METZGER Hubert, Henri

Par Gilles Morin

Né le 7 octobre 1884 à Belfort (Territoire de Belfort), mort le 1er février 1958 ; fonctionnaire ; militant radical puis progressiste, maire de Belfort (1939-1944 ; 1946-1958).

Fils d’Octave, charcutier, et de Célestine Clerc, il s’était marié le 15 octobre 1915 à Belfort (Territoire de Belfort) avec Maria Luise Rousseau.

Grand mutilé de la Grande guerre, blessé à trois reprises, Hubert Metzger fut déclaré invalide à 50 %. Décoré de la Croix de guerre et fait officier de la Légion d’honneur, il joua un rôle important dans le mouvement Ancien combattant : il était, secrétaire général de l’Association des mutilés de guerre, présidait les anciens combattants républicains du Territoire de Belfort, mais aussi les Anciens combattants du 35e RI, et était vice-président de la commission permanente de l’Office départemental des AC, mutilés et victimes de guerre. Il fut chef de cabinet du ministre des pensions à une date indéterminée.

Chef de bureau de préfecture, Metzger obtint sa retraite en 1941. Membre du Parti radical socialiste, élu en 1935 conseiller municipal sur la liste d’union radicale-socialiste et SFIO, il devint ensuite premier adjoint au maire de Belfort, Pierre Dreyfus-Schmidt. Il avait été candidat aux élections législatives de 1928 et 1932, comme « Républicain de gauche ». Il était alors présenté comme directeur d’usine et conseiller municipal de Delle.

Hubert Metzger fit fonction de maire de Belfort dès septembre 1939, Dreyfus-Schmidt étant mobilisé, puis prisonnier. Il était à son poste à la mairie lors de l’arrivée des troupes allemandes en juin 1940 et eut une attitude « courageuse » selon le préfet de Vichy. Sur proposition de ce dernier, il fut désigné maire en 1941, en remplacement de Dreyfus-Schmidt, puis conseiller départemental. Il fut premier vice-président de cette assemblée, et proposé par le préfet pour siéger au Conseil national à Vichy. Il fut décoré de la rosette de la Légion d’honneur en 1942.

À la Libération, le CDL clandestin avait décidé de ne pas le maintenir au conseil municipal parce qu’il avait accepté d’être conseiller départemental sans avoir été conseiller général. Mais, « résistant actif sous l’Occupation » selon le préfet mais il fut relevé de l’inéligibilité par le Jury d’honneur le 31 juillet 1945 « considérant qu’il est établi que l’intéressé a participé à cette lutte [contre l’occupant] ; que notamment il a toujours accordé une aide matérielle efficace aux organisations de résistance et a ceux qui étaient traqués par l’oppresseur ». Il avait en 1942 fait arrêter les francistes qui avaient enlevés de la mairie le buste de la République, aidé les familles de personnes arrêtées, de réfractaires au STO, fournit des cartes d’alimentation aux résistants, etc. Réélu conseiller municipal et premier adjoint en 1945, il était spécialisé dans les questions d’enseignement. Il retrouva le siège de maire radical « progressiste » de Belfort après la démission de Dreyfus-Schmitt, le 20 novembre 1946.

Conseiller général de Belfort, élu en septembre 1945, Metzger se représenta en mars 1949 sur la liste radicale-socialiste indépendante qui fit alliance au 2e tour avec la liste communiste sous le vocable de « l’Union des républicains », mais elle fut battue en totalité par l’alliance MRP-RPF. Il devait toutefois retrouver son siège à l’assemblée départementale en 1955.

Il se présenta à plusieurs occasions aux élections au conseil de la République. En 1948, il obtint 41 voix au 1er tour, en février 1949 (partielle), il obtint 49 voix et se désista pour le socialiste Boulange.

À son décès, en février 1958, Pierre Dreyfus-Schmitt redevint maire de Belfort.

Une école primaire et une école élémentaire d’application de Belfort portent son nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article147629, notice METZGER Hubert, Henri par Gilles Morin, version mise en ligne le 1er octobre 2013, dernière modification le 19 septembre 2017.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1a/3364, 3373, 3633, 3634, 3637 ; F/1cII/139, 238, 323 ; F/1cIV/155 ; AL/5287 et 5322. — État civil.

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