BOUHELIER Achille

Par Daniel Grason

Né le 15 octobre 1907 ; tourneur, rectifieur ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; domicilié à Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine).

Achille Bouhelier alla à l’école primaire, il effectua dix-huit mois de service militaire en Syrie alors sous mandat français, il apprit le maniement du fusil-mitrailleur, fut nommé caporal. Il demeurait 7 Rue du Pont à Suresnes, était ouvrier. Il travailla dans la métallurgie rectifieur, tourneur sur métaux chez Latil et Talbot là où il vivait, deux usines qui comptaient deux mille et mille deux cents salariés.

Il adhéra au Parti communiste en mai 1936 dans le XVe arr. puis à Suresnes. Il participa à la grève générale de 1936, s’éveilla à la vie politique par la lecture de l’Humanité et de L’Avant-Garde, et des brochures édités par le parti communiste. Il se syndiqua à la CGT, diffusa La Vie ouvrière, collecta les timbres des adhérents pendant trois mois, fut membre du Secours rouge international en 1937.

Chômeur, début 1938, il s’adressa à Marcilloux, secrétaire de la section de Suresnes et à un membre du bureau de section Roger Auvert pour aller en Espagne « vaincre le fascisme ». Le 23 février il partit, fut incorporé le 26 février dans la XIVe Brigade internationale, 2e bataillon, compagnie de mitrailleuses. Il participa avec courage aux combats où fut engagée la brigade.

Début novembre 1938, il remplit un questionnaire biographique, il écrivait partager les idées du Front populaire en Espagne qu’il trouvait « Très bonne », affirmait qu’il : « Continuerait à lutter en France contre le fascisme ». Il ne cachait pas son penchant pour la boisson, rappela qu’il écopa de vingt jours de prison et de suppression de prêt en mars 1938. Un travers déjà sanctionné en France par quinze jours de prison en octobre 1937 pour « état d’ivresse ».

Lucien Bigouret de la commission des cadres fut sévère dans ses appréciations : « Buveur et rouspéteur », activité politique « nulle ». Il relevait que la conduite personnelle d’Achille Bouhelier était « Très bonne au combat, très mauvaise au repos », il le qualifiait de « courageux ». Ses camarades de combat avaient de lui une opinion « assez mauvaise ». Opinion fondée sur le fait qu’il volait du pain pour l’échanger contre du vin. En conclusion le comité de parti de la brigade décidait de signaler Achille Bouhelier au comité central du parti comme « un déclassé qu’il faut surveiller », à « éliminer de notre parti ».

Achille Bouhelier fut rapatrié en novembre 1938 lors du retrait des Brigades internationales d’Espagne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article148323, notice BOUHELIER Achille par Daniel Grason, version mise en ligne le 21 août 2013, dernière modification le 21 août 2013.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. RGASPI 545.6.1090, BDIC Mfm 880/6 ; RGASPI 545.6.1091, BDIC Mfm 880/7 ; RGASPI 545.6.44.

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