NUBLAT Max, Albert, Alcide

Par Jacques Girault

Né le 11 mai 1931 à Orléans (Loiret) ; instituteur dans le Loiret ; militant syndicaliste ; militant communiste ; maire de Chalette-sur-Loing (1971-1977) puis de Montargis (1977-1997), conseiller général (1973-1979), conseiller régional.

Le père de Max Nublat, indiqué « chauffeur d’automobile » sur le registre de naissances, devenu déménageur, mobilisé dans l’artillerie, prisonnier en juin 1940, fut fusillé en août 1940, selon le témoignage de Max Nublat, alors que, malade, il décéda au lazaret de Bücheburg (Allemagne) selon le Ministère des Anciens combattants. Sa mère, femme de ménage, décéda en 1933. Pupille de la Nation, rééduqué après une poliomyélite, il fut élevé chez ses grands-parents maternels, cultivateurs à Mareau-Les-Prés.

Max Nublat, élève du cours complémentaire de Châteauneuf, entra à l’Ecole normale d’instituteurs d’Orléans en 1947 et obtint le baccalauréat (section sciences expérimentales). Exempté du service militaire, il enseigna à Vésines en 1951, puis obtint sa mutation en 1952 pour Colombes (Seine) aux écoles Lazare Carnot, Reine Henriette puis Marcellin Berthelot. Son épouse devant quitter la région parisienne pour des raisons de santé, il revint dans le Loiret en 1957, comme instituteur à Chalette. Instituteur à nouveau à l’école de Vésines, puis au bourg de Chalette, enseignant le français à Chalette Bourg à la création des GOD, directeur du collège d’enseignement général en septembre 1969, il devint sous-directeur du collège d’enseignement secondaire Paul Éluard de Chalette en 1970. Il quitta son poste pour faire face aux responsabilités de maire de Montargis en 1978.

Sportif, Max Nublat fit partie des équipes de basket-ball de l’Olympique Club d’Orléans puis de l’Union sportive de Montargis.

Il se maria en décembre 1952 à Colombes avec Paulette Coste, employée à la Sécurité sociale, militante communiste, fille de Joseph Coste, facteur, militant communiste, qui participa à l’organisation des premières colonies de vacances de la municipalité communiste de Colombes dans l’Allier, et fut élu conseiller municipal en mai 1945 après son retour de déportation. Le couple eut trois filles.

Max Nublat adhéra au Syndicat national des instituteurs à sa rentrée à l’école normale en octobre 1947. Il milita aussi à la FEN-CGT. À partir de 1953, il fut le délégué de la FEN-CGT à l’Union locale CGT de Montargis. De 1963 à 1967, secrétaire de la sous-section de Montargis, il fut membre du conseil syndical de la section départementale du SNI.

Max Nublat adhéra au PCF à l’école normale en novembre 1948. Il devint secrétaire des cellules communistes de l’école en 1950-1951 puis de Chalette en 1952. Membre de l’association France-URSS en 1950, du comité de la paix à Montargis en 1952, il suivit l’école centrale du PCF réservée aux instituteurs communistes en septembre 1952.

Max Nublat devint le trésorier de L’École et la Nation, revue créée par le PCF pour les enseignants en 1953. En raison de la maladie de l’administrateur Robert Enard qu’il fallait remplacer, Nublat devint l’administrateur adjoint de la revue, puis administrateur sur décision du secrétariat du PCF, le 2 février 1956. Membre du comité de la section communiste de Colombes, il entra au comité de la fédération Seine-Ouest en 1954. Il ne fut pas renouvelé par la conférence fédérale de 1957 en raison de son départ.

Max Nublat, membre du bureau de la section communiste de Montargis, entra au comité de la fédération communiste en 1959, au bureau fédéral en 1963, responsable de l’éducation, puis de la commission enseignement, au secrétariat fédéral en 1966. Il revint au bureau fédéral en 1968, responsable des organisations de masse à partir de 1970, puis au seul comité fédéral en 1977, puis à nouveau au bureau fédéral de 1987 à 1994. Il fut réélu à nouveau au seul comité fédéral. Il suivit une école centrale d’un mois en 1972. A partir de 1974, il fut membre de la commission administrative de l’Association nationale des élus communistes et républicains.

Max Nublat fut élu conseiller municipal de Chalette, lors d’élections complémentaires pour six sièges, en septembre 1964, battant les candidats de la majorité municipale SFIO-MRP, avec 1 433 voix sur 2 687 suffrages exprimés. Seul réélu de sa liste aux élections municipales générales de mars 1965 avec 2 134 voix sur 4 220 votants, lors des élections municipales de 1971, il devint maire de Chalette à la tête d’une liste d’union de la gauche.

Au premier tour aux élections municipales de 1977 de Montargis, ville voisine, deux listes de gauche affrontaient celle du maire sortant. Au premier tour, ce dernier, sur 10 018 inscrits, n’obtenait que 2 789 voix tandis que la liste à majorité communiste conduite par Nublat réunissait 2 348 voix alors que celle du socialiste Claude Dupont arrivait en troisième position avec 1 790 voix. Pour le deuxième tour, la fusion des listes de gauche amena la victoire de la liste d’Union de la gauche conduite par Nublat avec 4 134 voix contre 3 624 à celle du maire sortant. Nublat gagnait ainsi le « pari hasardeux » de quitter Chalette, selon la presse, qui mettait en relation la « crise de l’emploi très aiguë dans l’agglomération » et la défaite du maire de droite. Nublat, maire de Montargis, élu contre toute attente, à la suite de son « pari audacieux de quitter Chalette » selon ses propres termes, fut dénoncé pour divers aspects de la gestion municipale. Il devint dès lors, comme d’autres maires communistes, la cible d’attaques concertées alors que des divisions entre socialistes et communistes augmentaient dans des municipalités d’union de la gauche à la suite des différends opposant les deux partis sur la « réactualisation du programme commun de la gauche ». En 1983, deux listes, socialistes et communistes, se présentaient au premier tour. Sur 10 348 inscrits, la liste RPR arrivait en tête (3 594 voix), la liste Nublat précédant la liste socialiste (2 333 voix contre 1 373 voix). L’union se reproduisit pour le deuxième tour mais la liste Nublat fut battue de 800 voix, obtenant sept élus dont l’ancien maire, alors que « mathématiquement elle pouvait espérer l’emporter », selon la presse. Réélue en mars 1989, la liste qu’il conduisait fut réélue par la suite en mars 1995 lors d’une triangulaire avec 45 % des suffrages. A la suite d’un recours, le scrutin fut annulé (l’Humanité du 22 décembre 1995 titrait « Un maire communiste invalidé parce que le FN a triché ! ») et la liste de gauche l’emporta dès le premier tour avec 50,4 % des voix en mars 1996 et resta en fonction jusqu’en 2001. Mais Nublat démissionna de son poste en octobre 1997 pour être remplacé comme maire par son adjoint, Jacques Reboul.

Max Nublat fut élu conseiller général du canton de Montargis en 1967 avec 5 273 voix puis 6 891 voix au deuxième tour, battant le conseiller général sortant, maire radical de Montargis. Il fut réélu au premier tour en 1973 dans le nouveau canton de Chalette. En 1979, candidat dans le canton de Montargis, il recueillit 2 111 voix. Arrivé en tête au premier tour, il fut battu au deuxième tour avec 3 008 voix. Le candidat socialiste Claude Dupont arrivé derrière lui s’était retiré purement et simplement alors que la fédération socialiste appelait à voter pour Nublat. La gestion du maire qui était fortement critiquée avait empêché qu’il réunisse toutes les voix socialistes, selon la presse. En 1985, il se représenta et arriva en deuxième position aux deux tours (1 333 voix, 2 404 voix). Il fut conseiller régional en 1986 et président du district de l’agglomération montargeoise de 1989 à 2001.

Max Nublat fut candidat aux élections législatives de 1967 dans la circonscription Montargis-Gien. Arrivé en tête de la gauche, il fut battu au deuxième tour avec 18 183 voix sur 61 677 inscrits. En 1968, à nouveau candidat, il fut battu dès le premier tour avec 14 583 voix sur 65 421 inscrits. En 1978, à nouveau candidat, il obtint successivement 15 787 voix puis 26 238 voix sur 77 225 inscrits. Candidat en 1993, il fut battu. Il figurait en 1994 en quarante-quatrième position sur la liste communiste aux élections européennes.

Max Nublat était membre du comité directeur de l’Union sportive municipale Montargis-Langlée et membre du bureau des amis de l’école de Chalette.

En 2002, Max Nublat participa à une délégation des maires de plusieurs villes en Chine. Il rencontra alors le dirigeant chinois Deng Xiao Ping qui avait travaillé à l’usine Hutchinson de Chalette soixante ans plus tôt

Son nom fut donné à une salle de la Maison des associations de Chalette-sur-Loing

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article147315, notice NUBLAT Max, Albert, Alcide par Jacques Girault, version mise en ligne le 19 juin 2013, dernière modification le 4 décembre 2014.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Présentation de Chalette-sur-Loing. Deux siècles d’images, Association « Pour l’information des Chalettois », 1976. — Girodet dessins du musée, Montargis, 1983.

SOURCES : Archives de la DAVCC (Caen). — Archives du comité national du PCF. — Divers sites Internet. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de Claude Pennetier et de Michel Kister.

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