GOUVERNEUR René, Achille

Par Didier Bigorgne

Né le 9 octobre 1906 à Vivier-au-Court (Ardennes), mort le 28 mars 1962 à Vivier-au-Court ; ouvrier mouleur ; prisonnier de guerre 1939-1945 ; syndicaliste et militant communiste ; maire de Vivier-au-Court (1947-1958).

René Gouverneur était le fils d’immigrés belges installés à Vivier-au-Court : son père François Ghislain Joseph était ouvrier ferronnier, sa mère Céline Jeanne Bergh, femme au foyer. Il était l’aîné de trois enfants. René Gouverneur exerçait le métier de mouleur quand il épousa Arlette Marie Nihoul, sans profession, le 28 février 1929 à Vivier-au-Court.

En 1921, René Gouverneur adhéra aux Jeunesses communistes. Il rejoignit ensuite le Parti communiste. Il militait à la cellule communiste de Vivier-au-Court qui regroupait une vingtaine d’adhérents en 1932. Aux élections municipales des 5 et 12 mai 1935, René Gouverneur fut élu sur la liste de son parti qui remporta la majorité des sièges. Il remplit son mandat de conseiller municipal de Vivier-au-Court jusqu’à sa destitution le 17 février 1940, avec les huit autres élus communistes,, par le gouvernement français.

Mobilisé en 1939 ; René Gouverneur combattit les Allemands avant d’être fait prisonnier. Après cinq années de captivité en Allemagne, il rentra à Vivier-au-Court en 1945. Là, il apprit que son jeune frère était mort le 29 janvier 1945 au camp de Königsberg (Prusse orientale). Aux élections municipales du 29 avril 1945, René Gouverneur fut réélu conseiller municipal de Vivier-au-Court sur la liste antifasciste conduite par le maire sortant communiste Lucien Singlit qui remporta la totalité des sièges. Au scrutin du 19 octobre 1947, il emmena à son tour la liste du Parti communiste à la victoire et devint maire de Vivier-au-Court. Avec un nouveau succès électoral le 26 avril 1953, il fut reconduit à son poste de maire.

Pendant son premier mandat, plus précisément en 1952, René Gouverneur fut suspendu de sa fonction de maire., par décision du ministre de l’Intérieur, pour une durée de trois mois, après avoir désigné et maintenu à son poste de secrétaire de mairie, Marcel Noiret, envers et contre l’avis de la préfecture des Ardennes. Celui-ci, qui avait pris son emploi en mai 1951, venait d’être condamné à six mois de prison le 20 septembre 1950 pour injures à l’armée française pour avoir dénoncé dans le journal Liberté les atrocités perpétrés par le 2e Bureau en Indochine.

Parallèllement à son militantisme politique, René Gouverneur s’engagea dans le mouvement syndical. Membre du syndicat CGTU des Métaux de Vivier-au-Court dans l’entre-deux-guerres, il occupa le poste de trésorier du syndicat CGT des Métaux de la localité à partir de 1946.

Affaibli par ces cinq années de captivité, René Gouverneur tomba gravement malade. Il dut renoncer à son mandat de maire en démissionnant le 15 octobre 1958. À sa mort, la population vivaroise rendit à l’élu, aussi au militant qui fut membre du comité de défense de L’Humanité pendant trente-cinq ans. Aujourd’hui ; une rue de Vivier-au-Court porte le nom de René Gouverneur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article146268, notice GOUVERNEUR René, Achille par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 30 avril 2013, dernière modification le 30 avril 2013.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : Arch. Nat. F7. 13130. — Arch. Dép. Ardennes, 3 M 8 et 9. — Liberté, 1946-1947 ; 12 avril 1952. — L’Ardennais, 29 mars 1962. — Renseignements communiqués par la mairie de Vivier-au-Court.