MONDOT André [né MONDOT Pierre, André, Marcellin]

Par Alain Dalançon

Né le 28 février 1913 à Artix (Basses-Pyrénées/Pyrénées-Atlantiques), mort le 23 janvier 1985 à Gradignan (Gironde) ; professeur d’allemand ; militant syndicaliste, secrétaire de la section départementale de la Gironde de la FEN, secrétaire de la section académique de Bordeaux du SNES, co-secrétaire général du nouveau SNES en 1966-1967.

Fils d’un épicier à Bordes (Basses-Pyrénées), originaire d’Arbéost (Hautes-Pyrénées), et d’une mère sans profession, André Mondot reçut, comme sa sœur, une éducation catholique et fut enfant de chœur. Après l’école communale, pupille de la Nation en raison des blessures de son père au front durant la Première Guerre mondiale, il effectua ses études secondaires au lycée de Pau (Basses-Pyrénées/Pyrénées-Atlantiques) où il obtint le baccalauréat (série « philosophie »).

Il effectua deux années d’études en khâgne au lycée Montaigne de Bordeaux (Gironde) tout en étant inscrit à la Faculté des Lettres, où il prépara une licence d’allemand qu’il obtint en 1934.

Après avoir fait son service militaire à Tarbes en 1934-1935 (probablement au 2e Régiment de hussards), il devint assistant au lycée de Breslau (Allemagne) – aujourd’hui Wroclaw Pologne – en 1935-1936. Il fut nommé à son retour en France sur un poste d’instituteur délégué à l’école primaire supérieure d’Avallon (Yonne), enseignant les lettres et l’allemand et y devint professeur en 1938. A cette époque, il était adhérent du Syndicat national des EPS et militait au parti « frontiste » de Gaston Bergery.

André Mondot épousa, le 19 août 1939 à Bordes, Germaine, Marie, Louise Leduc, institutrice puis directrice d’école, décédée le 26 juin 2008, et eut avec elle deux enfants : un garçon et une fille.

Il fut mobilisé en 1939-1940 et reprit son poste à l’EPS d’Avallon qui devint collège moderne en 1942. En 1945, il obtint sa mutation au collège moderne de Bordeaux, devenu par la suite lycée. Il le quitta en 1969 pour le lycée Victor Louis de Talence où il prit sa retraite en 1973.

André Mondot commença à militer activement après la guerre au Syndicat national des collèges modernes puis au Syndicat national de l’enseignement secondaire (classique, moderne) après la fusion des deux syndicats en 1949.

Devenu professeur certifié d’allemand, il fut élu suppléant à la commission administrative nationale sur la liste « autonome » en 1949, tout en étant secrétaire de la section (S1) de son collège et de la section départementale (S2) de la Gironde. Devenu membre titulaire de la CA nationale en 1950, il défendit la représentation des certifiés à la CA et au bureau national en 1952 dans L’Université syndicaliste, et y écrivit un article sur la réforme de l’enseignement en 1953 ; il estimait que les différends entre le Syndicat national des instituteurs et le SNES devaient être réglés par la Fédération de l’Education nationale.

Il était aussi secrétaire de la section départementale de la Gironde de la FEN en 1950, succédant à Jean Mounolou* dont il resta un ami proche, et était suppléant à la CA fédérale à partir de 1953. Sa connaissance des problèmes allemands lui permit d’écrire un article dans L’Enseignement public de janvier 1952 sur le réarmement et l’opinion allemande : il souhaitait travailler à la réconciliation entre les deux peuples allemand et français, tout en s’inquiétant du progrès des idées de remilitarisation en Allemagne. Il participa à des rencontres franco-allemandes d’enseignants dès 1951 à Königswinter sur le Rhin. Il était probablement membre de l’Association internationale « Maison du Sonnenberg », dont le lieu de rencontre se situait justement au Sonnenberg dans le Harz en Basse-Saxe. Il participa à des séminaires avant 1955 et, lors de la rencontre franco-allemande d’enseignants au Sonnenberg du 29 août au 7 septembre 1955, il assura la traduction des débats. Il suivait particulièrement les questions des relations internationales au SNES auprès d’Émile Hombourger.

Tout étant proche de la SFIO, il n’en était pas adhérent ; il portait beaucoup de considération à Pierre Mendes France mais il n’adhéra jamais ni au Parti socialiste autonome ni au Parti socialiste unifié.

En 1955, en raison de la maladie de Roger Fédensieu, André Mondot lui succéda comme secrétaire de la section académique (S3) de Bordeaux du SNES. Il se signala comme défenseur de l’enseignement secondaire et notamment de la monovalence des professeurs, conforme à celle des licences universitaires d’enseignement. Il fut aussi un vigoureux défenseur de la laïcité, refusant aux réunions du Conseil académique toute forme de subvention aux établissements privés après le vote de la loi Debré. Partisan déterminé du syndicalisme « autonome », il combattait le courant « B » puis « Unité et Action » qu’il considérait comme trop proche du Parti communiste français.

Au moment de la constitution de la première direction du nouveau SNES (classique-moderne, technique), à la suite de l’élimination interne de Robert Chéramy*, il fut élu à une courte majorité co-secrétaire général en 1966-1967 pour l’ancien SNES, avec Louis Astre pour l’ancien Syndicat national de l’enseignement technique. Lors de l’élection du nouveau secrétaire général de la FEN, consécutive à la démission de Georges Lauré à la rentrée 1966, les deux nouveaux secrétaires généraux s’abstinrent sur la candidature de James Marangé, afin de protester contre l’hégémonie du SNI dans la fédération. La direction « autonome » du SNES perdit pourtant les premières élections au collège unique de mai 1967 au bénéfice de la liste « Unité et Action » conduite par André Drubay. Mondot, toujours élu membre du BN, refusa avec Astre la cogestion du syndicat proposée par les nouveaux majoritaires. En mai-juin 1968, il fut solidaire des différentes prises de position des membres autonomes du BN : refus de vote sur la proposition de la direction fédérale de mettre fin à la grève lors de la CA de la FEN du 6 juin puis démission collective du BN du SNES le 9 juin. Aux élections de 1969, il ne figura pas sur la liste « Indépendance et démocratie ».

Dans le S3 de Bordeaux, Mondot et ses camarades « autonomes » réussirent cependant en 1967 à conserver une courte majorité face à la liste « U-A » conduite par Renée Augé-Orcié dont « l’affaire » avait fait grand bruit dans l’académie et dans le syndicat ; celle-ci avait accusé le S3 de n’avoir pas pris suffisamment sa défense. Claude-Jean Hourcau, qui avait succédé à Mondot comme secrétaire du S3, à la suite de son élection comme secrétaire général, continua à diriger la section académique mais avec un militant « U-A », Maurice Rabau, comme secrétaire général adjoint pour l’ancien SNET.

Aux élections académiques de 1969, la liste « ID » perdit la majorité au bénéfice de la liste « U-A », refusa de poursuivre la cogestion, si bien que Renée Augé-Orcié devint secrétaire générale du S3. Seul dans l’académie, le S2 de la Gironde dirigé à nouveau par Mondot puis Jean-Pierre Bonnac, conserva encore une majorité « Unité, indépendance et démocratie » pendant plusieurs années, y compris après le départ en retraite de Mondot. Celui-ci devint peu de temps après secrétaire du S1 des retraités de Gironde.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article146362, notice MONDOT André [né MONDOT Pierre, André, Marcellin] par Alain Dalançon, version mise en ligne le 10 mai 2013, dernière modification le 24 octobre 2018.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. Nat., F17/ 17794. — Arch. IRHSES. — Renseignements fournis par son fils. — Notes de Jacques Girault.

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