OBRY Germain

Par Jean-Pierre Besse, Julien Cahon

Né le 28 décembre 1916 à Gueschart (Somme), mort le 4 juillet 1980 à Ville-le-Marclet (Somme) ; instituteur ; militant socialiste SFIO dans la Somme ; secrétaire fédéral à la propagande (1952-1959).

Fils d’un commerçant, militant radical-socialiste, Germain Obry fit ses études à l’Ecole normale d’instituteurs d’Amiens (Somme) et adhéra en 1933 à la SFIO. Il collabora à partir de 1935 à l’organe fédéral, Le Cri du peuple. En 1936, il occupa son premier poste à Beuvraignes (Somme) et se maria le 29 juillet 1937 à Amiens avant de partir faire son service militaire.
Mobilisé en 1939, Germain Obry fut fait prisonnier devant Nancy et resta cinq ans en Allemagne. Il reprit dès son retour ses activités militantes et exerça à Ville-le-Marclet (Somme) où il passa sa carrière, terminant directeur de l’école, et assura le secrétariat de mairie.
Germain Obry devint secrétaire fédéral à la propagande de la SFIO en 1952, succédant à Camille Goret, promu secrétaire fédéral à l’organisation. Le 23 mars 1953, pour mener à bien la préparation d’un « front démocratique et social », il demanda à la direction du Parti des noms de socialistes suédois. En avril 1958, il fut candidat, sans succès, aux élections cantonales à Picquigny. Le problème algérien et le retour du général De Gaulle au pouvoir accentuèrent les désaccords que Germain Obry manifestaient de plus en plus souvent. En avril 1959, il décida de quitter la commission exécutive fédérale et le secrétariat à la propagande et s’en expliqua dans un article publié le 19 avril dans Le Cri du peuple. L’année suivante, lors du 52ème congrès administratif, Germain Obry dit son désaccord avec la politique du parti tant sur le plan départemental que sur le plan national, puis au congrès politique de juin 1960 défendit le rapprochement avec le Parti communiste et soutint, avec Camille Goret, la motion Gazier. En avril 1961, Germain Obry retrouva son poste à la commission exécutive fédérale. Aux élections cantonales d’avril 1964, Germain Obry échoua une nouvelle fois dans le canton de Picquigny.
Au sein de la SFIO, notamment lors des congrès fédéraux, Germain Obry continua à faire entendre des points de vue différents et s’opposa aux choix de Max Lejeune et de la direction départementale du parti. Ainsi en 1960 il plaida pour un rapprochement avec le PCF et en mai 1965 à Amiens, il se prononça pour un « parti plus révolutionnaire » » et contre les deux motions (Nord et Defferre) soutenues par la majorité du bureau fédéral. Pendant la campagne des municipales de 1965, à Amiens, où une grave crise éclata entre Camille Goret, partisan de l’alliance avec le PCF, et Maurice Vast, maire sortant démissionnaire de la SFIO, favorable à une alliance avec le centre et l’UNR, Germain Obry prit nettement position pour Camille Goret. Il reprocha à Max Lejeune de ne pas blâmer Maurice Vast et à Roger Fouquet de freiner la propagande de Goret et ses colistiers dans les colonnes du Cri du peuple. Il écrivit à Max Lejeune : « Je proteste contre le manque de relief qui entoure la propagande du Cri envers la liste Goret. […] Le papier de Léon Tellier est étouffé alors qu’il devrait saillir. » (lettre de Germain Obry à Max Lejeune, 5 mars 1965)
Germain Obry fut élu président de la fédération départementale Léo Lagrange lors de sa création en juin 1965. Le secrétaire en était Camille Goret et le secrétaire adjoint Gabriel Grenot, l’un et l’autre bien connus pour leurs désaccords avec la politique de Max Lejeune. Lors des élections législatives de juin 1968, Germain Obry fut candidat suppléant de la FGDS dans la troisième circonscription de la Somme, détenue par le communiste Michel Couillet.
Germain Obry fut également président de l’Amicale socialiste des enseignants picards pendant les années 1950.
Lors de son décès, Germain Obry était toujours secrétaire de la section locale du Parti socialiste, président cantonal des anciens combattants et prisonniers de guerre du canton de Picquigny (Somme) et membre du conseil d’administration de l’Association des crématistes de Picardie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article145526, notice OBRY Germain par Jean-Pierre Besse, Julien Cahon, version mise en ligne le 13 mars 2013, dernière modification le 9 juillet 2013.

Par Jean-Pierre Besse, Julien Cahon

SOURCES : Arch. OURS, dossier Somme. — Le Cri du peuple, 1945-1970. — Le Courrier picard, 1945-1980. — Renseignements fournis par Madame Germain Obry. » — Notes de Jacques Girault.- Etat civil.

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