NEYTON André, Jules, Antoine

Par Jacques Girault

Né le 26 janvier 1935 à Toulon (Var) ; instituteur puis homme de théâtre ; militant syndicaliste ; militant socialiste.

Fils d’un ouvrier à l’Arsenal maritime, d’opinions de gauche, et d’une couturière qui cessa de travailler par la suite, André Neyton entra à l’école normale d’instituteurs de Draguignan en 1951 et effectua son service militaire dans l’armée de l’air (Aix-en-Provence, puis Giens-Hyères). Marié à Toulon en janvier 1957 avec une institutrice, divorcé en 1977, il se remaria à Toulon en août 1977.

Instituteur à l’école primaire, puis au collège d’enseignement général puis secondaire de La Garde (Var), André Neyton fut candidat sur les listes se réclamant de L’école émancipée au conseil syndical de la section du Var du Syndicat national des instituteurs en 1960, 1964, 1965, 1967, 1969, 1971. Il milita à la Fédération des œuvres laïques et, de 1975 à 1985 au Parti socialiste et à la Fédération des œuvres laïques. Il adhéra aussi à la Ligue des Droits de l’Homme. Il dirigea notamment au début des années 1960 des colonies de vacances au Logis du Pin dans le cadre des Camps laïques varois.

Depuis 1965, André Neyton, militant occitaniste, s’adonnait à la poésie en publiant dans la revue La Cave et continuait à pratiquer en amateur le théâtre. Il se consacra au théâtre occitan dans les années 1970 comme comédien et metteur en scène. Il quitta l’enseignement en 1975 pour fonder une compagnie théâtrale professionnelle, le Centre dramatique occitan qui joua dans le Sud de la France la plupart des auteurs contemporains de langue d’oc, au Théâtre de Nations et dans des festivals (Nancy, Carcassonne… ). En 1984, il créait le Centre des cultures de l’espace méditerranéen qui prit le nom de Théâtre de la Méditerranée subventionné par le Ministère de la Culture et le conseil de la Région Alpes-Provence-Côte d’Azur. Il mit en scène des spectacles plus importants sur les grands moments de l’histoire provençale, Gaspard de Besse (1988-1989), Maurin des Maures (1993), La farandole de la Liberté, rétrospective sur la résistance au Coup d’État de décembre 1851 (2001) ou encore La Légende noire du Soldat O sur les fusillés pour l’exemple du XVe Corps (2004). En 1991, il ouvrait l’Espace Comedia, dans le quartier du Mourillon à Toulon, dans lequel il installait le Théâtre de la Méditerranée, réalisation qui devait lui donner une autre possibilité d’action culturelle en créant des ateliers théâtre pour les jeunes et en y jouant ses propres pièces de théâtre centrées sur la culture des pays d’oc et « toujours porteuses d’une préoccupation d’éducation citoyenne ».

André Neyton refusa notamment après l’élection en 1995 d’une municipalité « Front national » la subvention municipale qui représentait 30 % de son budget. Il dénonça la convention qui le liait à la ville et poursuivit son action avec le soutien du Ministère de la Culture, du Conseil général du Var, du Conseil régional PACA et la solidarité au niveau national d’artistes et d’intellectuels.

André Neyton publia au printemps 1999 un essai d’une cinquantaine de pages sous le titre Toulon, la culture demain ?. Se montrant partisan d’une "culture élitiste pour tous", il souhaitait que l’intervention culturelle dans tous les domaines de la vie artistique et de la vie quotidienne devienne une des priorités municipales et proposait aux Toulonnais une réflexion sur ces questions qui devrait déboucher sur des initiatives. Aussi, dans une page spéciale consacrée à Toulon, Le Monde, le 6 février 2001, le présentait-il comme un « rebelle ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article147155, notice NEYTON André, Jules, Antoine par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 juin 2013, dernière modification le 14 janvier 2019.

Par Jacques Girault

SOURCES : Site Internet. — Presse locale et syndicale. — Sources orales. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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