MABILLY Philippe

Par Roger Vignaud

Né le 1er mai 1841 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 28 juillet 1911 à Marseille ; participation à la Commune de Marseille.

Fils d’un petit fabricant de chaises, Mabilly n’était allé à l’école que jusqu’à l’âge de douze ans. Il exerça plusieurs métiers manuels avant de devenir rédacteur au journal Le Peuple dirigé par Gustave Naquet. À la fin de l’Empire, il fut l’un des militants républicains les plus actifs. Il fréquenta assidûment le Café de Paris situé rue de la Darse, l’actuelle rue Francis Davso, où se réunit la faction la plus socialisante de la démocratie marseillaise. Lors des Elections législatives de 1869, il soutint la candidature de Léon Gambetta.

Il était également membre de l’Association Internationale des Travailleurs. Son nom figure parmi les seize signataires de l’Appel aux travailleurs allemands lancé par la section marseillaise de l’Internationale après l’effondrement de l’Empire et la proclamation de la République publié par Le Peuple en septembre 1870. Mabilly est cité dans le rapport établi par de Sugny à la demande de l’Assemblée nationale en 1872 à la page 265 comme faisant partie du Comité révolutionnaire auprès de la Ligue du Midi. Il était également membre de la Commune révolutionnaire proclamée le 1er novembre 1870 à Marseille. Le 5 novembre, il fut candidat à l’élection des conseillers municipaux qui eut lieu le 14 novembre. Lors des événements de la Commune, il se trouvait à Paris mais soutint l’insurrection marseillaise. Son rôle dans ces événements n’a pas été déterminé.

Il ne fut pas poursuivi pour son action au sein de la Commune mais pour avoir été affilié à l’Internationale. Malgré l’acharnement des autorités policières, il bénéficia d’une ordonnance de non-lieu rendue le 3 février 1872. Mais compte tenu de la situation politique, Mabilly préféra partir pour la Suisse à Genève. Lorsqu’il rentra en France, il collabora au journal Le Républicain de Vaucluse. Grâce à son ami Étienne, il partit pour Alger où il devint administrateur du journal le Petit Colon et rédacteur au Paris. Mabilly rentra ensuite à Marseille, sa ville natale lui manquait. Il occupa les fonctions de secrétaire-rédacteur du Conseil municipal et devint chef du service des Archives de l’Hôtel de ville. En dehors de sa passion politique et de ses fonctions d’archivistes, Mabilly cultivait à merveille la langue provençale des Troubaires. Il publia d’ailleurs sous le pseudonyme de Jaque Lou soci, de nombreuses pièces dans l’Armana Marsihès. On lui doit notamment : Leïs bras noou desounoura, vo lou Rei Mooureou, pouemo herouique, Doucet, Marseille 1890 ; Pierre Puget, ses parents, la maison paternelle, Impr. Les Petites Affiches, 1895 ; Les villes de Marseille au Moyen âge : Ville supérieure et ville de la Prévôté 1257-1348, Impr. du Bon Marché, 1903.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article146226, notice MABILLY Philippe par Roger Vignaud, version mise en ligne le 28 avril 2013, dernière modification le 28 avril 2013.

Par Roger Vignaud

SOURCES : Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône, tome XI, Marseille, 1913, p.374-375. — Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, côte : 2R.594.

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