RUBIN Israël

Par Daniel Grason

Né le 29 octobre 1901 à Dvinsk, Daugavpils en 1920 en langue lettone (Russie, Lettonie, URSS, Lettonie), fusillé comme otage le 21 février 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; tailleur d’habits.

Fils de Samuel et de Fanny, née Reidelsohn, Israël Rubin arriva en France en 1923, sans passeport, et fit l’objet d’un refus de séjour qui lui fut signifié le 10 novembre 1927. Il alla quelques semaines vivre en Suisse. Il revint au début de l’année 1928, fit l’objet d’une mesure d’expulsion le 11 février, mais il réussit à obtenir plusieurs sursis trimestriels et bénéficia par la suite de sursis annuels. En 1937, Israël Rubin chercha, sans succès, du travail à Lyon (Rhône) et à Genève (Suisse). Ses deux frères, Siméon et Hirsch, vivaient à Paris : le premier obtint sa naturalisation le 18 juin 1935 ; le second, réfugié russe, effectua son service militaire au 4e Régiment d’infanterie à Auxerre (Yonne).
Israël Rubin vivait 16 rue de la Corderie à Paris, dans le IIIe arrondissement, avec Maïla Krawezyk, née en 1909 à Jarrow (Pologne). Le 23 janvier 1935 naquit Rose, de nationalité française par déclaration d’option. La préfecture de police délivra à Israël Rubin un récépissé de carte d’identité le 22 janvier 1937, portant mention de sa profession de tailleur d’habits. Il travailla chez son père Siméon, petit patron d’un atelier de couture, puis à la maison Leig, dans le Xe arrondissement de Paris. Sa compagne était petite main chez Pitkovsky, dont l’atelier se trouvait dans l’immeuble où elle habitait.
Le 19 août 1941, des policiers se présentèrent au domicile d’Israël Rubin. La perquisition se révéla négative, mais ils l’arrêtèrent tout de même et le firent interner à la caserne des Tourelles, à Paris (XXe arr.). Il fut transféré le 22 août au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) réservé aux Juifs. Louis Sadosky, responsable du « rayon Juif » au sein de la Section spéciale de recherches (SSR), grand falsificateur, écrivit un rapport mensonger : « Cet étranger est connu de nos services comme suspect au point de vue politique, acquis aux théories communistes et susceptible de se livrer à une propagande clandestine en faveur de la IIIe Internationale. Dangereux pour l’ordre public. »
Désigné comme otage en représailles à l’attentat de Rouen du 4 février 1942 contre des militaires allemands, il fut passé par les armes à 11 h 38 le 21 février 1942, au Mont-Valérien, puis inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article144892, notice RUBIN Israël par Daniel Grason, version mise en ligne le 10 février 2013, dernière modification le 28 février 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo, BA 2439, KB 95, 77W 18. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

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