MONTEUX Daniel, André, Joseph, Albert

Par Jacques Girault

Né le 18 novembre 1933 à Paris (XXe arr.) ; professeur, géographe ; militant syndicaliste, secrétaire général du SNESup ; militant communiste, membre du comité central.

Daniel Monteux à la tribune d’une conférence générale de l’UNESCO en 1974.
Daniel Monteux à la tribune d’une conférence générale de l’UNESCO en 1974.

Son père, marchand-forain selon l’état civil, devenu papetier-libraire dans la Somme, résistant, arrêté en décembre 1943, torturé, s’évada de la prison d’Amiens (opération Jéricho, février 1944). Homme de gauche, il adhéra par intermittence au Parti communiste français dans les années 1960.

Après ses études primaires à l’école publique de Fort Mahon (Somme), boursier au lycée d’Amiens, Daniel Monteux obtint en 1952 le baccalauréat (série Mathématiques). Élève de classe préparatoire littéraire au lycée Faidherbe à Lille, il entra à l’École normale supérieure de Saint-Cloud en 1954 (lettres). Licencié en géographie (Lille et Paris), il fut reçu à l’agrégation de géographie en 1958.

Daniel Monteux, nommé professeur au lycée du Mans (Sarthe) en 1958-1959, partit au service militaire comme « soldat-professeur » au prytanée de La Flèche (Sarthe) de juillet 1959 à juin 1961. Nommé professeur au lycée de Montgeron (Seine-et-Oise) en 1961, il devint assistant au département de géographie de la Sorbonne en 1963, puis maître-assistant en 1967, avec un enseignement à l’IEDES de 1965 à 1970. Lors de la création des universités parisiennes, il choisit l’Université de Paris IV et non les universités de Paris I ou VII comme les autres géographes de gauche, pour y assurer une présence du Syndicat national de l’enseignement supérieur. Maître de conférences en 1971, il fit partie des jurys des concours d’entrée à l’École normale supérieure de l’enseignement technique puis de l’École normale nationale d’apprentissage d’Antony. Codirecteur de mémoires à l’Unité pédagogique d’architecture VIII, intervenant dans des unités de formation permanente de divers services publics, il fut l’auteur d’une trentaine de publications de géographie.

Syndicalement, Daniel Monteux milita à l’Union nationale des étudiants de France à Lille (« corpo » des classes préparatoires aux grandes écoles) puis appartint au Syndicat national de l’enseignement secondaire à l’ENS. Il fut membre de la sous-commission des ENS dans le cadre de la Fédération de l’Éducation nationale. Militant du SNES par la suite, il adhéra à la section du SNESup de la Sorbonne en 1964. Il devint membre de la commission administrative du SNESup et prit une part active dans le débat sur la vocation du syndicalisme universitaire qui s’exacerba en mai-juin 1968. Après le congrès de début juillet 1968, il fut, avec notamment Guy Bois et Guy Odent*, un des créateurs du courant « Action syndicale », proche d’« Unité et Action » pour « redonner toute leur place aux revendications professionnelles, sans pour autant les isoler des objectifs de démocratisation universitaire et de transformation sociale ». En mars 1969, au congrès extraordinaire de Paris (nouvelle faculté de Médecine), la liste « Action syndicale » l’emporta de peu. Trésorier national, il devint le secrétaire général de 1970 à 1972, puis resta membre de la direction nationale (bureau ou secrétariat). Il siégea dans des organismes représentatifs de l’enseignement supérieur, notamment le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche. Mandaté par le SNESup, il fut, à partir de 1972, représentant permanent de la Fédération internationale syndicale de l’enseignement à l’UNESCO et à l’OIT. Il fut un des promoteurs de l’adoption par l’UNESCO en 1998 de la « Recommandation internationale sur la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur », puis fut membre de son comité international de suivi.

Daniel Monteux, « athée, rationaliste », adhéra au PCF en 1953 à Lille. Il fut secrétaire de la cellule communiste de Saint-Cloud. Membre du bureau de la section communiste du Mans-centre, il devint membre du comité fédéral en 1959 et fut réélu par la conférence fédérale de 1961. Il participa à la rédaction d’une histoire du Parti communiste français dans la Sarthe, publiée sous la direction du secrétaire fédéral Robert Jarry. A Paris, en 1964, il prit part à la création de la section communiste Sorbonne et en devint le secrétaire jusqu’en 1967. Il entra au comité de la fédération communiste de Paris en 1965. Il en resta membre pendant une dizaine d’années et publia, avec Henri Fiszbin, Paris, déclin ou renaissance Les communistes et l’avenir de la capitale (1976, Éditions sociales). Membre de la section économique du PCF, il donna à la revue Économie et politique des articles sur l’aménagement du territoire. Membre de la commission nationale de l’enseignement, il participa aux discussions pour la rédaction des projets de réforme démocratique de l’enseignement. Élu au comité central du PCF en 1979, lors de la réorganisation du secteur en septembre 1979, il devint, jusqu’en 1985, le responsable des questions de l’enseignement supérieur du PCF. Dans les années 1990, commença une « prise de recul » sans quitter le PCF. Après avoir évoqué son activité sous la responsabilité de militants communistes contestataires de la ligne majoritaire, il s’expliquait dans son témoignage : « J’ai appuyé de l’intérieur les tentatives de transformation-démocratisation, tout en considérant qu’il fallait essayer d’y entraîner tout le potentiel militant du PCF plutôt que de fracturer ce potentiel. A tort ou à raison ? La création du Front de Gauche a correspondu à mon attente : un rassemblement anticapitaliste porteur de propositions et appelé à s’élargir au-delà d’un simple cartel de partis ». Investi dans les luttes des communistes de Bagneux « désireux de transformer en profondeur l’activité des communistes », membre du collectif de la section communiste, il militait en 2012 dans le groupe local d’ATTAC, dans une amicale de locataires et dans le collectif de soutien aux sans-papiers.

Daniel Monteux participa à la création d’ATTAC en 1998. Membre du bureau national d’ATTAC jusqu’en 2006, co-animateur de la commission « Territoires et mondialisation » et de la rédaction du bulletin Communes d’ATTAC, membre du comité international de pilotage international de la « Convention des collectivités locales pour les services publics Liège 2005/Genève 2006 ». Il participait à « Convergences pour les services publics » (ex comités Guéret).

Daniel Monteux écrivit un numéro de Données, périodique du PCF, sur la géographie sociale de la région parisienne. Il écrivit L’Université, de la crise au changement (1978) aux Éditions sociales, avec Michel Duffour et Yves Schwartz et participa à des travaux consacrés à l’enseignement supérieur et à la recherche.

Daniel Monteux se maria en septembre 1956 à Portes-les-Valence (Drôme) avec Josiane, Brunel, alors élève de l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses (1954, lettres), future professeur agrégée d’Histoire-géographie au lycée Marie Curie à Sceaux (Hauts-de-Seine) où elle était militante du SNES et du PCF dans les années 1960. Le couple eut trois enfants. Elle participait activement, comme son mari, à la vie associative et militante locale.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article146342, notice MONTEUX Daniel, André, Joseph, Albert par Jacques Girault, version mise en ligne le 9 mai 2013, dernière modification le 9 janvier 2018.

Par Jacques Girault

Daniel Monteux à la tribune d’une conférence générale de l’UNESCO en 1974.
Daniel Monteux à la tribune d’une conférence générale de l’UNESCO en 1974.
Daniel Monteux, secrétaire général du SNESup au congrès du SNES en 1971.
Daniel Monteux, secrétaire général du SNESup au congrès du SNES en 1971.
(archives IRHSES)

SOURCES : Renseignements fournis par l’intéressé. — Archives du comité national du PCF. — Presse.

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