MILON François, Marie

Par Alain Prigent

Né 15 septembre 1887 à Ploézal (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), mort le 23 octobre 1975 à Lannion (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ; militaire puis employé ; militant communiste, déporté.

François Milon était le fils de Maudez Milon, laboureur, et de Marie-Jeanne Le Puech, filandière. Né dans une famille pauvre de six enfants, il lui fallut se mettre au travail très tôt dans les fermes sans passer beaucoup de temps à l’école. Dès l’âge de 15 ans, il s’engagea à Paimpol pour la grande pêche à Terre-Neuve. Ayant du mal à supporter les dures conditions de travail, il tenta avec deux de ses camarades de s’évader sur un petit canot. Ils crurent réussir lorsqu’ils essayèrent d’aborder un voilier américain dont l’équipage les déborda à coups de gaffes : ils furent repris. De retour en Bretagne, il attendit l’âge requis pour s’engager à Brest au 2e régiment d’infanterie coloniale le 15 septembre 1906.

Il suivit alors une carrière militaire de 15 années qui le conduisit successivement en Chine (1908-1912), en Indochine (1912-1915). Il fit partie pendant la première guerre mondiale de l’armée d’Orient (1916-1918). Après l’armistice il fut affecté en Afrique occidentale française jusqu’en 1921. Il se maria avec Anne-Marie Prigent le 27 février 1917 à Paris (7e). Ils eurent deux enfants. Revenu à la vie civile, il tenta de s’installer comme éleveur de poulets à Saint-Clet, dans le canton de Pontrieux (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor). Mais la maladie dévasta le poulailler et il dut quitter les Côtes-des-Nord pour la région parisienne. Il fut embauché à la société de transport en commun de la région parisienne, habitant Saint-Denis. C’est là qu’il adhéra au PC.

Revenu en Bretagne en juillet 1934, il s’installa avec sa famille à Ploulec’h près de Lannion. Militant communiste, il fut candidat au conseil d’arrondissement de Lannion en 1937 avec Gustave Marzin, son gendre, obtenant 215 voix soit 7,3 % des suffrages exprimés.

Inscrit au carnet B, il fut arrêté le 23 mai 1941 pour avoir distribué des tracts à Plouaret et à Pleumeur-Bodou. Condamné à 18 mois de prison, il fut interné à Poissy puis déporté à Sachsenhausen et à Buchenwald. Il participa à la brigade de libération du camp le 11 avril 1945. Il continua de militer au PCF et au sein de la FNDIRP jusqu’à la fin de sa vie participant aux rassemblements annuels départementaux des rescapés des camps.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article144935, notice MILON François, Marie par Alain Prigent, version mise en ligne le 11 février 2013, dernière modification le 12 février 2013.

Par Alain Prigent

SOURCES : Arch. Dép. Côtes d’Armor 1M362 et 2W133. —Christian Bougeard, Le choc de la deuxième guerre mondiale dans les Côtes-du-Nord, thèse de doctorat d’Etat, Rennes II, 1986. — Marie Pierre et Pierre Klein, Les déportés des Côtes-du-Nord, livre mémorial, 2007. — Louis Pichouron, Mémoire d’un partisan Breton, Presses universitaires de Bretagne, 1969. — Alain Prigent, Histoire des communistes des Côtes-du-Nord (1920-1945), Saint-Brieuc, 2000. —Alain Prigent, La SPAC contre le PCF clandestin, Les Cahiers de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord, N° 6/7, 1998. —Témoignages de son fils en 1994 et de son gendre Gustave Marzin en 1983.

ICONOGRAPHIE : Photo remise par son fils.

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