GOLDFARB Igor

Par Daniel Grason

Né le 22 juin 1918 à Odessa (Russie, Union soviétique, Russie), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; commerçant en chapellerie et mode.

Fils d’Alexandre et de Bronislava, née Sapers-Wurgof, Igor Goldfarb, Roumain, arriva en France avec sa grand-mère Dora Wurgof. Il vécut chez elle jusqu’en 1928 à Paris dans le XIVe arrondissement. Il demeura ensuite 6 rue du Débarcadère (XVIIe arr.) avec son père. Il fut naturalisé français le 5 septembre 1936. Il s’engagea volontairement pour trois ans à titre résiliable le 3 octobre 1936 à l’Intendance militaire de Paris, et le 1er novembre il était incorporé au 107e régiment d’aviation à Villacoublay (Seine-et-Oise, Yvelines). Son père mourut en 1938, il obtint la résiliation de son contrat, et fut libéré le 30 avril 1939 avec le grade de caporal.
Il habita 95 avenue Victor-Hugo (XVIe arr.), s’établit comme commerçant en chapellerie mode, ouvrit une boutique tout près de chez lui au 4 rue du Mesnil, avec Tauba Rabinovici, née en 1906, de nationalité roumaine. Rappelé le 27 août 1939, incorporé au grand quartier général de l’aviation comme estafette, il servit au 317e bataillon de l’air, et sa démobilisation eut lieu à Agen (Lot-et-Garonne) le 30 juillet 1940.
Le gouvernement de Vichy promulgua le 16 juillet 1940 la loi de dénaturalisation de tous les citoyens naturalisés depuis 1927. Neuf cent mille personnes étaient concernées. Igor Goldfarb étant directement touché, il tenta de franchir la ligne de démarcation le 17 janvier 1941, et fut arrêté par les Allemands. Incarcéré à Angoulême (Charente), il fut transféré à la prison de la Santé à Paris, puis à la prison du Cherche-Midi.
Il écrivit le 14 décembre à Tauba Rabinovici qu’il allait être fusillé. Désigné comme otage, il fut passé par les armes le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien. Une lettre des autorités allemandes parvint quelques jours plus tard à Tauba Rabinovici, elle était invitée à retirer les effets d’Igor Goldfarb à la prison du Cherche-Midi. Elle fut arrêtée, déportée le 25 septembre 1942 dans le convoi no 37 à destination d’Auschwitz (Pologne), elle y mourut.
Les Renseignements généraux écrivirent dans un rapport du 8 novembre 1945 : « Goldfarb n’avait fait l’objet d’aucune remarque au point de vue politique [...] et les bons renseignements recueillis sur son compte tant au privé qu’au point de vue national lui avaient valu d’obtenir la naturalisation française. » La police resta silencieuse sur les lois de Vichy. Le lieu d’inhumation d’Igor Goldfarb resta inconnu.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article144833, notice GOLDFARB Igor par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 février 2013, dernière modification le 27 février 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : PPo, 77W 532. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Dominique Rémy, Les lois de Vichy, Romillat, 1992. – Bernard Laguerre, « La dénaturalisation de Vichy (1940-1944) », Vingtième siècle, no 20, oct.-déc. 1988. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

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