RISSER Camille

Par Daniel Grason

Né le 14 mars 1914 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), fusillé le 13 avril 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier spécialisé sur machines, terrassier, aide-tôlier ; résistant.

Fils de Marie-Josèphe Risser, cuisinière, et d’un père inconnu, Camille Risser fut incorporé en avril 1935 au 23e Régiment d’infanterie à Wissembourg (Bas-Rhin). Il fut appréhendé le 8 février 1936 alors qu’il tenait des propos injurieux à l’égard des gradés de l’armée ; il n’y eut pas de suite judiciaire. Muté au 24e Régiment à Bicêtre (Seine, Val-de-Marne), il fut démobilisé en octobre 1936.
Il épousa le 24 décembre 1930, à la mairie du XIVe arrondissement de Paris, Marcelline Legrand, née en 1913 à Bapaume (Pas-de-Calais) ; un enfant, Jacques, naquit le 22 novembre 1934 à Paris (XIVe arr.). Camille Risser était très lié à ses trois beaux-frères, orphelins de père, âgés de quatorze à vingt et un an. Il exerça différents métiers : ouvrier spécialisé, terrassier, manœuvre, couvreur, aide-tôlier. La famille demeurait 5 rue Robert-Turquan à Paris (XVIe arr.). Sa femme était concierge de l’immeuble de quatre étages.
Sans être membre du Parti communiste, il fut révolté par l’exécution du jeune ouvrier André Masseron, âgé de vingt ans, le 24 juillet 1941 à la prison du Cherche-Midi (VIe arr.). Le lendemain, un Avis allemand était placardé sur les murs de la capitale. Camille Risser repéra l’un d’eux, tout près de chez lui, avenue Mozart (XVIe arr.).
Son beau-frère Henri Legrand fit le guet ce même jour vers 23 h 30, et Camille Risser écrivit à la craie blanche sous l’affiche : « Hitler, ce sera bientôt ton tour ! » Des policiers exerçant une surveillance, il fut pris en flagrant délit et comparut le 29 juillet 1941 devant la 14e chambre correctionnelle. La cour se déclara incompétente et il fut libéré le lendemain après avoir signé une déclaration type où il déclarait « désapprouver l’action communiste clandestine sous toutes ses formes ». la Section spéciale de la cour d’appel, dans son audience du 24 décembre 1941, confirma la relaxe. Henri Legrand, porteur de plusieurs papillons édités par le Parti communiste, fut interné.
Le 26 février 1942, Camille Risser fut arrêté par des inspecteurs de la Brigade spéciale no 2 (BS2) pour complicité dans un attentat commis le 6 octobre 1941 contre un sous-officier de l’armée allemande. Il comparut le 14 mars 1942 devant un tribunal militaire allemand, fut condamné à mort et passé par les armes le 13 avril 1942 à 9 h 24 au Mont-Valérien. Il fut inhumé dans un lieu inconnu.
Selon la DAVCC, Camille Risser fut exécuté comme otage en représailles à un attentat commis le 2 avril 1942 contre deux soldats allemands au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).



L’abbé allemand Franz Stock l’évoque dans son Journal de guerre :
« Lundi 13.4.42
6 exécutions
Remplacé l’aumônier militaire Loevenich à la Santé, 6 otages :
Larue, 21, avenue de la mairie, Fresnes
Nicolas, André, 29, bd Pasteur, Fresnes, son père employé, 126, bd Auguste Blanqui
Stephan, Jean, 16, rue Henri Dubois, Gagny (S. et. O.)
Risser, Camille, 5, rue Robert Turquan, XVIe
Nève, Pierre, prof. lycée Charlemagne
Vetter Alfred , chez Mme Bournagaud , 52 , rue de Villejuif à Vitry (S.)
6 heures du matin à la Santé. Aucun ne voulut de secours spirituel, pas même le jeune Nicolas, 20 ans, très agité et qui pleurait, n’a jamais pratiqué, Vetter vient de Strasbourg, tous morts sans la foi. Stephan était infirmier, intelligentsia communiste, pareil pour Nève, tous plus ou moins communistes. 8 devaient au départ être fusillés, puis uniquement 6. 4 ont été enterrés dans le cimetière de Courbevoie, 2 de La Garenne. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article145420, notice RISSER Camille par Daniel Grason, version mise en ligne le 6 mars 2013, dernière modification le 13 janvier 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 1802, KB 18, 77W 81. – DAVCC, Caen, Otage B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – Franz Stock, Journal de guerre. Écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien, Cerf, 2017, p. 78-79. — État civil, Nancy.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément