NICOLAS-CHARLES Désiré, Joseph

Par Alain Dalançon

Né le 27 août 1930 au Bourg-d’Oisans (Isère), mort le 22 janvier 1998 à Saint-Hilaire-du-Touvet (Isère) ; instituteur puis PEGC en Isère ; militant syndicaliste, membre du bureau national du SNI puis du SNI-Pegc, membre de la CA nationale de la FEN et secrétaire de la section départementale de l’Isère ; militant socialiste, adjoint au maire de Pont-de-Claix.

Fils d’un chef-cantonnier, Désiré (prénommé parfois Denis) Nicolas-Charles, commença sa carrière professionnelle comme instituteur en Isère. Il devint professeur au collège d’enseignement général de Péage-de-Roussillon, occupa dans ce CEG, au milieu des années 1960, les fonctions de directeur adjoint puis fut muté au collège d’enseignement secondaire Jean Vilar d’Echirolles.

Il commença à militer au Syndicat national des instituteurs dès le début de sa carrière comme membre du conseil syndical départemental, secrétaire de la commission des jeunes. Il intervint pour la première fois dans un congrès national à Bordeaux en juillet 1955, et fut désigné le 2 février 1956 pour participer à la commission nationale des jeunes. Candidat au bureau national en dixième position sur la liste « Pour renforcer l’unité et l’efficacité du SNI. Liste d’action laïque et de défense de l’Éducation nationale », conduite par Georges Fournial, il ne fut pas élu par les délégués au conseil national, le 26 décembre 1956.

Désiré Nicolas-Charles fut ensuite, durant deux décennies, des années 1960 à 1980, un militant très en vue du courant « unitaire » au plan national, au SNI et à la Fédération de l’Éducation nationale. Il resta élu membre titulaire du BN du SNI puis du SNI-Pegc, de 1964 à 1983, sur la liste conduite par Alfred Sorel*, qui prit différents noms avant d’être baptisée « Unité et Action ». Il devint secrétaire académique des PEGC dans l’académie de Grenoble à partir de 1979, quelques années après la création de ce type de responsabilité dans le syndicat. Il était en même temps membre de la CA nationale de la FEN au titre de son syndicat de 1964 à 1981, désigné par son courant de pensée, comme suppléant d’abord puis comme titulaire, et fut secrétaire de la section départementale de l’Isère dans les années 1970. Il siégea à la commission administrative paritaire centrale à partir de 1965 et fut par ailleurs très actif dans la section départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale.

Longtemps sans affiliation politique, il faisait partie du collectif national « Unité et Action » et du comité de rédaction de sa revue dès sa création en 1970. Ainsi présenta-t-il la motion d’orientation de la tendance au nom des sections départementales U-A au congrès fédéral de 1969.

Désiré Nicolas-Charles fut souvent le porte-parole de son courant de pensée dans les instances nationales du SNI puis du SNI-Pegc sur les questions pédagogiques et notamment la formation des maîtres qui lui apparaissait déterminante pour la démocratisation de l’école dans l’optique de la réalisation du Plan Langevin-Wallon. Cette question constitua en quelque sorte le fil rouge de ses préoccupations et interventions. Dans le but de créer un corps unique des maîtres de la maternelle à l’université, il défendit avec persévérance la nécessité d’un haut niveau de formation de tous les maîtres, y compris instituteurs, à l’université, tout en accordant une très grande importance à la formation professionnelle. Cela nécessitait que des positions communes soient définies entre les syndicats de la FEN, le SNI et les syndicats des enseignements secondaire et technique ; c’est la position qu’il défendit dès le congrès du SNI de juillet 1959 à propos de la liaison cours moyen-6è.

Au congrès de Strasbourg de juillet 1960, dans la discussion du rapport de Robert Dernelle sur la vie à l’école, il expliqua que « le fonctionnement de l’école dépendra de l’état d’esprit des enseignants, qui doivent approfondir leur culture personnelle ». Au congrès de 1963, il évoqua les conditions d’une réforme démocratique. Après le passage en 1969, à deux années après le baccalauréat de la durée de la formation professionnelle des instituteurs, il demanda que le SNI passe tout de suite à l’étape suivante de 2 années + une de formation, avec une participation active de l’enseignement supérieur et non pas une vague « coopération » comme l’indiquait la motion de congrès de Nice de 1967 car le rôle de l’enseignant « n’était plus seulement de dispenser un savoir mais de créer lui-même, de savoir innover, tout en dominant son propre enseignement ». Après la sortie du projet d’ « Ecole fondamentale » du SNI, il réaffirma cette nécessité dans un long exposé collectif de la tendance U-A « Pour la démocratisation de l’enseignement, pour la promotion de l’instituteur » paru dans L’Ecole libératrice en 1971.

Au congrès de la FEN de Grenoble de 1976, son intervention s’intitula : « Former les instituteurs à l’Université, c’est crédible » mais, pour tenir compte des réalités et du potentiel existant, il pensait alors à la définition d’un ou plusieurs DEUG nouveaux et à une association étroite entre universités d’une part et écoles normales départementales et centres de formation académiques des PEGC d’autre part, ce qui n’était pas exactement la position du Syndicat national des enseignements de second degré, formulée dans sa plate-forme unificatrice de 1974. A la suite de débats dans le cadre du courant de pensée U-A au plan fédéral, les positions se rapprochèrent et le SNES demanda en 1977 « 3 ou 4 années de formation après le baccalauréat comprenant l’acquisition d’un DEUG adapté aux exigences de l’école élémentaire et pré-élémentaire ».

Désiré Nicolas-Charles avait en outre toujours combattu les différents projets de professeurs des collèges, aussi bien ceux du ministère que celui du maître de « l’École fondamentale » de son syndicat. Il partageait les exigences du SNES d’élever, améliorer et unifier la formation des maîtres de l’ensemble du second degré. Il estimait cependant, comme ses camarades U-A du SNI-Pegc, qu’il fallait trouver les moyens de favoriser l’intégration des PEGC dans le corps des certifiés, ce qui fut au cœur de nouveaux débats dans la tendance fédérale sur les étapes d’une plate-forme unificatrice, notamment pour les PEGC non-licenciés.

Au congrès national du SNI-Pegc de juillet 1981, il regretta que le syndicat ne soit « pas vraiment la maison de tous », comme cela devrait être sa vocation, permettant un véritable débat ; il dénonça l’anticommunisme du secrétaire général, Guy Georges, dans son propos introductif, « aussi insupportable que le procès obsessionnel de la sociale-démocratie qui peut fleurir ailleurs. »

Après sa retraite, devenu militant du Parti socialiste, Désiré Nicolas-Charles fut élu conseiller municipal puis adjoint au maire, président du groupe socialiste, à Pont-de-Claix, dans une municipalité dirigée jusqu’en 1999 par un militant communiste, Michel Couëtoux, par ailleurs longtemps militant du Syndicat national de l’enseignement technique et de la FEN.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article147944, notice NICOLAS-CHARLES Désiré, Joseph par Alain Dalançon , version mise en ligne le 17 juillet 2013, dernière modification le 24 octobre 2018.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. IRHSES. — Presse syndicale. — Témoignages oraux (Annie Clavel-Eveno, Daniel Renard, Michel Veylit, Raphaël Szajnfeld). — Notes de Jacques Girault.

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