MONTANT Gérard, Henri, Marceau

Par Louis Weber

Né le 20 octobre 1941 à Orléans (Loiret) ; professeur de lycée d’enseignement professionnel, journaliste ; secrétaire général du Centre culturel français de Dakar (Sénégal), attaché culturel à l’ambassade de France à Dakar ; militant syndical national et international, secrétaire général du SNETP-CGT, vice-président de la Fédération internationale syndicale de l’enseignement ; membre du Parti communiste français de 1962 à 1986.

Son père, Henri Montant, employé auxiliaire aux chemins de fer, puis travailleur de l’État, et sa mère, née Madeleine Fauvet, monteuse en appareils électriques puis agent non spécialiste dans l’Éducation nationale, avaient trois enfants. Leur deuxième, Gérard Montant fréquenta l’école maternelle puis l’école primaire rue du Château Gaillard à Orléans jusqu’à l’âge de 14 ans et obtint son certificat d’études primaires. Il intégra à l’issue de sa scolarité primaire le collège d’enseignement technique Benjamin Franklin à Orléans où il passa avec succès un certificat d’aptitude professionnelle d’aide comptable, un brevet d’enseignement commercial (premier et second degrés). Il travailla à l’issue de cette scolarité dans une entreprise de transport comme aide comptable pendant deux mois puis à la Trésorerie générale d’Orléans d’où il démissionna pour rejoindre le lycée Franklin Roosevelt de Reims (Marne) afin de suivre une préparation à l’École supérieure de commerce. Après son échec, il s’engagea dans le même établissement dans une formation de brevet de technicien supérieur (comptable) qu’il réussit en juin 1962. Il avait réussi, en février 1962, au concours d’entrée à l’École normale nationale d’apprentissage et intégra en septembre l’ENNA rue de la Tour à Paris (XVIe arr.). Il obtint le certificat d’aptitude à l’enseignement dans les collèges d’enseignement technique en 1964.

Gérard Montant s’engagea dans des études universitaires à l’Université René Descartes (Paris V) en 1992 et obtint une licence en sciences de l’éducation, une maîtrise, un DEA et un doctorat en sciences de l’éducation mention histoire en 1999.

Gérard Montant épousa le 22 décembre 1962 à Paris (XIIIe arr.) Maryvonne, Annie, Louise Goutelle (Maryvonne Montant) avec qui il eut deux enfants. Séparé en 1985, il divorça en 1992 et vécut à partir de 1991 avec Lydia, Jacqueline, Madeleine Brovelli*.

À sa sortie de l’ENNA en 1963, Montant fut affecté en septembre à Savigny-sur-Orge (Essonne), ville dans laquelle il enseigna jusqu’en septembre 1971 (hors la période du service militaire de juillet 1967 à novembre 1968, date à laquelle il devint permanent de son syndicat).

Son engagement syndical commença en 1960 à l’Union nationale des étudiants de France. En 1962, dès son entrée dans l’Éducation nationale, il adhéra à la CGT (SNETP). Responsable de la section syndicale du SNETP à l’ENNA pendant l’année scolaire 1962-1963, il fut élu au secrétariat de l’académie de Paris du SNETP en 1965. De 1969 à 1972, il fut élu commissaire paritaire dans l’académie de Paris dans la catégorie des « Professeurs d’enseignement technique théorique ». Il fut élu secrétaire général du SNETP de l’académie de Paris en 1970 et participa à la transformation de l’organisation pour s’adapter aux transformations administratives (création des académies de Paris, Versailles et Créteil ).

Montant accéda au bureau national du SNETP lors du congrès de Choisy-le-Roi en 1970, puis au secrétariat national lors du congrès de Grenoble en 1972 et fut élu secrétaire général du SNETP-CGT lors du congrès de Montreuil en 1974. Il conserva cette responsabilité jusqu’au congrès de La Rochelle en 1985, date à laquelle il proposa Michèle Baracat* comme secrétaire générale de l’organisation.

Montant fut élu lors du 39e congrès confédéral de la CGT au Bourget en 1975 à la commission exécutive confédérale. Il resta membre de la CE jusqu’au 41e congrès de Lille en 1982, année où il retira sa candidature pour répondre au souci exprimé par la direction de favoriser l’émergence des militantes et autres membres issus de la diversité. Il eut, par ailleurs, pendant toute la période de son mandat à la direction du SNETP, des responsabilités au bureau de la FEN-CGT puis de la FERC et à la commission exécutive de l’UGFF. En 1977 il fut élu vice-président de la Fédération Internationale Syndicale de l’Enseignement.

Entre 1974 et 1985, sous l’impulsion de Montant, une série de réflexions furent conduites notamment sur l’avenir de la formation professionnelle publique, sur la nature des établissements, sur les formations dispensées, sur la manière de les dispenser. Il fut un ardent défenseur de la titularisation des auxiliaires, représentant 30 % des personnels des CET, sans concours notamment en 1969 et 1981. Pour tenir compte des causes de la baisse continuelle de l’influence du syndicat depuis la scission de 1947, de la transformation du corps des personnel des lycées professionnels depuis la création des centres d’apprentissage au lendemain de la Libération, de la nécessité de rompre avec le syndicalisme CGT de la fonction publique hérité de l’entre-deux-guerres et pour donner aux adhérents un véritable pouvoir de décisions dans la vie de l’organisation, il proposa à partir de 1982 de transformer le syndicat national en Union et les sections départementales en véritables syndicats départementaux de l’Éducation nationale affiliés à l’Union Nationale dans une phase transitoire afin ensuite de les affilier directement à la Fédération, celle-ci restant historiquement l’une des deux composantes de la CGT.

Le SNETP enregistra jusqu’à plus de 20 000 membres en 1977-1978, il en perdit plus de 40 % entre 1978 et 1982. Plusieurs causes à cette hémorragie rencontrée dans toute la CGT, et particulièrement dans la fonction publique, furent analysées par Montant : la rupture du programme commun pour lequel le syndicat s’était fortement engagé, la perception par les syndiqués du soutien dans cette rupture à l’un des signataires, les prises de positions de la CGT et du SNETP sur les événements de Pologne, l’intervention soviétique en Afghanistan.

A partir de 1974, la demande d’ouverture de la syndicalisation CGT aux autres secteurs de l’Éducation nationale fut forte. Soutenant la position confédérale, Montant, avec la majorité de l’organisation, s’opposa à cette demande notamment lors du congrès de Chalon-sur-Saône en 1980, se refusant de remettre en cause les décisions prises en 1947. Le changement d’attitude de la CGT-FO sur cette question conduisit le congrès de La Rochelle en 1985 sur proposition de Montant à demander à la CGT l’ouverture du champ de syndicalisation à tous les personnels de l’Éducation nationale. Cette ouverture entra dans les faits au début des années 1990.

Quittant sa responsabilité au SNETP en 1985, Montant s’engagea dans une nouvelle filière professionnelle. Sur proposition du secteur « cadre » de la confédération, il fut nommé rédacteur en chef adjoint de l’hebdomadaire de la CGT, La Vie ouvrière. Il démissionna de cette fonction en 1987 à la suite d’un désaccord avec le directeur de la publication Louis Viannet*.

Vice-président de la Fédération internationale des syndicats d’enseignants, Montant fut élu secrétaire général de cette organisation en juin 1987. Il s’installa alors au siège de l’organisation à Berlin-Est où il séjourna jusqu’en 1991, date à laquelle il réintégra le secrétariat général de la FISE à Paris après avoir déposé de nouveaux statuts en France, d’où la FISE avait été expulsée en 1949. En raison des transformations qui s’opéraient dans les organisations syndicales des anciens pays socialistes, soutenu par la direction de la FISE, il exprima des désaccords avec la direction de la Fédération syndicale mondiale à partir de 1989 considérant la nécessité pour cette organisation de se transformer profondément (changement des méthodes de fonctionnement, développement de la démocratie interne, décentralisation du fonctionnement dans les différentes régions du monde, changement de nom etc.). Lors du congrès mondial de Moscou en 1990, la FISE vota contre la proposition de modification des statuts et s’abstint sur le document d’orientation en s’opposant à l’époque à l’orientation prise par la CGT lors de ce congrès. Il prit une part active pour la sortie de la CGT de la FSM. Installée en France, la FISE ayant perdu un grand nombre de ses organisations membres et particulièrement les organisations issues des pays socialistes, comme des pays capitalises développés, avec quasiment plus de ressources, prenant en compte l’aspiration à l’unité des organisations enseignantes conduisant à des fusions entre la CMOPE et le SPIE-CISL, Montant proposa au comité administratif de la FISE en juin 1992 sa dissolution et la création d’un Forum international de l’éducation de la recherche et de la culture. Cette proposition fut rejetée par les membres du CA présents (essentiellement les organisations des pays arabes, de la Palestine, les organisations d’Inde, du Sri Lanka, le SNESUP de France). Soutinrent la proposition les représentants du SNETP, de l’UDEN du Sénégal, la FEN-PROF du Portugal. Sans moyen, sans force véritablement syndicale adhérente et sans orientation claire, Montant démissionna de sa responsabilité.

Montant intégra en 1992 l’Association pour l’information et la défense des consommateurs salariés, organisation de défense des consommateurs créée par la CGT en 1979. Il assuma la responsabilité de secrétaire général puis de président de l’association. A ce titre, il siégea dans les différentes instances de défense des consommateurs au plan national,comme le Conseil national de la Consommation. Il représenta pendant trois années les consommateurs français du Comité des consommateurs européens auprès de la Commission de Bruxelles. Il organisa plusieurs colloques européens notamment sur « la lutte contre l’exclusion » , sur la « Sécurité alimentaire ». Il fut à l’initiative de la création de l’Association européenne des Consommateurs auprès de la Confédération européenne des syndicats.

En septembre 2001 pour des raisons familiales, Montant changea d’orientation et fut nommé à sa demande secrétaire général du Centre culturel français de Dakar au Sénégal, puis à la demande du conseiller culturel affecté sur le poste d’attaché culturel auprès de l’Ambassade de France à Dakar jusqu’en juillet 2005 date à laquelle il fit valoir ses droits à la retraite.

Depuis 2010, Montant préside l’Institut d’histoire sociale de la FERC.

Montant adhéra à l’Union des étudiants communistes en 1961 et au PCF en 1962. Il démissionna en 1986. Il eut peu de responsabilité au sein du PCF (membre du comité de section à Savigny-sur-Orge en 1964, secrétaire de cellule en 1976 et 1977 à Leuville-sur-Orge en Essonne).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article145944, notice MONTANT Gérard, Henri, Marceau par Louis Weber, version mise en ligne le 8 avril 2013, dernière modification le 25 septembre 2013.

Par Louis Weber

OEUVRES : Un certain regard : un demi siècle d’histoire des enseignants à la CGT, 2008, 261 pages. — Des amours laborieuses : l’école, les enseignants, la formation professionnelle et l’apprentissage dans les congrès et la presse de la Confédération Générale du Travail de 1895 à 1921, thèse de doctorat, 2000.
Il publia une série de guides pratiques : Que prévoit la loi contre les exclusions, 1999. — Le crédit à la consommation, le crédit immobilier, le cautionnement, les saisies, le traitement du surendettement, 2000. — Les assurances : de la signature du contrat à l’indemnisation en passant par la déclaration de sinistre. Les pièges à éviter pour ne pas subir et défendre ses droits, 2000. — Les actes de la vie : les droits des citoyens, 2002. — La sécurité alimentaire en débat (2002). — Guide du logement et de l’accession à la propriété (2002) .
Il écrivit par ailleurs les éditoriaux du Travailleur de l’enseignement technique (mai 1974-avril 1985), de La revue des enseignants du monde (juin 1987-juin 1992), de IN Magazine, mensuel d’INDECOSA-CGT (1991-2001).

SOURCES : Archives de l’Institut d’Histoire Sociale de la FERC. — Archives du SNETP-CGT et de la FISE (Arch. dép. de Seine-Saint-Denis). — Témoignage de l’intéressé.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément