PREVOTEL Marc

Par Yann Perrotte

Né le 22 septembre 1933 à Bordeaux (Gironde), mort le 20 février 2010 à Pessac (Gironde) ; ingénieur ; syndicaliste Force ouvrière (FO) de l’Energie nucléaire et de la région parisienne puis de la Manche ; libre penseur ; militant anarchiste.

Marc Prevotel était le fils d’André Prevotel, originaire de la Haute-Vienne et manipulant aux PTT, et de Joséphine (dite Andrée) Coueille, née dans le Gers, sans profession au moment de la naissance de Marc Prevotel puis postière.

Son père, militant anarchiste et ami d’Aristide Lapeyre, fut condamné en 1935 à 6 mois de prison à la suite de son implication dans une affaire de stérilisation à Bordeaux. Il fut révoqué de l’administration postale.

Sa mère, ayant bénéficié d’un non lieu, fut mutée d’office à Evreux (Eure) puis à Ruffec (Charente). Après la déclaration de la guerre en 1939, elle fut poursuivie pour "propos défaitistes et incitation de militaires à la désobéissance". Après 40 jours de cellule à la prison militaire de Tours, elle bénéficia, une nouvelle fois, d’un non lieu. L’administration la muta disciplinairement à Dol-de-Bretagne et à La Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine). Finalement, elle se retrouva affectée à Langon (Gironde) à partir de juillet 1942.
Le couple reprit alors contact avec les milieux anarchistes girondins.

C’est dans ce contexte familial que Marc Prevotel poursuivit ses études. Il obtint son baccalauréat scientifique. Entre octobre 1950 et juillet 1954, il effectua sa préparation aux écoles d’ingénieurs. Il fut reçu en juillet 1954 à l’Institut du génie chimique.

Déjà en octobre 1952, alors âgé de 19 ans, il adhéra au groupe anarchiste Sébastien Faure à Bordeaux. Après son exclusion du lycée Michel Montaigne de Bordeaux, il fréquenta un lycée toulousain.

Dès son entrée à l’école d’ingénieurs, il continua à militer au sein du groupe de Toulouse de la Fédération anarchiste (FA) au sein duquel il fut secrétaire pendant deux années.

En juillet 1957, Marc Prevotel obtint le diplôme d’ingénieur en génie chimique. Afin d’échapper à un appel immédiat sous les drapeaux, il s’inscrivit à un certificat de licence, obtenant ainsi une prolongation de son sursis pour une année. Grâce aux bonnes relations nouées par son père - qui décéda d’une crise cardiaque en février 1958 - avec Camille Mourgues, secrétaire général de la Fédération syndicaliste FO des PTT, il put effectuer, à partir du mois suivant, un voyage d’étude de sept mois aux Etats-Unis.

A son retour et après un entretien avec Albert Camus*, Marc Prevotel répondit finalement à un ordre d’incorporation. De Montluçon (Allier) à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), en passant par Fontainebleau, Bourges (Cher), l’Algérie et l’Allemagne, il termina son service militaire au grade de sous-lieutenant.

Grâce aux liens que son père, franc-maçon, tissa avec le Grand Orient, Marc Prevotel put entrer au Commissariat à l’énergie atomique à Fontenay-aux-Roses à la mi-juin 1961. Quelques semaines plus tard, il adhéra à FO.

En septembre de la même année, il fut coopté au comité de lecture du Monde libertaire. L’année suivante, lors d’un congrès tenu à Mâcon, il devint secrétaire aux frelations internationales de la FA.

Etant titularisé au CEA en juillet 1962, il s’engagea pleinement dans l’action syndicale et le combat politique. Quelques semaines plus tard, il fut élu à la commission des conflits du syndicat national FO de l’Energie nucléaire (SNEN). A FO, le secteur de l’énergie atomique est rattaché à la Fédération des Industries chimiques et du Verre. Celle-ci fut alors dirigée par Maurice Labi.

Afin de contourner les difficultés faites par les autorités gouvernementales françaises à la parution de certains journaux des milieux espagnols en exil, des citoyens français furent nommés à la tête de certains titres. C’est ainsi que Marc Prevotel assuma la direction légale du journal de la FUL (Fédération ibérique des jeunesses libertaires).

En 1963 ou en 1964, il fut élu à la commission exécutive de l’Union syndicale FO de la région parisienne ainsi qu’à la commission exécutive nationale du SNEN-FO. Lors du congrès de 1966, à la suite d’une intervention à la tribune, Marc Prevotel ne fut pas réélu à la CE de l’Union syndicale parisienne.

En 1966, il devint membre du bureau national du SNEN-FO et deux années plus tard, il fut le directeur du journal de ce syndicat.

Lors du congrès de la FA en 1967 à Bordeaux, une scission intervint au sein de cette organisation. A partir de ce moment et pendant une longue période, Marc Prevotel se borna à payer sa cotisation.

Courant 1968, il fut muté au CEA de La Hague (Manche). En septembre de la même année, lors d’une réunion, tenue à Clisson (Loire-Atlantique), de l’Union anarcho-syndicaliste (UAS), datant de 1962, Marc Prévôtel reprit, en compagnie de Joachim Salamero et Serge Mahé, contact avec Alexandre Hébert*.

En mars 1969, il prit part, pour la première fois, à un congrès confédéral FO. Il vota contre le rapport d’activité présenté par le bureau confédéral sortant. A la fin de la même année, il fut à l’origine d’une grève générale dans son établissement. Après un conflit de trois semaines, un accord fut conclu.

Fin 1971, opposé à la politique menée par Maurice Labi et au rapprochement avec la CFDT, le SNEN-FO fut exclu de la Fédération FO des Industries chimiques et du Verre.

Marc Prevotel figura, en février 1972, parmi les fondateurs de la nouvelle fédération FO dans le secteur de la chimie. Il fut élu en février 1972 et en novembre 1973 au comité national de la Fédéchimie FO.

En août 1973, il fut muté au CEA à Grenoble et il revint s’installer, en juillet 1974, en région parisienne. Il reprit alors ses activités au sein de l’UAS (Union anarcho-syndicaliste) avec Alexandre Hébert, Joachim Salamero...

En janvier 1981, un Comité pour "l’Appel aux laïques" fut fondé. Marc Prevotel en fut son secrétaire pendant un certain temps. Parmi ses membres figura Marc Blondel*.

Il milita à nouveau au sein de la FA. Au plan professionnel, il prit sa retraite en 1994. Mais la maladie l’obligea à abandonner son militantisme tant syndical que politique.

Il décéda le 20 février 2010 à l’Hôpital Haut-Lévêque à Pessac.

Il se maria et divorça à plusieurs reprises, 1958, 1963, 1993.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article144957, notice PREVOTEL Marc par Yann Perrotte, version mise en ligne le 14 février 2013, dernière modification le 5 septembre 2013.

Par Yann Perrotte

Œuvre : Cléricalisme moderne et mouvement ouvrier, préface de Joachim Salamero, Co-édition avec la Fédération nationale de la Libre pensée, juin 2008.

SOURCES : Notice autobiographique rédigée par Marc Prévôtel en mars-avril 1994, révisée en août 2003. — Compte rendu du congrès confédéral FO de 1969. — FO Hebdo, 9 février 1972. — Arch. de la Fédéchimie FO. — L’Anarcho-syndicaliste, mars 2010. — Notes de Louis Botella. — Etat civil.

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