LAPRADE René, Raymond, Félix

Par Daniel Grason

Né le 31 janvier 1909 à Paris (IXe arr.), fusillé le 29 décembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; maçon ; communiste ; militant syndicaliste CGT ; résistant.

Fils de Félix, maçon, et de Fanie, née Meynel, René Laprade effectua son service militaire en 1929. Célibataire, il demeurait 4 square du Vermandois à Paris (XIXe arr.). Il adhéra au Parti communiste en 1935 et fut organisé sur une cellule locale, sans avoir de responsabilité. Maçon, il était l’un des dirigeants du syndicat CGT du bâtiment.
Mobilisé en septembre 1939, démobilisé le 25 août 1940, il reprit contact avec le Parti communiste clandestin et eut la charge d’imprimer des tracts et des brochures. Il loua un local 9 rue Thouin (Ve arr.), devint un militant appointé, gérait plusieurs dizaines de milliers de francs, sommes destinées à couvrir les frais d’impression. Il était en relation avec de très nombreux militants dont Paul Pimort. L’organisation clandestine distribuait des tracts dans une soixantaine d’usines.
Des inspecteurs de la BS1 interpellèrent André Laprade le 29 mars 1942 dans le cadre de l’affaire Sillis. Il était porteur d’une fausse carte d’identité, de notes sur le recrutement de militants communistes pour diffuser la propagande clandestine, de mention de rendez-vous et, de plus, dix-neuf mille francs furent saisis. Le matériel stocké dans le local de la rue Thouin et au 177 rue Saint-Jacques (Ve arr.) fut saisi.
Incarcéré à Fresnes, il comparut le 24 mars 1943 devant la Section spéciale de la cour d’appel de Paris qui le condamna à quatre ans de prison et mille deux cents francs d’amende. Les autorités allemandes demandèrent qu’André Laprade leur soit livré. Il comparut le 20 décembre 1943 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « activité en faveur de l’ennemi », il fut passé par les armes le 29 décembre au Mont-Valérien.
Son inhumation eut lieu dans le carré des corps restitués au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Le nom d’André Laprade figure sur la plaque commémorative à l’intérieur de la Bourse du Travail rue du Château d’Eau : « À la Mémoire des dirigeants de Syndicats tombés dans les combats contre le nazisme pour la libération de la France », avec cette épitaphe de Paul Eluard, « Lorsqu’on ne tuera plus, ils seront bien vengés et ce sera justice ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article146308, notice LAPRADE René, Raymond, Félix par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 mai 2013, dernière modification le 4 mars 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 2056, BA 2117, Carton 13, activités communistes pendant l’Occupation, 77W 0261, 77W 0397. – DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (IXe arr.).

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