PEINOIT Roger, Marcel

Par Jacques Girault

Né le 27 septembre 1927 à Belleville-sur-Meuse (Meuse), mort le 11 octobre 2010 à Langres (Haute-Marne) ; professeur ; militant communiste en Moselle ; militant associatif

R.Peinoit à Jury en 1967
R.Peinoit à Jury en 1967

Fils d’un employé à la compagnie de chemins de fer de l’Est, devenu chef de train à la SNCF, et d’une couturière, Roger Peinoit reçut tous les sacrements catholiques. Après sa scolarité primaire à Belleville, élève du collège Margueritte de Verdun (Meuse), il fut arrêté le 2 avril 1941 par la police française, avec une dizaine de collégiens plus âgés pour distribution de tracts anti-allemands dans le cadre des V menée par Radio-Londres (Victoire, Verdun). Il fut désigné, avec dix-neuf de ses camarades, comme otages. Mais le commissaire de police ne transmit pas son nom, les autres furent fusillés ou déportés, comme le fut son beau-père maternel, résistant, mort à Auschwitz en 1942. Elève du collège Buvignier de Verdun, il s’engagea en 1944 dans les FFI, comme interprète et agent de liaison à la caserne Saint-Michel de Verdun. Reçu au baccalauréat (série Philosophie-Sciences), il devint étudiant à Paris (Institut d’études politiques, puis Faculté de Droit). Il poursuivit ses études à Lyon puis à Dijon (licence ès-lettres en 1950, diplôme d’études supérieures d’Histoire en 1951). Boursier, il était aussi maître d’internat à Paris (collèges Fénelon,VIIIeme arr. en 1946-1947, Saint-Louis de Gonzague, XVIeme arr.) en 1947-1948).

Appelé au service militaire en 1951, il refusa de passer l’examen des élèves officiers de réserve et fut soldat de deuxième classe à Alençon (Orne).

Rendu à la vie civile, Peinoit entra en troisième année de l’École normale supérieure de l’enseignement technique (section G, Histoire-géographie) en 1954. Il se maria en juin 1955 à Belleville-sur-Meuse avec une étudiante, pupille de la Nation, militante communiste, future trésorière de la section communiste de Metz. Le couple eut cinq enfants.

Professeur au collège Lambert à Mulhouse (Haut-Rhin) en 1955 puis à partir de 1957 à l’école nationale professionnelle de Metz, Peinoit habita Montigny-les-Metz (Moselle) de janvier 1957 à juillet 1960 puis s’installa à Metz où il termina sa carrière comme professeur au lycée Schuman en 1991.

Simple membre du Syndicat national de l’enseignement technique, puis du Syndicat national des enseignements secondaires (classique, moderne et technique), qu’il quitta en 1968 et adhéra dans les années 1970 au Syndicat national autonome des lycées et collèges.

Peinoit adhéra au Parti communiste français en 1949 à Lyon. A la fin des années 1950, il était membre du secrétariat de la section communiste de Montigny puis, en 1961, du bureau de la section communiste de Metz. Il entra au comité de la fédération communiste en 1959. En 1961, membre du bureau fédéral, responsable de la commission fédérale des intellectuels, il suivit l’école centrale d’un mois en 1962. Lors d’un voyage d’études en Allemagne de l’Est à Magdebourg, il constata les défauts du régime et revint rempli de doutes qui s’accentuèrent. En 1965, il ne faisait plus partie du comité fédéral. Il fut candidat au Conseil général dans le canton de Metz 2. A la suite de l’exclusion de Robert Chèvre en 1965, il le soutint sans toutefois rallier comme ce dernier le gaullisme. Il quitta le PCF en 1966.

Peinoit, membre du comité départemental du Mouvement de la Paix, fut « un farouche opposant au réarmement allemand » (Paul Berger) et participa aux campagnes contre l’armement nucléaire. Notamment il prit part aux manifestations du mouvement de la paix sarrois (Marche de Pâques en 1963 à Sarrebrück).

Par la suite en 1973, Peinoit et sa famille quittèrent Metz pour habiter à Jury, commune rurale proche. Il s’impliqua contre certains projets immobiliers et, à partir de 1978, dans les actions d’insertion des réfugiés du Sud-Est asiatique. Militant dans une association de défense de l’environnement, il prit part aux actions contre la construction d’un aéroport à Louvigny et contre le doublement de l’A 31. En 1981, il participa à la campagne de soutien à François Mitterrand à l’élection présidentielle.

En congé de longue durée depuis 1989, Peinoit prit sa retraite en 1991. Retiré à Anrosey (Haute-Marne), il s’engagea à partir de 2000 dans une association en Haute-Marne revendiquant un droit de réparation pour les orphelins de tous les déportés et non des seuls enfants de Juifs comme le prévoyait le décret du gouvernement Jospin. Très actif, il favorisa la création d‘associations départementales semblables dans la région qui obtinrent satisfaction en 2004.

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Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article147542, notice PEINOIT Roger, Marcel par Jacques Girault, version mise en ligne le 26 juin 2013, dernière modification le 7 août 2013.

Par Jacques Girault

R.Peinoit à Jury en 1967
R.Peinoit à Jury en 1967
R.Peinoit, manifestation pour la paix à Bitche, le 19 mai 1962
R.Peinoit, manifestation pour la paix à Bitche, le 19 mai 1962
R.Peinoit étudiant
R.Peinoit étudiant

SOURCES : Arch. mun. Montigny-les-Metz. — Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’épouse de l’intéressé et sa fille. — Notes de P. Berger. — Sources orales.

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