SIMO Pavel

Par Daniel Grason

Né le 19 avril 1923 à Chrasteckrc (Tchécoslovaquie), fusillé le 22 mai 1943 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; tourneur sur métaux ; militant communiste ; résistant FTP-MOI.

Pavel Simo.
Pavel Simo.

Fils de Simon et de Joséphine, née Pagac, Pavel Simo était domicilié chez ses parents, 49 rue de Bois-Colombes (aujourd’hui rue Louis-Calmel) à Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine). Il était avant la guerre membre de la section de Clichy des Jeunesses communistes.
Le 29 mars 1943, il accompagna Thomas Elek à l’hôtel-restaurant Au Soleil d’Or, 146 avenue d’Argenteuil à Asnières, occupé par des militaires allemands. Thomas Elek lança vers 13 h 30 un engin constitué de dynamite et de mitraille à l’intérieur du restaurant, blessant légèrement cinq officiers, cassant meubles et vaisselle et toutes les vitres de l’établissement. Pavel Simo, armé d’un pistolet Savage de calibre 7,65 mm, assurait la protection.
Deux policiers, dont un à bicyclette qui n’était pas en service, se lancèrent à leur poursuite, ainsi qu’un civil, chauffeur chez Chausson qui circulait au volant d’une automobile de la société. Celui-ci tenta de les serrer contre le trottoir, Pavel Simo sortit son pistolet automatique, le poursuivant n’insista pas.
Thomas Elek et Pavel Simo se séparèrent pour échapper aux policiers. Thomas Elek se dirigea vers l’ancien cimetière, y pénétra, escalada le mur d’enceinte, et s’enfuit par la rue des Bas, qui séparait les communes d’Asnières et de Gennevilliers.
Pavel Simo, après une course de six cents mètres, fut rejoint à l’angle des rues Flammarion et de la Comète par les deux policiers et un civil à bicyclette, mécanicien de son état. Son pistolet automatique avait une balle dans le canon et dix cartouches dans le chargeur. Emmené au commissariat d’Asnières, il déclina successivement trois fausses identités : « Paul Jacquemont » (il était en possession d’une fausse carte d’identité à ce nom), puis « Paul Mairrand » et enfin « Paul Simon », avant de reconnaître qu’il s’appelait Pavel Simo. Une perquisition du logement de ses parents se révéla infructueuse.
Le lendemain, 30 mars, il fut mis à la disposition de la Brigade spéciale no 2 (BS2) qui continua l’enquête en accord avec la police allemande. Questionné sur son complice, Pavel Simo déclara qu’il ne le connaissait que sous le nom de Michel et qu’il devait rendre l’arme après l’attentat. Il donna quatre rendez-vous à la police, tous se révélèrent infructueux. Le 2 avril, le service de l’identité judiciaire indiqua que le pistolet saisi sur Pavel Simo ne présentait aucune analogie avec les armes utilisées dans des attentats antérieurs.
Les inspecteurs conclurent leur enquête ainsi : « En définitive, il semble que Simo recruté de fraîche date ne soit guère au courant de la marche et des procédés habituels des groupes et exécutants de l’organisation spéciale de l’ex-Parti communiste. » Quant au chauffeur de chez Chausson qui prêta main-forte aux policiers, il demanda et obtint la libération d’un ami prisonnier au Stalag II B en Poméranie (Pologne) pour service rendu.
Pavel Simo fut remis aux Allemands, incarcéré à la prison de Fresnes. Jugé par le tribunal du Gross Paris Section B de la Seine du commandement militaire pour la France (MBF), il a été condamné à mort. L’aumônier Franz stock, le confessa et lui donna la communion avant qu’il ne fut passé par les armes le 22 mai 1943 à 16 heures 05 au stand de tir du Ministère de l’Air, à Paris (XVe arr).
Le 14 janvier 1945, une cérémonie fut organisée par la municipalité de Gennevilliers pour l’inhumation dans le cimetière de la ville des huit fusillés de Gennevilliers : Jean Grandel, Henri Aguado, Louis Calmel, Henri Le Gall, Joseph Le Clainche, Georges Thoretton, Jules Larose, et Paul Simo. Le matin, Charles Tillon, ministre de l’Air, vint s’incliner devant les dépouilles des défunts. L’après-midi, six mille personnes suivirent le cortège, de la salle des Fêtes des Grésillons jusqu’au cimetière, en présence notamment d’Arthur Airaud, inspecteur général des services, représentant le préfet de police. Des hommages furent rendus par Waldeck L’Huillier, maire de la ville, Henri Gourdeaux, secrétaire de la Fédération postale CGT, et Eugène Hénaff pour le Parti communiste.
André Simo, le père de Pavel Simo, ajusteur, porta plainte le 19 juin 1945 contre les policiers français, dont l’initiative avait permis l’arrestation de son fils. Par décision du ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre, en date du 14 mai 1970, la mention « Mort pour la France » fut décernée à Pavel Simo. Il est le seul Gennevillois fusillé dont aucune rue ne porte le nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article143113, notice SIMO Pavel par Daniel Grason, version mise en ligne le 18 novembre 2012, dernière modification le 23 septembre 2019.

Par Daniel Grason

Pavel Simo.
Pavel Simo.
Pavel Simo (Arch. PPo.)
Pavel Simo (Arch. PPo.)

SOURCES : Arch. PPo., BA 1748, BA 1801, BA 2102, BA 2116, BA 2117, CB 81.27, PCF carton 14 rapports sur l’activité communiste, KB 10, KB 34. – DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII 4, Liste S 1744-134/43 (Notes Thomas Pouty). – Arch. mun. Gennevilliers. – Gaston Laroche, colonel FTPF Boris Matline, On les nommait des étrangers, EFR, 1965. – Boris Holban, Testament. Après quarante-cinq ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle..., Calman-Lévy, 1989. – Franz Stock, Journal de guerre. Écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien, Éd. du Cerf, 2017, p. 159.

PHOTOGRAPHIES : AM Gennevilliers, Arch. PPo. GB 188

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