MONGEAU Daniel, Valentin

Par Jacques Girault

Né le 24 avril 1942 à Paris (XIVe arr.), mort le 26 novembre 2012 à Paris (XIIe arr.) ; instituteur ; militant communiste, maire de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), conseiller général.

 Photos de René Lejarre, parues dans l’Humanité, le 23 juin 1986, de Jacqueline Chonavel et de Daniel Mongeau après son élection comme maire de Bagnolet.
Photos de René Lejarre, parues dans l’Humanité, le 23 juin 1986, de Jacqueline Chonavel et de Daniel Mongeau après son élection comme maire de Bagnolet.

Fils d’un gendarme et d’une institutrice, Daniel Mongeau reçut les premiers sacrements catholiques. Élève du lycée Charlemagne à Paris, il entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Paris (Porte d’Auteuil) en 1960 et obtint le baccalauréat (série "Philosophie"). Il adhéra au Syndicat national des instituteurs en 1962 à l’ENI et habita 1960 dans le XXeme arrondissement de Paris. Il effectua son service militaire comme soldat de deuxième classe à Verdun (Meuse) en 1963-1964. Il se maria uniquement civilement à Bagnolet avec une future cadre de la fonction publique. Le couple eut deux enfants.

Mongeau enseigna à l’école Jean Jaurès à Bagnolet à partir d’octobre 1964 et habita à Bagnolet dans une cité HLM, rue Girardot.

Daniel Mongeau, membre des Jeunesses communistes depuis 1960, adhéra au Parti communiste français, lors de la semaine de la pensée marxiste à la Mutualité, le 1er février 1962. Il participa à la création d’un comité pour la paix en Algérie et vendait régulièrement la presse communiste, le dimanche, au métro Michel Ange-Molitor. A Bagnolet, membre du bureau de la cellule Pierre Courtade, membre du comité de la section communiste en 1965, il était responsable de la jeunesse. Il participa à Pâques 1965 à une délégation d’enseignants en République démocratique allemande. Il suivit le stage organisé par le PCF pour les instituteurs communistes du 26 août au 11 septembre 1965. Il prit part aux écoles centrales du PCF d’un mois en 1966 et de quatre mois (février-juin 1972) puis à un stage de recyclage en 1981. Membre du bureau de section, secrétaire de la section communiste Bagnolet-Nord, il fut dans les années 1980 secrétaire du comité de ville. Il devint membre du comité fédéral de 1987 à 1996. La presse le présentait, en 1995, lors des élections municipales, comme "un des piliers de l’orthodoxie communiste en Seine-Saint-Denis" (Métro, 6 juin 1995).

Daniel Mongeau, élu conseiller général de Seine-Saint-Denis en 1970 avec 5 568 voix, succédant à Jacqueline Chonavel* qui ne se représentait pas, fut réélu en 1976, 1982 (4 141 voix au premier tour, 6 593 voix au deuxième), 1988, 1995. Il devint vice-président de 1994 à 2001, puis premier vice-président en 1994, chargé de l’aménagement du territoire à partir de 1995 et des questions culturelles, domaine qu’il occupait depuis 1981. Il fut l’animateur de la politique culturelle du Conseil général caractérisée par des initiatives originales, liées le plus souvent aux interventions dans le domaine éducatif. Il créa notamment les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis permettant le développement de la danse contemporaine et fut un des initiateurs du Salon du livre de jeunesse de Montreuil. Il présidait aussi l’association des Amis du musée de la Résistance de Seine-Saint-Denis.

Dans cette fédération communiste caractérisée par une forte présence ouvrière, Mongeau fut parfois contesté. Quand se posa la question de l’éventuelle succession de Jacqueline Chonavel au poste de maire de Bagnolet, en accord avec la direction de la Fédération communiste et l’intéressé, elle proposa qu’il lui succède, ce que toutes les cellules communistes débattirent et approuvèrent malgré des critiques émises par quelques militants. Après la victoire socialiste en mai 1981 et la perte du siège de député au profit du Parti socialiste, la candidature de Mongeau fut débattue à la veille du renouvellement du Conseil général, en novembre-décembre 1981. Des membres du comité de ville souhaitèrent de ne pas le représenter en raison de « comportements inadmissibles » tout en ne remettant pas en cause son maintien au poste de maire. Mongeau, dans une lettre aux secrétariats de la section et de la fédération communistes, le 1er décembre, reconnut que « du fait de ma formation, de mes habitudes, mon tempérament aussi », que « certains camarades puissent mal accepter […] mes réactions personnelles ». Il souhaitait « corriger ces aspects involontaires » et rester au service du Parti au poste qui serait décidé après « l’avis des communistes […] en connaissant sur tous les problèmes toute la vérité. ». Le comité fédéral décida finalement de le représenter en raison de recul électoral du PCF et de son action au Conseil général et en accord avec la majorité des militants communistes de Bagnolet. Ces divergences, avec notamment le maintien, par le comité de ville, de ses positions, provoquèrent des discussions aux conséquences durables. Par la suite, il figura sur la liste communiste aux élections législatives en 1986 et, fut présenté dans la sixième circonscription (Bagnolet, Pantin) en 1992 et en 1998.

Le Parisien avait annoncé, en juillet 2000, son retrait du Conseil général et son choix de conserver son mandat de maire. Mais le 13 novembre 2000, Mongeau, dans une lettre ouverte, déclarait qu’il renonçait à ces deux responsabilités "pour ouvrir un nouveau chapitre de l‘histoire de notre ville" et présentait ses successeurs. Il conduirait aux élections municipales la liste, resterait conseiller municipal et serait "un retraité actif". Dans Le Parisien du 1er décembre, il confirmait ses "passions, la danse, le théâtre et la littérature".

Le 1er décembre 2012, lors de ses obsèques civiles au cimetière Raspail de Bagnolet, Jacqueline Chonavel lui rendit hommage.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article145816, notice MONGEAU Daniel, Valentin par Jacques Girault, version mise en ligne le 27 mars 2013, dernière modification le 6 mai 2014.

Par Jacques Girault

 Photos de René Lejarre, parues dans l’Humanité, le 23 juin 1986, de Jacqueline Chonavel et de Daniel Mongeau après son élection comme maire de Bagnolet.
Photos de René Lejarre, parues dans l’Humanité, le 23 juin 1986, de Jacqueline Chonavel et de Daniel Mongeau après son élection comme maire de Bagnolet.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Presse. — Article nécrologique de Dany Stive, l’Humanité, 28 novembre 2012.. — Renseignements fournis par Renée Mongeau, son épouse.

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