OBOEUF Yves

Par Rolf Dupuy

Né le 23 avril 1940 à Saint-Germain en Laye (Yvelines), mort le 27 avril 2011 à Villapourçon (Nièvre) ; psychologue ; militant de la FA et de la CNTF.

Yves Oboeuf, fils d’un employé et d’une mère sans profession, s’était intéressé dès le lycée et au mouvement anarchiste et aux nihilistes russes avant de découvrir aussi le syndicalisme révolutionnaire et gestionnaire (Pelloutier). Militant de la Fédération anarchiste (FA) en 1963 il participait à la campagne de tracts pour dénoncer la rencontre De Gaulle-Franco, puis rejoignait à la 2ème Union régionale (Paris) de la CNTF, organisation devenue à l’époque très minoritaire et où il y rencontrait et militait avec, entre autres, Étienne Roda Gil, Jean-François Brochard et Roger Veinante.

Cette même année 1963, lors du procès Delgado-Granado en Espagne, il fut l’un des principaux organisateurs de la manifestation non déclarée contre le franquisme, rue Mouffetard à Paris, au cours de laquelle Joseph Soriano, secrétaire de la CNTF, fut arrêté et retenu jusqu’au soir par la police.

Il se maria le 12 octobre 1965 à Malakoff (Seine) avec Josiane Garrotel.

En 1967 il fonda sur son lieu de travail à Paris (Centre de Sécurité Sociale des Travailleurs Migrants) une éphémère section syndicale CNTF, après avoir exigé l’élection de représentants du personnel comme le prévoyait la législation. Après l’échec de ce qu’il interprétait comme "la vague insurrectionnelle de 68", il démissionna de son travail après que la direction lui ait fait comprendre qu’il n’y connaîtrait plus aucun avenir. Il quitta aussi bientôt la CNTF à la suite de dissensions plus ou moins personnelles et appartint pendant quelque temps à un groupe FA de la banlieue sud qui finira par s’auto-dissoudre.

Entré à l’Education Nationale et ayant repris parallèlement des études en fac, il obtint un DESS de psychopathologie. De 1978 à 1999 il exerça comme psychologue dans différents groupes scolaires de la région parisienne - La Courneuve, Villeneuve-la-Garenne puis Genevilliers où il finit par se fixer - ) où il s’efforça "aidé par certains enseignants et les structures médico-psychologiques, de lutter contre la ségrégation des enfants en grande difficulté et pour l’intégration des enfants handicapés". Après son divorce, il se maria le 24 avril 1999 à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) avec Barbara Gaweda.

Yves Oboeuf, qui avait été membre du groupe Spartakus et des Jeunesses Syndicalistes Révolutionnaires (JSR) avait été le gérant du Combat Syndicaliste de 1965 à 1969, collaborait à la même époque au Monde Libertaire et fut l’un des initiateurs du bulletin ronéoté mensuel Action Directe" (Paris, au moins 6 numéros de novembre 1968 à juin 1969), organe des Jeunesses syndicalistes révolutionnaires (JSR) de la 2è union régionale de la CNTF.

Le 27 avril 2011 Yves Oboeuf, qui était le père d’une fille unique, mettait fin à ses jours dans sa maison de Villapourçon dans le Morvan qu’il "affectionnait pour s’y retrouver loin de ses soucis de santé et ses difficultés affectives de vivre dans notre monde actuel".

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article148545, notice OBOEUF Yves par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 16 septembre 2013, dernière modification le 16 septembre 2013.

Par Rolf Dupuy

SOURCES : R. Bianco, Un siècle de presse anarchiste… , op. cit.. — Témoignage d’Y. Oboeuf, janvier & mars 2009. — État civil.

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