SÉVERIN Lucien, Emmanuel

Par Daniel Grason

Né le 21 avril 1911 à Paris (XIIIe arr.), mort le 27 juin 1974 à Paris (XXe arr.) ; garçon de salle, ouvrier fourreur ; communiste ; résistant déporté.

Fils d’Emmanuel et de Jeanne, née Ravier, tous les deux fourreurs, Lucien Séverin obtint à l’issue de l’école primaire obtint son CEP. De la classe 1931 devança l’appel d’une année, il travailla à l’hôpital Tenon puis exerça la même profession que ses parents fourreurs. Il épousa Camille Bignet le 7 février 1942 à la mairie du XIe arrondissement, le couple vivait 35 rue des Trois Bornes à Paris XIe (arr.).
Avant la guerre, il n’était pas adhérent au parti communiste. En janvier 1942 son frère Georges lui demanda de le seconder dans la diffusion des tracts de l’organisation clandestine communiste, il accepta. En compagnie de son frère et d’Henri Messager, ils formèrent un triangle de diffusion de la propagande. Il fit la connaissance de celui-ci en 1937 quand il travaillait comme garçon de salle à l’hôpital Tenon.
Le 27 août 1912 vers 17 heures 15, cinq policiers en civil repéraient trois hommes, ils interpellaient Lucien Séverin à l’angle des rues Saint-Charles et Balard dans le XVe arrondissement à proximité des usines Citroën. Fouillé, il portait sur lui un pistolet automatique 6,35 m/m garni d’un chargeur contenant six cartouches et un morceau de papier journal sur lequel était écrit : « Rue Varet – rue de Lourmel ». Lors de la perquisition de son domicile les policiers saisirent dissimulées dans la cuisinière deux brochures : « Renseignements et liaisons » et Le Vol de l’Aigle – Mémoires de Napoléon de cent vingt pages qui dissimulait Les Cahiers du Bolchevisme 1er et 2e trimestre 1942. Le papier indiquait le lieu du rendez-vous avec son frère Georges à 17 heures, où ce dernier lui présenta un homme et partit. L’homme en question lui remit le pistolet automatique avec chargeur et lui demanda de se rendre au coin des rues Saint-Charles et Balard, là où ils furent tous les trois arrêtés. La prise de parole et la distribution de tracts n’eurent pas lieu.
Tous les trois étaient emmenés à la préfecture de police, Lucien Séverin fut interrogé par des hommes des Brigades spéciales. Confronté avec son frère Georges, il déclara ignorer que celui-ci détenait des armes dans son jardin. Quant à sa présence armée d’un pistolet aux abords des usines Citroën, c’était pour assurer la protection des distributeurs de tracts et de l’orateur, mais il révéla que lui-même son frère et Henri Messager voulaient se débarrasser de leurs armes au moment où ils étaient interpellés. Les trois hommes furent livrés aux Autorités allemandes où ils subirent de nouveaux interrogatoires.
Le 24 janvier 1943, il partit de Compiègne (Oise) dans un convoi de mille quatre cent soixante-six hommes à destination de Sachsenhausen (Allemagne). Après le transport du 6 juillet 1942, composé principalement d’otages communistes, c’était le second, formé de déportés arrêtés par mesure de répression.
Matricule 58047 Lucien Séverin était parmi les prisonniers libérés par les troupes américaines le 4 mai 1945. Il a été homologué au titre des Forces françaises de l’intérieur (FFI), et Déporté interné résistant (DIR).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article144512, notice SÉVERIN Lucien, Emmanuel par Daniel Grason, version mise en ligne le 28 janvier 2013, dernière modification le 17 septembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. Carton 13 rapports des Renseignements généraux sur l’activité communiste ; Carton 21 tracts, 77W 418, GB 107. – Bureau Résistance GR 16 P 546919.
Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil, XIIIe (arr.).

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