OLLIVIER Jacques

Par François Prigent

Né le 6 avril 1934 à Damas (Syrie) ; instituteur puis directeur d’école ; militant laïque et associatif ; militant SNI ; maire de Saint-Barthelémy (1965-1979) ; candidat suppléant aux élections législatives de 1973 à Pontivy ; conseiller général PS de Baud (1976-1979), conseiller municipal PS de Ploumilliau (1983-1995).

Ce fils de gendarme trégorrois anticlérical intégra l’École normale d’instituteurs de Vannes en février 1955 après avoir été formé dans les écoles publiques à Paimpol, Baud et Pontivy. Il fut d’abord instituteur remplaçant à Noyal-Muzillac, Surzur et Sarzeau. Marqué par la guerre d’Algérie, il s’engagea à gauche à l’issue de son service militaire comme sous-officier (1957-1959).

Revenu à Saint-Barthelémy en mai 1959 où il se maria avec la directrice d’école Madeleine, il suivit une trajectoire classique des instituteurs laïques de Bretagne (Amicale laïque, secrétaire de mairie, Syndicat national des instituteurs, football). Directeur d’école, il forma une liste de gauche à partir de 1964 autour des matrices militantes de l’Amicale laïque, regroupant des cultivateurs et des commerçants progressistes pour battre le notable Joachim Le Gall.

Devenu maire en 1965, Jacques Ollivier était alors apparenté à la SFIO puis à la FGDS par les rapports des Renseignements généraux. Lors des présidentielles de 1965, il organisa plusieurs réunions de soutien à François Mitterrand, faisant notamment venir Louis Le Moënic* (conseiller général SFIO de Plouay), Jean Maurice (conseiller général PCF de Lanester) où Jean-Marie Le Priol (conseiller général SFIO de Baud).

Réélu en 1971 et 1977, il était le seul adhérent du Parti socialiste (depuis 1972) dans sa municipalité. Il fut le suppléant de Michel Masson lors des élections législatives de 1973 à Pontivy. Obtenant 44.9 % au 1er tour, il regagna le siège de conseiller général de Baud en 1976, déjà occupé par le cultivateur socialiste Jean-Marie Le Priol (1964-1970), en battant Léon Pennobert (maire de Mellerand).

Parti en cours de mandat s’installer à Ploumilliau (Côtes-du-Nord) d’où sa femme était originaire, il fut remplacé en 1979 par Alphonse Kervarrec (républicain) à la mairie de Saint-Barthelémy et par Jean Le Bec (principal adjoint de collège, PS) au conseil général jusqu’en 1994.

Jacques Ollivier demeura un élu local d’opposition (PS) dans les années 1980 à Ploumilliau face au leader syndicaliste paysan André Cresseveur, conseiller général conservateur élu dès 1951. Tête de liste en 1989, il ne réussit pas à faire basculer la mairie à gauche (9/10). Ce fut chose faite en 2001 avec Denise Grandjean, renouant avec le passé socialiste de Ploumilliau sous Gestin Le Pierrès (maire SFIO entre 1945 et 1953).

Militant laïque, Jacques Ollivier fut aussi actif durant cette période au sein du SNI, pour accroître l’influence de la tendance « autonome », minoritaire face aux filières communisantes du courant « Unité et Action ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article147528, notice OLLIVIER Jacques par François Prigent, version mise en ligne le 26 juin 2013, dernière modification le 26 juin 2013.

Par François Prigent

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 955 W 23 ; 85 J ; 84 J 46. — Archives de l’OURS, dossiers Morbihan. — Archives fédérales du PS Morbihan. — Archives fédérales du PS 22 Côtes-d’Armor. — Le Rappel du Morbihan (1965-1979). — Entretiens avec Jacques Ollivier et Jean Le Bec. — François Prigent, « Les réseaux seconds en politique. Prosopographie des conseillers généraux socialistes du Morbihan au XXe siècle (1898-2004) », in Recherche Socialiste, n°42, mars 2008.

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