DEBORDE Samuel, Eugène, Henri

Par Daniel Grason

Né le 6 juillet 1903 à Saint-Pierre-du-Chemin (Vendée), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; cheminot ; résistant du réseau Résistance-Fer.

  Samuel Deborde
Samuel Deborde
Rail et Mémoire

Fils de Eugène, cultivateur, et de Octavie, née Gobin, cultivatrice, Samuel Deborde se maria à Pioussay (Deux-Sèvres) le 26 octobre 1925 avec Prudence Bourcier. Le couple eut un enfant, et habitait 16 rue de Villars à Athis-Mons (Seine-et-Oise, Essonne). Aiguilleur, il travaillait à la SNCF depuis le 25 mai 1926, et était sympathisant communiste de 1936 à l’attaque de la Finlande par l’Union soviétique le 30 novembre 1939.
Samuel Deborde était agent rémunéré du réseau Résistance-Fer. En mars 1942 un responsable communiste de Juvisy le contacta, le présenta à Jean Hemmen. Gabriel Jaillard, un collègue de travail, participa lui aussi à des réunions.
Une action fut organisée pour saboter la voie ferrée entre Ablon et Juvisy à l’heure où devait passer un train de permissionnaires allemands. Samuel Deborde épaula Gabriel Jaillard lors des préparatifs. Le 23 avril 1942 l’engin fut déposé, mais il n’explosa pas. Le matériel utilisé fut dissimulé au lieu-dit Pont-des-Soupirs sur la ligne Juvisy-Villeneuve.
Le 23 juillet 1942 Samuel Deborde fut arrêté par des inspecteurs de la BS2, interrogé, livré aux Allemands le jour même, et incarcéré à la prison de la Santé. Sa femme, sans ressource, écrivit au préfet de Seine-et-Oise pour obtenir le bénéfice d’une allocation journalière accordée aux internés.
Il fut passé par les armes le 11 août 1942 au Mont-Valérien en représailles aux attentats commis contre des membres de l’armée allemandes. Son corps fut incinéré au Père-Lachaise et ses cendres inhumées dans l’urne no 61 au cimetière de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis).
Après la Libération, devant la commission d’épuration de la police, un inspecteur de la BS2 prétendit que ces arrestations résultaient de la découverte chez Charles Schmidt d’une liste de noms, or aucune liste ne fut saisie. Une dénonciation par un employé de la SNCF serait, selon un rapport de la cour de justice du 30 juin 1945, à l’origine des arrestations de Gabriel Jaillard et Samuel Deborde.
Son nom fut gravé sur le monument aux morts d’Athis-Mons.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article143649, notice DEBORDE Samuel, Eugène, Henri par Daniel Grason, version mise en ligne le 17 décembre 2012, dernière modification le 5 juillet 2019.

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  Samuel Deborde
Samuel Deborde
Rail et Mémoire

SOURCES : Arch. PPo. KB 18, 77W 403-168399. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC cote VII-7. – État civil, Saint-Pierre-du-Chemin.

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