadaire l’Avant-Garde, soutenu par La Terre, le journal communiste à destination des paysans.

Au plan syndical, il participa à la fondation du syndicat des éleveurs porcins, à la création de la Confédération générale de l’agriculture à Salon-de-Provence en février 1947 ; il devint membre du bureau national du Cercle des jeunes agriculteurs et fut nommé à la commission nationale des foyers ruraux par le ministre de l’Agriculture Tanguy Prigent.

Sous la tutelle de Lucien Lambert, le responsable aux questions agraires des Bouches-du-Rhône, Louis Minetti fut chargé d’organiser des semaines rurales destinées à structurer et animer la vie politique dans les campagnes du département. C’est en septembre 1947, lors d’une de ces tournées, que François Billoux lui annonça qu’André Marty, qui supervisait alors l’UJRF, avait décidé de le faire « monter » à Paris. Louis Minetti s’y vit chargé en novembre d’accompagner la délégation des « 51 » jeunes Marseillais venus expliquer dans la capitale le sens des mouvements sociaux qui se déroulaient alors dans la cité phocéenne. Après le 20 novembre, il reçut pour mission d’organiser la lutte des jeunes du bassin de Longwy alors en grève. Ayant intégré le bureau national de l’UJRF à l’issue du congrès qui se tint à Lyon du 6 au 9 mai 1948, il y siégea jusqu’au congrès de Montreuil en mai 1953. Membre de la section agraire du PCF, toujours dirigée par Waldeck Rochet dont il opposait la « pondération », « l’humanisme », à la « brutalité » de Marty, il partagea ses activités entre la capitale et la Bretagne, essentiellement, région dans laquelle il se rendit tous les week-ends durant quatre ans, la parcourant en compagnie du secrétaire des Côtes-du-Nord Marcel Alory. Il publia la brochure Un jeune paysan vous parle, et lança le mensuel Jeunesse rurale qui sortit en décembre 1950 mais ne dépassa pas le cinquième numéro. Il fut encore un des responsables de la campagne en faveur des libérations de Raymonde Dien et d’Henri Martin

Du 1er au 15 août 1952, Louis Minetti conduisit une délégation de jeunes en RDA, mais après cette date, les finances de l’UJRF ne permettant plus de maintenir un nombre aussi élevé de permanents, il revint s’installer avec sa famille dans une ferme proche de Saint-Rémy de Provence, celle dont avait hérité la nièce du poète Frédéric Mistral à Maillane.

En avril 1950, Louis Minetti avait épousé la fille de son ancien voisin à La Ciotat, Jeannette Rinaldi ; il la convertit du catholicisme pratiquant au communisme militant, et elle entreprit des études d’infirmière. Leur fille aînée, Dominique, naquit à Paris en septembre 1951, puis leur fils François après leur retour en Provence en 1953. Elle devint infirmière-puéricultrice, lui professeur agrégé de sciences, militant communiste comme ses parents.

Louis Minetti demeura métayer jusqu’en 1964, bien qu’il ait été obligé, peu de temps après son installation, de revenir à Paris pour prendre la tête du comité de soutien aux quatre dirigeants de l’UJRF emprisonnés, et pour suppléer à ces défections forcées à la tête de l’organisation, dans des conditions de quasi-clandestinité au plus fort de la guerre froide. Il ne s’installa pour de bon dans sa ferme qu’après leur libération, à l’automne 1953. Tout en gagnant sa vie comme agriculteur, il continua de s’acquitter des responsabilités que lui conférait son travail militant. Le 23 mai 1954, il fut réélu au comité de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône. En août 1964, après qu’il eût suivi les cours de formation de l’école centrale de quatre mois, son ami Maurice Garencq, membre du bureau fédéral, et Georges Lazzarino, premier secrétaire, lui demandèrent de redevenir permanent, cette fois à la fédération des Bouches-du-Rhône. La famille se réinstalla en novembre à La Ciotat, sa ville d’origine. Elle ne devait plus en déménager.

Louis Minetti accéda au bureau fédéral le 13 juin 1965 et demeura membre de cette instance jusqu’en 1976. Il s’occupait plus particulièrement de la commission fédérale chargée du travail dans le monde paysan, mais il fut aussi chargé du secteur des commerçants, artisans et professions libérales. En 1967, il présida le comité départemental pour le soutien et la victoire du peuple vietnamien et anima la campagne intitulée « Un bateau pour le Viêt-Nam ». L’action connut un grand retentissement national, et plus tard, en 1970, la ministre des affaires étrangères Mme Nguyen Thi Binh vint les remercier à Marseille pour leur soutien.

Dans les entreprises, les universités et le monde rural, il participa à tous les stades des événements de mai 1968. Il fut présenté en tant qu’adjoint de Vincent Porelli dans la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône lors des législatives des 23 et 30 juin 1968, mais les candidats communistes furent battus. Au cours de l’été 1969, le comité central du PCF le désigna pour diriger l’école centrale destinée aux étudiants et enseignants, « décentralisée » dans son département. Il s’acquitta de cette délicate mission non sans avoir essuyé quelques contestations d’un public déstabilisé par les changements de mentalité et d’organisation consécutifs à Mai-68. Lui-même très sensibilisé aux questions de liberté et de démocratie interne, il s’en ouvrit à différents membres de la direction nationale, François Billoux, Gaston Plissonnier, Pierre Juquin, Georges Marchais, en leur faisant des propositions précises qui furent diversement suivies. En 1971, il proposa de mener une campagne nationale sur le thème « Parti communiste, parti de la Liberté » en faisant paraître un premier article le 31 janvier dans La Marseillaise. Soutenue suite à un entretien de Louis Minetti avec le secrétaire général, cette campagne déboucha sur la création par le PCF d’un « comité de défense des Droits de l’Homme en France et dans le monde », dont Louis Minetti fut l’animateur et le directeur de La Lettre. À ce titre, il écrivit aussi l’article « Continuer la France des Droits de l’Homme » pour la revue du comité central, les Cahiers du communisme, en mars 1983. L’influence du comité resta toutefois réduite, même au sein du Parti communiste.

En 1977, Louis Minetti proposa une forme nouvelle d’action centrée autour de la défense du droit de vivre au pays. Cette initiative se concrétisa par l’organisation de la manifestation du 19 novembre 1977 qui rassembla à Marseille des représentants de toutes les branches professionnelles actives en Provence. Lui-même soigna particulièrement la participation du monde agricole. En revanche, ses campagnes d’opposition à la construction de l’autoroute Marseille-Gap, qui devait dénaturer la vallée de la Durance, ou, au contraire, en faveur du percement d’un tunnel pour une liaison ferroviaire rapide entre Briançon et Turin ou du creusement du canal Rhin-Rhône qui aurait fait du fleuve méditerranéen une véritable voie navigable européenne, ne furent pas suivies d’effet.

En 1978, une place de sénateur se libéra dans le département suite à la démission de Léon David, un dirigeant historique de la fédération qui avait exercé avant lui des responsabilités en direction du monde paysan. Comme ce dernier avait été avec le député Lucien Lambert un des principaux mentors politiques de Louis Minetti, il semblait naturel que celui-ci le remplace. Il fut ensuite réélu aux élections sénatoriales de 1980 et de 1989, ce qui lui permit se siéger vingt ans durant au Palais du Luxembourg. Il s’y montra un parlementaire fort actif sur les questions agraires, en étant successivement membre, secrétaire et vice-président de la commission des affaires économiques.

Louis Minetti restait en même temps très actif sur le plan local, en occupant des mandats de conseiller municipal à la Ciotat et de conseiller régional pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. De 1978 à 1984, il fut président de la commission de la production et des échanges de la région, œuvrant en liaison avec l’INRA en faveur d’une « agriculture durable » en incitant aux économies d’énergies et à l’utilisation de moyens biologiques pour la protection des cultures. Il fut aussi à l’origine de trois reconnaissances d’AOC (appellation d’origine contrôlée), celle de l’huile d’olive de la Vallée des Baux, celle du foin de la Crau, celle des taureaux de Camargue.

En 1980 il participa à la lutte pour sauver les mines de lignite de Gardanne et alentours. En 1984, après un éphémère succès, de nouvelles manifestations ne purent empêcher les fermetures, qui s’échelonnèrent jusqu’en 2003.

Louis Minetti se montra encore particulièrement motivé à partir de 1986 pour la défense des chantiers navals de sa ville, condamnés par Alain Madelin, le ministre de l’industrie du gouvernement de Jacques Chirac, qu’il combattit âprement au Sénat. Deux mille emplois étaient en jeu à la CNC, qui en avait connu six mille à son apogée. Le 29 septembre 1986 il organisa une grande mobilisation locale ; il anima une conférence de presse, obtint le soutien des autorités catholiques, appuya le premier comité de chômeurs qui s’organisa en France, lança une campagne de signatures, se solidarisa avec l’occupation du site, avec la grève de la faim de trois ouvriers, la marche des chômeurs à travers la France au cours du printemps 1990. Il se heurta parfois au charismatique dirigeant local de la CGT Charles Hoareau, mais globalement, la lutte resta unitaire. Il ne restait plus guère que quelques centaines d’employés sur le site quand un espoir de solution perça en janvier 1990. Il prit alors la parole devant une assemblée soulagée qui le fit « soudeur d’honneur » des chantiers. Mais bientôt de nouvelles menaces apparurent ; il lança alors la campagne « La Ciotat au cœur », qui déboucha sur des « états généraux citadins » le 26 février 1994. La section locale du Secours populaire français, fondée et présidée par son épouse Jeanne Minetti, contribua très activement au soutien matériel et alimentaire des grévistes en organisant des collectes dans toute la région. Ce fut l’équipe municipale élue en 1996 derrière la communiste Rosy Sanna qui relança vraiment le site industriel, en réorientant les chantiers vers la maintenance des grands yachts de plaisance, un domaine dans lequel La Ciotat devint le leader européen. L’Espace, un lieu où avaient siégé l’ancien abattoir et les douanes, fut mis à la disposition du Secours populaire. Après le décès de Jeanne Minetti en 2012, il fut baptisé à son nom.

Cependant, dans les années 1990, le sénateur Minetti restait surtout spécialisé dans les questions rurales et agricoles. Il associa son nom à une loi votée le 3 janvier 1991, en faveur de la protection des espaces forestiers ; elle veillait à la prévention des risques naturels et à la limitation des permis de construire, tout en essayant de contrer la désertification et la progression des jachères qui favorisent les incendies. Au cours des années 1992-1996, il organisa en Provence quatre colloques consacrés à la gestion, la préservation et le contrôle de l’eau ou à la défense du monde rural, qui réunirent maires et élus, chambres et syndicats d’agriculteurs, organismes associatifs et institutionnels.

En 1992, il se montra encore en pointe lors de la crise des fruits et légumes liée à la politique économique européenne. En septembre, il déposa une proposition de résolution, puis fut élu en décembre président de la commission sénatoriale de 21 membres sur la question, malgré l’opposition résolue du sénateur gaulliste Charles Pasqua. Il diligenta alors des missions partout en France et dans les pays voisins, organisa des tables rondes avec les professionnels, qui aboutirent à la présentation de son rapport le 19 mai 1993 dans la grande salle René Coty du Sénat archicomble. Cependant, la commission de Bruxelles passa outre les mesures qu’il préconisait, en dépit d’une motion désapprobatrice votée par le sénat français. Lui-même, en revanche, considérait qu’il s’était gagné une véritable estime parmi les professionnels de la filière, au vu de l’accueil qu’on lui faisait dans les salons agricoles.

Il fit encore deux voyages en Espagne, le principal pays visé par le mécontentement des producteurs français, au cours de l’année 1998 ; d’abord à l’invitation de députés européens, puis à l’initiative du Sénat en compagnie d’un collègue centriste. Il réussit à négocier dans les régions sensibles d’Andalousie et de Murcie, et sut se ménager un accueil bienveillant à Madrid, en désapprouvant devant la presse les incendies de camions espagnols par des manifestants français à la frontière. Ce dernier déplacement fournit la matière d’un rapport d’information au Sénat dont Louis Minetti était un des coauteurs, comme il l’avait déjà été après une mission dans les pays scandinaves en 1995 ou pour décrire « l’organisation des marchés dans le secteur des fruits et légumes » en France en 1997.

Au total, Louis Minetti se prévalait de plusieurs dizaines de missions à l’étranger. Les plus mémorables l’avaient mené en Inde en 1980, où il rencontra Indira Gandhi, en Guadeloupe en 1981, au Brésil en 1986, ou encore au Congo-Brazzaville en 1989. Sa série de voyages en 1990-1992 dans les anciens pays du bloc soviétique fut moins gratifiante. Partout on lui demandait comment on pouvait encore se dire communiste. Troublé et désabusé, il publia plusieurs articles dans des organes communistes français sur le thème « Où sont passés les communistes ? » ; il y déplorait les « confusions » et les « illusions », dénonçait les « carriéristes des anciens partis [coupés du] peuple », et formulait l’espoir de la « renaissance […] d’un parti révolutionnaire pour un socialisme moderne ».

À partir de 1998, il exprima le vœu d’être déchargé de ses mandats nationaux et locaux et de ses responsabilités politiques, mais il continua à militer au sein du Parti communiste et de son Amicale des vétérans. Concluant son livre autobiographique en 2001 après le XXXe congrès du PCF tenu à Martigues dans sa région, il considérait qu’il « participait pleinement [à la] mutation profonde » du parti alors dirigé par Robert Hue, en souhaitant que « la jeunesse et la démocratie directe soient au centre des questions ». Il récusait avec force l’idée de « carrière » politique en faveur de celle d’ « engagement », et privilégiait l’écoute et le dialogue qu’il considérait avoir toujours mis en avant.

Il avait été fait chevalier de la Légion d’Honneur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article148669, notice MINETTI Louis, Jean-Baptiste par Marc Giovaninetti, Jean-Claude Lahaxe, version mise en ligne le 4 septembre 2013, dernière modification le 24 septembre 2013.

Par Marc Giovaninetti, Jean-Claude Lahaxe

ŒUVRE : Un jeune paysan vous parle, Éditions de la jeunesse, 1947. — Les agriculteurs des pays socialistes d’Europe, Messidor, 1975. — Socialisme et liberté, Éditions Paul Éluard, Marseille, 1972. — De la Provence au Sénat. Itinéraire d’un militant communiste, Le Temps des cerises, 2003. Louis Minetti travaille en 2013 à la préparation d’un nouveau livre intitulé Les chemins des libertés.

SOURCES : Archives centrales du PCF, décision du secrétariat, 30 juin 1952. ― Archives départementales des Bouches-du-Rhône, dossier 148 W 291, note du 18 juillet 1951 adressée par le ministre de l’Intérieur au préfet. ― Liste interne établie en 1954 et de 1964 à 1968 à la suite de l’élection des instances dirigeantes de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône. ― Archives et site internet du sénat français. ― L’Avant-Garde, années 1946-1952. ― La Marseillaise, 31 janvier 1971, 1er avril 1976, 19 octobre 1980. ― Louis Minetti, « Continuer la France des Droits de l’Homme », Cahiers du communisme, mars 1983. ― Louis Minetti, « Capitalistes à l’Est », L’Humanité, 11 avril 1990. ― Louis Minetti, De la Provence au Sénat. Itinéraire d’un militant communiste, Le Temps des cerises, 2003, 242 p. ― Déclarations du 27 mars 2003 à Jean-Claude Lahaxe. – Notes de Gérard Leidet. ― Entretiens de Marc Giovaninetti avec Marc Saint-Denis et Louis Minetti, 2010-2013.

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