LOPEZ-MORA Alexis, dit Alex

Par Michel Dreyfus

Né le 27 juillet 1918 à Bissauri (Val d’Aran, Espagne), mort le 26 mai 2006 ; dessinateur puis ingénieur EDF ; syndicaliste CGT, vice-président du syndicat national de l’Équipement, président de la CMCAS de Saint-Étienne (Loire), administrateur de la CCAS.

Le père d’Alex Lopez-Mora, Alexis Lopez Tisner, né en 1889, fut docker au port de Bordeaux (1914-1917) puis mineur dans le percement du tunnel franco-espagnol de Canfranc (Somport). Réfugié espagnol en France, revenu en Espagne en 1918 puis réfugié à Carmaux (Tarn) de 1920 à 1922 et travaillant aux mines de Champagnac dans le Cantal de 1922 à 1927, il était « à la fois anarchiste, communiste activé par la fin de la Première Guerre mondiale (...) et attiré surtout et irrésistiblement par la (...) Révolution russe ». Il décida de rentrer en Espagne après l’exécution de Sacco et Vanzetti en 1927 puis revint en 1930 à Champagnac. Il aida des volontaires durant la guerre d’Espagne et mourut le 6 janvier 1940 en allant porter secours à l’un de ses camarades dans un éboulement de la mine. Sa mère, sans profession, garda de 1940 à 1943 un enfant de réfugié espagnol et cacha un enfant juif de 1943 à 1945. Sa soeur Joséphine devait être volontaire infirmière à l’hôpital Debbrousse à Paris et son frère Henri fut résistant, médaillé de la Résistance pour son activité dans le Corps-francs des truands (sic) du maquis Auvergne-Limousin.

Après avoir suivi les cours du collège San Pedro Clavel à Barcelone en 1929-1930 jusqu’à douze ans, Alex Lopez-Mora entra à l’École nationale professionnelle de Bort-les-Orgues (Corrèze) puis se prépara à l’École des Arts et Métiers et à l’École de maintenance de la Flotte à Toulon (Var) dont il dut démissionner le 13 janvier 1935 pour raison de maladie et indisciplines répétées. Il s’inscrivit alors à l’École spéciale de travaux publics par correspondance et suivit également les cours par correspondance de conducteurs électriques de travaux publics. Cet enseignement fut pris en compte par le Syndicat des producteurs d’électricité qui allait devenir, après la nationalisation des industries électrique et gazière, la Promotion ouvrière. Alex Lopez-Mora fut alors embauché à l’entreprise l’Énergie industrielle à Bort-les-Orgues le 11 mai 1935 où il fut agent technique dessinateur piqueteur. De 1935 à 1938, il avait été adhérent de la Fédération CGT de la Métallurgie. Depuis 1936, il était adhérent du Parti communiste et, hormis sa période d’incarcération durant la guerre, il ne cessa d’y appartenir.

Le 15 octobre 1938, Alex Lopez-Mora fut incorporé au 92e Régiment d’infanterie de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) pour effectuer son service militaire et, le 15 mai 1939, il s’inscrivit à l’École centrale de Radio-Télégraphie militaire. La guerre le trouva dans ce régiment et le 3 septembre 1939, il entra dans la Sarre et y resta jusqu’au 19 octobre 1939, date à laquelle le 82e RI fut refoulé. Le 29 mai 1940, A. Lopez fut fait prisonnier de guerre à Dunkerque, emmené en Allemagne où il fut prisonnier durant toute la guerre, libéré par la 8e armée anglaise les 13-14 mai 1945 et démobilisé à Mulhouse le 29 mai. Il se maria en janvier 1947 avec Lydie Van der Eyken, sans profession, et ils eurent deux enfants.

À partir de 1946, Alex Lopez-Mora fut adjoint à l’ingénieur en chef d’exploitation à l’EDF-GDF. Il suivit alors les cours de Promotion ouvrière de 1947 à 1948, fut dessinateur projecteur, sous-ingénieur à partir de 1952, chef de section du bureau d’études à Saint-Étienne de juillet 1953 à novembre 1957 puis ingénieur d’études et enfin ingénieur principal de janvier 1966 à septembre 1968. De 1945 à 1948, il avait été membre du syndicat de centre de distribution de Tulle (Corrèze), puis muté au barrage du Chastang près d’Argentat. Il poursuivit son militantisme et, de 1954 à 1960, il fut président de la Caisse mutuelle complémentaire d’action sociale (CMCAS) de Saint-Étienne. Il participa au congrès constitutif du syndicat national de l’équipement (Sainte-Tulle, 22-23 mars 1958), fut élu à son bureau et devint vice-président. Il travailla ensuite à la Région d’équipement hydraulique du Massif central à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

Administrateur suppléant de la CCAS à partir de 1967, Alex Lopez-Mora fut muté à la Caisse centrale d’activités sociales (CCAS) à Paris comme chef du Service de l’Équipement et fut directeur adjoint de la CCAS à Paris d’octobre 1971 au 30 avril 1976. De mai 1976 à avril 1981, il fut ingénieur conseil auprès de la CGT pour l’étude et la réalisation de la Bourse du travail de Montreuil ainsi qu’auprès du comité d’entreprise Péchiney-Ugine-Kuhlmann pour son village de vacances. Enfin, de 1981 à 1983, il fut président de Manufrance International et président du Club des collectivités (Conseil et vente de matériel de bureau auprès des entreprises).

Alex Lopez-Mora fut fait chevalier de la Légion d’honneur le 26 avril 2000 et reçut la décoration des mains de Pierre Delplanque*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article144742, notice LOPEZ-MORA Alexis, dit Alex par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 6 février 2013, dernière modification le 15 octobre 2013.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : René Gaudy, Les porteurs d’énergie, Paris, Temps actuels, 1982. — Biographie fournie par l’intéressé. — Notes de Viviane Delplanque.

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