GABERT Charles

Par Amar Benamrouche

Fonctionnaire ; syndicaliste CFTC de l’Education surveillée d’Algérie.

Charles Gabert (parfois prénommé Maurice), de l’Education surveillée, était, en mars 1955, secrétaire général de l’Union algérienne des syndicats de fonctionnaires CFTC ainsi que membre du comité directeur de l’Union départementale CFTC de l’Algérois.

Face à la direction et à la majorité de la CFTC en France, il défendit des positions « Algérie française » qui furent majoritaires dans le syndicalisme chrétien en Algérie et hostiles à la minorité derrière Alexandre Chaulet*.

Au comité national de la CFTC qui se tint à Paris le 21 octobre 1956, aux partisans de la négociation pour la paix en Algérie, il opposa une résolution refusant tout contact avec ceux qui se battent contre la France ; sans user du mot de terrorisme, son texte affirma qu’il ne peut y avoir de contacts « qu’avec les éléments respectueux de la personne humaine ». Sa motion est rejetée par 70 % des mandats.

Dans la crise de la IVe République, quand l’aviation française bombarda le 8 février 1958, le village de Sakiet-Sidi-Youssef en Tunisie au nom du prétendu droit de suite, Charles Gabert va jusqu’à des propos « ultras » en réunion de bureau de l’Union régionale d’Algérie ; il estima que Sakhiet ne suffit pas ; « il faudrait beaucoup d’autres Sakiet » ; il prétendait parler au nom de 95 % des Algériens.

Après les journées du 13 mai 1958 et le coup d’État qui ramena au pouvoir le général De Gaulle, au conseil confédéral du 15 juin 1958, la majorité des membres déclara « se dresser si besoin est, pour barrer la route au fascisme ». Charles Gabert demanda au conseil de comprendre les « Français d’Algérie » qui veulent rester Français ; il justifia sa participation au Comité de salut public.
La majorité du conseil de la CFTC condamna cette appartenance, contraire aux statuts, à des organismes qui n’ont pas de légalité. Charles Gabert continuera à manifester l’opposition de la CFTC d’Algérie à l’orientation vers la négociation de la direction de la Confédération. Cette majorité fut encore fort modérée derrière Maurice Bouladoux avant que ne l’emporta en 1961 la minorité favorable à l’indépendance de l’Algérie et qui conduira par la suite la déconfessionnalisation de la CFTC en CFDT.

En juin 1960, Charles Gabert fut encore très actif à la tête de l’Union des fonctionnaires.

Au plan interprofessionnel, il était aussi, en mai 1955, secrétaire adjoint de l’Union régionale CFTC d’Algérie. En janvier 1959, il assuma toujours cette fonction.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article146769, notice GABERT Charles par Amar Benamrouche, version mise en ligne le 24 novembre 2013, dernière modification le 24 novembre 2013.

Par Amar Benamrouche

SOURCES : Arch. Nat. France Outre-mer, Aix-en-Provence, ALG 91 3 F/66, 91 3 F/106, 91 3 F/108, Alger 1 /1238 (Notes de Louis Botella). — L’Afrique du Nord syndicale, puis Syndicalisme CFTC en Algérie, organe de la CFTC, mai 1955 (BNF, FOL-JO-1013) (Notes de Louis Botella). — M. Branciard, Un syndicat face à la guerre d’Algérie. La CFTC qui deviendra CFDT, Syros, Paris, 1984.

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