MIQUEL René, Jean, Nicolas

Par Didier BIGORGNE

Né le 27 février 1902 à Longuyon (Meurthe-et-Moselle), mort le 15 octobre 1991 à Charleville-Mézières (Ardennes) ; instituteur, puis directeur d’école ; résistant ; militant syndicaliste ; militant socialiste, mutualiste et associatif ; trésorier de la section ardennaise du SNI (1936-1940, puis 1944-1957) et de la FEN (1948-1958) ; président de la section des Ardennes de la MGEN (1954-1972) et de l’Union départementale des sociétés mutualistes des Ardennes (1964-1973) ; maire de Mézières (1959-1966) puis maire adjoint de Charleville-Mézières (1966-1971).

René Miquel
René Miquel

Fils de Nicolas, Léon Miquel, chef contrôleur à la Compagnie des chemins de fer de l’Est, et de Marie Eugénie Bréville, sans profession, René Miquel commença sa carrière d’instituteur à Longwy au lendemain de la Première Guerre mondiale. Son père ayant été muté à la gare de Charleville, il poursuivit son métier d’enseignant dans les Ardennes. Il exerça successivement à Monthermé, à Mohon, à Omont, à Lonny, puis dans les classes primaires du lycée Chanzy à Charleville de 1944 à 1953. René Miquel devint alors directeur d’école à Prix-les-Mézières, puis à l’école du quartier de Bel-Air à Charleville. Il termina sa carrière professionnelle comme directeur de l’école primaire du Château à Mézières en 1957.

Le 14 avril 1925 à Mézières, René Miquel épousa Marie, Louise, Julienne Tassaux, employée de banque ; de cette union naquirent quatre enfants (trois filles et un garçon).

En 1932, alors qu’il enseignait à Mohon, René Miquel adhéra au Parti socialiste SFIO. Dans le même temps, il était membre du Syndicat national (CGT). Elu au comité syndical de la section des Ardennes, il fut délégué aux congrès nationaux de Nice en 1934 et de Lille en 1936 du Syndicat national des instituteurs. A cette date, René Miquel devint trésorier de la section ardennaise du SNI. Il occupa cette fonction jusqu’à sa mobilisation en 1939.

Officier de réserve au 148è régiment d’infanterie, René Miquel participa aux combats de 1940 contre les Allemands. A la fin de l’année 1943, il s’engagea dans le mouvement de résistance Libération-Nord. En septembre 1944, il fit partie du comité local de Libération à Charleville qui installa la nouvelle municipalité.

Le 21 décembre 1944, René Miquel retrouva son mandat de conseiller syndical de la section des Ardennes du SNI. Réélu sur la liste aux élections du 19 novembre 1945, il remplit de nouveau la fonction de trésorier jusqu’au 17 novembre 1957, constamment réélu sur les listes du courant « autonome ». Il fut aussi responsable de L’Ecole libératrice. Membre du Conseil départemental de l’enseignement primaire depuis 1951, René Miquel participa à la démission collective à la demande du SNI pour protester contre la politique répressive et anti-laïque du gouvernement en 1953. Il fut réélu avec davantage de voix qu’en 1951. Élu à la commission administrative de la section ardennaise de la Fédération de l’Éducation nationale, le 28 octobre 1950, il occupa le poste de trésorier à partir du 8 novembre 1951. Il conserva ces deux mandats jusqu’au 30 janvier 1958. Ayant mis un terme à sa carrière d’enseignant, René Miquel devint secrétaire départemental de la Fédération générale des retraités des Ardennes en 1962.

Parallèlement à son engagement syndical, René Miquel s’investit dans le mouvement mutualiste et associatif. Le 27 mars 1947 à Charleville, il participa à la création de la section des Ardennes de la Mutuelle générale de l’Education nationale. Elu membre de la commission exécutive deux jours plus tard, il devint président le 1er septembre 1954 et conserva ce poste jusqu’en 1972. Le 16 novembre 1964, René Miquel accéda à la présidence de l’Union départementale des sociétés mutualistes des Ardennes, responsabilité qu’il exerça jusqu’en 1973.

Dans le monde associatif, il occupa la fonction de trésorier de la Fédération des oeuvres laïques des Ardennes de 1958 à 1970. Président de l’Union départementale des associations familiales des Ardennes, il siégeait à la Fédération nationale en 1962 ; il remplit cette double fonction pendant de longues années. D’abord membre du conseil d’administration de l’Office public départemental des HLM des Ardennes à partir de 1951, il devint administrateur-délégué en 1964.

René Miquel eut un itinéraire politique local. Candidat sur la liste socialiste SFIO aux élections municipales d’avril-mai 1953 à Mézières, il ne fut pas élu. A la suite de la démission d’un conseiller municipal, il entra à l’assemblée communale le 19 mars 1954 et fit partie de la majorité composée de socialistes et de communistes depuis 1945. Lors du scrutin municipal des 8 et 15 mars 1959, il s’opposa aux élus socialistes SFIO, le maire Raymond Hanus en tête, qui étaient favorables à la poursuite d’une politique d’union avec les communistes. René Miquel conduisit alors une liste d’alliance Parti socialiste SFIO-MRP qui battit la liste d’Union des Gauches conduite par Hanus ; après ce succès, il fut élu maire de Mézières. Il conserva sa fonction jusqu’au 1er octobre 1966, date de la naissance de Charleville-Mézières avec la fusion des communes de Charleville, Mézières, Mohon, Etion et Montcy-Saint-Pierre. Il devint alors premier adjoint au maire socialiste SFIO André Lebon ; il le demeura jusqu’au 21 mars 1971, date à laquelle il renonça à la vie politique.

René Miquel n’eut aucune responsabilité dans le Parti socialiste SFIO des Ardennes. A l’exception des années 1952-1953 où il fut membre de la commission des conflits, il ne siégea jamais à la commission exécutive de la fédération ardennaise. Aussi ne fut-il jamais candidat à une élection pour le Conseil général dans le canton de Mézières à forte population ouvrière dont l’élu fut le communiste Robert Ninitte de 1945 à 1977. Une seule fois, René Miquel représenta son parti à un scrutin national. Candidat avec l’étiquette FGDS aux élections législatives des 5 et 12 mars 1967 dans la circonscription de Mézières-Rethel, il fut éliminé au premier tour en obtenant 7 020 voix sur 54 085 inscrits et 42 654 votants.

René Miquel était officier de l’ordre national du Mérite et commandeur de l’ordre des Palmes académiques quand il mourut. Ses obsèques religieuses furent célébrées le 18 octobre 1991 à Mézières.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article145103, notice MIQUEL René, Jean, Nicolas par Didier BIGORGNE, version mise en ligne le 21 février 2013, dernière modification le 14 mars 2017.

Par Didier BIGORGNE

René Miquel
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SOURCES : Arch. dép des Ardennes 3 M5, 8 et 9. — Archives de la section des Ardennes de la MGEN. — Presse syndicale. — Bulletinde la section ardennaise du SNI, 1944 à 1958. — Le Réveil ardennais, 6 avril 1952 et 20 janvier 1967. — L’Ardennais, 16 octobre 1991. — Notes de Jacques Girault