MONTARIOL Alexandre, Jean

Par Gilles Morin

Né le 24 juillet 1914 à Gagnac (Haute-Garonne), mort le 15 janvier 1976 à Bruguières (Haute-Garonne) ; instituteur puis PEGC à Toulouse ; militant socialiste (successivement des Jeunesses socialistes, SFIO, Nouvelle Gauche, UGS et PSU) ; secrétaire de la fédération SFIO de la Haute-Garonne (1948-1950) puis du PSU (1960-1963) ; membre du comité politique national de l’UGS, puis du PSU ; conseiller municipal de Toulouse.

Fils d’un cultivateur qui fut maire de Bruguières, Alexandre Montariol, instituteur, se maria en mai 1939 à Toulouse.

Militant des Jeunesses socialistes et du Parti socialiste SFIO, de 1929 à 1951, il vota contre le rapport moral de la CAP qui prononça l’exclusion de Marceau Pivert au congrès fédéral du 29 mai 1938. Se situant à la gauche du parti, il se prononça pour la motion Zyromski et condamna la politique espagnole du gouvernement Blum.

Membre du bureau fédéral en 1948, Alexandre Montariol fut élu secrétaire fédéral de décembre 1948 à septembre 1950. Avec Paul Debauges, René Goyon, J. Maurens, C. Pistre, ils fondèrent la tendance « Action socialiste », qui publia un organe mensuel éponyme à partir de décembre 1952. Montariol et Debauges étaient les deux co-secrétaires du mouvement. Ils dénonçaient dans la SFIO la « Société des idolâtres de l’ordre américain » et dans le PCF les « conservateurs de l’ordre russe ». Ils menèrent campagne contre les guerres coloniales et contre la Communauté européenne de défense. Exclu, avec cinq autres militants, par la commission fédérale des conflits de la Haute-Garonne le 21 mars 1952 pour sa participation au mouvement « Action socialiste », il se livrait selon la décision « à un travail de désagrégation du parti ». La sanction fut confirmée par la commission nationale des conflits, le 10 juillet 1952.

Alexandre Montariol participa ensuite à toutes les étapes de l’histoire des nouvelles gauches, du début des années 1950 à la naissance du PSU. Il fut au niveau national l’un des fondateurs du Comité d’action des gauches indépendantes en 1953, puis de la Nouvelle Gauche. Il intervint par ailleurs à la journée nationale de la Nouvelle Gauche le 4 décembre 1954. Secrétaire administratif de la fédération en août 1955 et janvier 1957, il fut élu membre du conseil national de la Nouvelle Gauche au congrès de novembre 1955. Candidat aux élections cantonales de 1955 dans le canton de Toulouse-Centre, il obtint 3 % des suffrages exprimés. Lors de la fondation de l’Union de la gauche socialiste en décembre 1957, il fut élu au comité politique du parti, représentant la province, au moins jusqu’en mars 1959, et devint secrétaire de la section socialiste toulousaine. Il participa, aux côtés des communistes locaux, à plusieurs actions politiques, selon les rapports du secrétaire de la fédération communiste.

Refusant la Ve République et ses conditions de naissance, l’UGS, le nouveau Parti socialiste autonome et les mendésistes formèrent l’Union des forces démocratiques. Il fut candidat au nom de celle-ci et de l’UGS aux élections législatives de novembre 1958. Avec Raymond Badiou, ancien maire SFIO passé au PSA, ils conduisirent une liste « d’entente socialiste » et il fut élu conseiller municipal de Toulouse en mars 1959. Alors que la majorité de l’UGS hésitait sur les perspectives de fusion avec les anciens minoritaires socialistes, Montariol en était l’un des plus fermes partisans.

Instituteur à l’école Lafilaire de Toulouse, co-secrétaire, avec Pistre, de la fédération de la Haute-Garonne du PSU à la fondation de ce parti en 1960, secrétaire trois ans plus tard, Montariol siégea au comité politique national (CPN) du PSU en 1960. Il fut réélu en 1961 et 1967. Élu majoritaire de la motion B au CPN, à l’issue du congrès d’Alfortville en janvier 1963, il fut réélu en novembre suivant et en 1967.

Alexandre Montariol, candidat PSU aux élections municipales de 1965 à Toulouse et aux élections législatives dans la troisième circonscription (Toulouse-Sud) de 1962 (3 034 voix sur 68 877 inscrits), se désista pour le candidat communiste arrivé en tête de la gauche. Candidat à nouveau en 1967 (2 120 voix sur 73 961 inscrits), il se désista pour le candidat de la FGDS, le mieux placé des candidats de gauche et qui fut élu au deuxième tour.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article145946, notice MONTARIOL Alexandre, Jean par Gilles Morin, version mise en ligne le 8 avril 2013, dernière modification le 21 février 2018.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/561, 565, 722 ; 19780654/40, 19980419/22/5594, 20010216/94/2718 ; 581AP/119/395. — Arch. OURS, fédération de Haute-Garonne. — Archives du comité national du PCF. — Le Libérateur, 1954-55. — Bulletin d’information du Mouvement uni de la Nouvelle Gauche, 10 janvier et 10 février 1957. — Comptes rendus du Comité politique de l’UGS. — Tribune du Peuple, 14 décembre 1957, 15 novembre 1958, 14 septembre 1959. — Tribune socialiste, 7 mai 1960, n° 41, 1er juillet 1961, 2 février 1963, 13 mars 1965, 29 juin 1967, 14 décembre 1967 ; n° spécial, mars 1967, Les élections législatives 1967. — Marc Heurgon, Histoire du PSU, Paris, La Découverte, 1994, t. 1, p. 396. — Notes de Jacques Girault.