Né le 18 janvier 1921 au Bonhomme (Haut-Rhin) ; communiste libertaire puis individualiste, un temps secrétaire général de la Fédération anarchiste.

Fils de Marie-Louise Seidelinger, Jean Senninger fut engagé volontaire dans l’armée en 1939. Pendant la guerre, il combattit au Liban, en Syrie, en Palestine, en Égypte et en Libye.
C’est en 1944, à Londres, qu’il commença à fréquenter l’équipe du mensuel anarchiste Freedom, ainsi que la rédaction de War Commentary. Il y rencontra les deux filles de Camillo Berneri, Marie-Louise et surtout Giliane, dont il devint l’époux en mars 1950. En parallèle, il appartenait au Groupe surréaliste de Londres, où il fréquentait l’anarchiste Herbert Read.
À la Libération, Serge Ninn rejoignit le groupe Paris Ve-VIe de la Fédération anarchiste, où il apparut dès le départ comme un militant très actif. Lors du congrès de Lyon (11-14 novembre 1948), il fut élu secrétaire général de la Fédération anarchiste, poste auquel il fut remplacé par Georges Fontenis au congrès de Paris (mai 1950). Au congrès de Lille (mai 1951), il fut élu secrétaire à la propagande et il le resta jusqu’au congrès de Paris (mai 1953). En parallèle, il appartenait à la commission d’autodéfense de la FA.
Sur le plan artistique, Serge Ninn publia dans le n°1 de la revue Plus loin (mars 1946) un article sur les rapports entre l’anarchisme et le surréalisme. Ayant des liens avec le Groupe surréaliste de Paris, il fut un des acteurs de son rapprochement avec la FA en 1951. Mais il dut également modérer les prétentions du surréaliste Jean Schuster qui, dans son article « Le sens d’une rencontre » (Le Libertaire du 7 août 1952), faisait du surréalisme une sorte d’avant-garde éclairée de l’anarchisme. Il mit les choses au point en cosignant, avec Roland Breton et Paul Zorkine*, l’article « Le vrai sens d’une rencontre » dans Le Libertaire du 18 septembre 1952. Serge Ninn appartint, en parallèle, au Collège de Pataphysique dès 1948. Il en était toujours membre en 2010.
En janvier 1950, Serge Ninn fut un des fondateurs de l’Organisation Pensée Bataille (OPB, voir Georges Fontenis*). Suite à des divergences de vue avec la majorité de l’OPB, il en fut exclu le 26 mars 1953. Toujours membre du groupe FA de Paris Ve-VIe (devenu groupe Kronstadt), Serge Ninn devint alors un « opposant » à la ligne de la FA, puis, toujours opposant lorsqu’elle fut rebaptisée, de la Fédération communiste libertaire (FCL). Le groupe Kronstadt et Serge Ninn furent exclus par l’union régionale parisienne de la FCL en mars 1955. Suite à cette exclusion, de même que Giliane Berneri, il abandonna assez vite le militantisme.
Avec Giliane Berneri, il eut une fille, Hélène (1950) et un fils, Franck (1955).
Après plusieurs années de retrait de la politique, Serge Ninn y revint par le biais individualiste. Dans les années 1990, alors septuagénaire, il collabora ainsi à L’Homme libre de Marcel Renoulet* ainsi qu’à L’Anarchie de Raymond Beaulaton, deux publications de type conspirationniste. En 2010, il restait en relations avec Marcel Renoulet.

SOURCES : Témoignage de Jean Senninger. — Georges Fontenis, Changer le monde, histoire du mouvement communiste libertaire 1945-1997, Éd. Alternative libertaire, 2008. — L’Homme libre. – L’Anarchie.. — État civil.

Guillaume Davranche

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