BORJA Cristobal

Par Louis Botella, Michel Gorand

Né le 17 avril 1928 à Lamartine (Algérie) ; cheminot ; syndicaliste CFTC puis autonome ; secrétaire général de l’Union des syndicats professionnels de cheminots d’Algérie.

Cristobal Borja, mécanicien au dépôt d’Alger des chemins de fer algériens, fut le secrétaire général de l’Union d’Algérie des syndicats CFTC de cheminots.

Partisan affirmé de l’Algérie française, il prit publiquement position en faveur des organisateurs des évènements du 13 mai 1958 à Alger et, par la suite, des différentes actions en faveur du maintien de l’Algérie au sein de la République française. Ce qui lui valut, en décembre de la même année, une très vive critique de la part du bureau confédéral de la CFTC, notamment de son président Maurice Bouladoux.

Le congrès confédéral de la CFTC de juin 1959 vota à 75% une motion qui précisa « que le futur statut de l’Algérie ne pouvait être que le résultat de la volonté librement exprimée des populations intéressées ». A la suite de quoi, Cristobal Borja, secrétaire général de l’Union Algérie des syndicats chrétiens de cheminots (CFTC) dénonça la dite motion lors d’une conférence de presse et publia, dans la presse d’Alger, une motion de son union critiquant la position confédérale.

Dès juillet, le bureau confédéral mit en place une commission d’enquête et de conciliation qui n’aboutit pas ; le conseil de l’Union d’Algérie, lors de sa réunion du 13 novembre, confirma majoritairement son soutien à Cristobal Borja.

L’Union Algérie des cheminots CFTC, radiée par décision du bureau fédéral des cheminots du 25 novembre 1959, fit appel devant le conseil fédéral de la Fédération CFTC des cheminots. Celui-ci, au cours de sa réunion, tenue les 17 et 18 février 1960, confirma, par 55 voix contre 6 (Sud-est ?) et 25 abstentions, la dissolution de l’union et prononça un certain nombre de suspensions au sein de la CFTC. Cristobal Borja écopa d’une suspension à vie des organismes fédérés et confédérés, Serge Mercier de 10 ans, André Medan de 5 ans et Robert Bonnefoi, président de l’Union de 15 ans.

Après ces différentes sanctions définitives, le conseil d’union d’Algérie des syndicats chrétiens de cheminots (CFTC), lors de sa réunion du 24 février 1960, vota par 21 voix pour (et 8 contre) le départ de la CFTC et un fonctionnement en organisation parallèle, qui devint l’Union des syndicats professionnels de cheminots d’Algérie ; choix entériné par un congrès qui eut lieu en mai de la même année.

Cristobal Borja devint le secrétaire général de cette nouvelle union qui regroupa, selon une note des Renseignements généraux d’Alger en date du 8 juillet 1960, 3 000 adhérents autant que pour FO contre 800 pour les cadres autonomes (FAC), 350 pour les conducteurs autonomes (FGAAC) et une petite centaine pour la CFTC pro-confédérale.

L’Union des syndicats professionnels de cheminots constitua, au printemps 1960, avec d’autres organisations exclues ou dissidentes de la CFTC et de FO et avec quelques syndicats autonomes, le CARS (Comité d’action et de rénovation syndicales). En juin de l’année suivante, le CARS se transforma en Cartel national syndical (CNS).

Cristobal Borja, alors sous chef de bureau à la direction des chemins de fer d’Algérie, fut l’un des organisateurs des grèves de soutien des mouvements insurrectionnels (barricades de janvier 1960 et putsch d’avril 1961). Il fut arrêté et expulsé d’Alger, par les autorités françaises, le 11 mai 1962. Il fut intégré à la SNCF, à la comptabilité de Paris Lyon, sur la région Sud Est.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article146105, notice BORJA Cristobal par Louis Botella, Michel Gorand, version mise en ligne le 18 octobre 2013, dernière modification le 18 octobre 2013.

Par Louis Botella, Michel Gorand

SOURCES : Arch. Nat. France Outre-mer, Aix-en-Provence, ALG 91 3 F/107 et 3F/110, Alger, 1 K/813. — Archives CFDT.

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