PÉLISSET Émilien, Claude, René

Par Alain Dalançon

Né le 10 février 1929 à Nuits-Saint-Georges (Côte d’Or) ; professeur agrégé de géographie ; militant syndicaliste du SNET, secrétaire national (1962-1966) ; président de l’EPI (informatique pédagogique française).

Photo d’identité de 2008.
Photo d’identité de 2008.

Émilien Pélisset était fils d’un agent d’assurances et d’une modiste ; ses grands-parents paternels étaient jardinier et couturière et ses grands-parents maternels, gendarme et femme de chambre. Comme sa sœur et son frère, il fut baptisé et fit sa première communion.

Après l’école communale, il fréquenta le cours complémentaire de Nuits-Saint-Georges à partir de 1940. A la Libération, il réussit le concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs de Dijon (Côte d’Or) où il fut élève maître de 1945 à 1948. Puis de 1948 à 1950 il fut élève en khâgne au lycée Carnot de Dijon, où il prépara le concours d’entrée à l’École normale supérieure de Saint-Cloud, auquel il échoua de très peu, en étant le premier non-admis. Il poursuivit alors ses études supérieures à la Faculté des Lettres de Dijon comme boursier, de 1950 à 1952, et obtint une licence de géographie puis un diplôme d’études supérieures dont le mémoire principal était consacré au commerce des vins à Nuits-Saint-Georges.
Il épousa alors le 4 août 1952 dans sa ville natale, Monique Pélisset, infirmière, avec laquelle il eut quatre garçons.

En 1953-1954, Émilien Pélisset effectua son service militaire comme lieutenant à Versailles au service d’interprétation des photos aériennes mais il ne fut pas rappelé en Algérie car il était déjà père de deux enfants. En 1955, il réussit le concours d’entrée à l’École normale supérieure de l’enseignement technique où il fut élève dans la section G jusqu’en 1957. Il réussit alors au certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique puis l’année suivante fut reçu à l’agrégation de géographie.

De 1957 à 1960, il enseigna d’abord comme professeur certifié puis professeur agrégé à l’École nationale professionnelle de Vierzon (Cher), chargé de la classe préparatoire aux Arts et Métiers. Adhérent du Syndicat national de l’enseignement technique depuis l’ENSET, Pélisset milita alors activement au syndicat en étant secrétaire de la section locale et membre de la commission administrative régionale. Il militait aussi politiquement au Mouvement de la Paix, contre la guerre d’Algérie, fut candidat en 1959 aux élections municipales sur la liste victorieuse d’ « Union des forces démocratiques », dirigée par le chirurgien communiste Léo Mérigot. Il adhéra au PSU à sa création, fut le secrétaire de la fédération du Cher de sa constitution, le 8 avril 1960, à son départ du Cher à la fin de 1960. Il demeura membre du PSU pendant quelques années puis resta sans adhésion politique par la suite.

En 1960, il fut muté au lycée technique de Cachan lié à l’ENSET et entra en 1961 comme suppléant à la CA nationale du SNET sur la liste majoritaire « autonome » conduite par Louis Astre, nouveau secrétaire général.

De 1962 à 1966, Pélisset joua un rôle important dans la direction nationale du SNET en étant membre du bureau national et secrétaire permanent, chargé des professeurs d’enseignement général tandis que Pierre Sauvreneau* était secrétaire des professeurs d’enseignement technique. Il était un chaud partisan de l’unification des statuts des professeurs de l’enseignement technique et des enseignements classique et moderne et milita pour la fusion du Syndicat national de l’enseignement secondaire et du SNET. Il fut donc membre de la délégation permanente SNET-SNES mise en place en 1963, et membre de la commission de structures et de la commission pédagogique SNES-SNET. En même temps, il fut membre suppléant de la commission administrative de la FEN à partir de 1962.

Après le congrès de fusion des deux syndicats en 1966, Pélisset resta membre de la CA et du bureau national du nouveau Syndicat national des enseignements de second degré mais ne fit plus partie du secrétariat dirigée par Louis Astre (pour l’ancien SNET) et André Mondot (pour l’ancien SNES). Muté au lycée d’enseignement général Gabriel Fauré à Paris (XIIIe arr.), il reprit un service complet. Aux premières élections à la CA nationale au collège unique de mai 1967 qui virent le changement de majorité en faveur de la liste « Unité et Action », Pélisset fut réélu membre titulaire sur la liste autonome mais ne fut plus que suppléant au bureau national. Au fur et à mesure que l’ancienne majorité s’effritait, il recula dans l’ordre des choix de sa tendance pour occuper des sièges d’élus. En 1969, il fut réélu membre de la CA sur la liste « Pour l’Indépendance et la Démocratie interne du SNES et du mouvement syndical des travailleurs » mais pas au bureau national et échoua à devenir secrétaire de catégorie des agrégés. En 1971, il ne fut plus élu que suppléant à la CA ; en 1973, il ne fut pas réélu ; en 1975, il figura sur la liste UID conduite désormais par Jacques Estienne, seulement dans les dernières positions, même chose en 1977.

Pélisset avait réorienté son activité professionnelle et militante dans le développement de l’informatique pédagogique. Il fit doter son lycée d’un des tout premiers équipements informatiques après une formation d’une année chez IBM et fut le principal créateur en 1970 de l’association « Enseignement Public et Informatique » dont il assura la présidence jusqu’en 1987 et dont fut ensuite président d’honneur. L’EPI se fit le promoteur de l’utilisation de l’informatique comme outil pédagogique auprès du ministère de l’Éducation nationale, notamment au début des années 1980 quand Alain Savary* était ministre. Pour Pélisset, la révolution de l’informatique ouvrait d’immenses horizons aux apprentissages et aux savoirs, au décloisonnement des ordres et des disciplines, à la formation d’une nouvelle culture générale, pourvu que les personnels soient sérieusement formés, disposent de matériels adaptés, suffisamment souples et puissants. Mais l’« informatique pédagogique française », lancée par l’EPI, ne signifiait pas pour lui croyance dans la seule vertu des machines et des logiciels. Cette informatique rejetait l’enseignement programmé, l’ordinateur comme machine à enseigner ; inséparable d’une haute valeur des contenus et des formations, elle repoussait tout dogmatisme et nécessitait poursuite de la recherche et expérimentation.

Emilien Pélisset retraça les jalons d’une « histoire de l’informatique dans l’enseignement français » dans un cahier de la FEN publié en 1985 et termina sa carrière en 1989 comme professeur agrégé hors-classe. Il avait enseigné quelque temps dans les années 1970 en classes préparatoires littéraires au lycée Pasteur de Neuilly.

Il se retira dans sa ville natale. Son épouse y décéda le 28 juin 2013.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article146516, notice PÉLISSET Émilien, Claude, René par Alain Dalançon, version mise en ligne le 16 mai 2013, dernière modification le 8 avril 2018.

Par Alain Dalançon

Photo d’identité de 2008.
Photo d’identité de 2008.

SOURCES : Arch. Nat., 581AP/128/43. — Arch. IRHSES (SNET, Fonds Astre, Le Travailleur de l’enseignement technique ; SNES, L’Université syndicaliste.— Renseignements fournis par l’intéressé. — Nombreux articles de la revue de l’EP. — Système éducatif et révolution informatique, Collection Recherches, Les cahiers de la FEN, 1985, 192 pages. — Notes de Jacques Girault et de Julien Veyret.

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