GOUILLOU Louis, Lucien

Par Gérard Boëldieu

Né le 1er avril 1924 à Louvroil (Nord), mort le 26 novembre 1991 à Argenteuil (Val-d’Oise) ; instituteur dans la Sarthe puis inspecteur primaire ; militant syndicaliste ; militant communiste, adjoint au maire de Saint-Georges-du Bois.

Fils d’un manœuvre, Louis Gouillou exerça ses fonctions d’instituteur puis de directeur d’école primaire dans la Sarthe successivement à Pontlieue (quartier du Mans) pendant un an, à Fyé de 1946 à 1949, de nouveau à Pontlieue pendant un an, enfin à Saint-Georges-du-Bois de 1950 à 1963 où il fut un temps secrétaire de mairie, avant de devenir professeur de collège d’enseignement général au Mans en 1963-64 à l’école de la rue Paul-Courboulay. Il se maria en juillet 1946 à Courteilles (Eure), avec une institutrice née Paulette Ruel, devenue directrice de cours d’enseignement ménager à Saint-Georges-du-Bois. Le couple adopta deux enfants.

Dans la section sarthoise du SNI, Louis Gouillou était le porte-parole de la minorité cégétiste. Au congrès du SNI des 22-24 mars 1948, il intervint sur les questions corporatives et critiqua ceux qui, dans son département, refusaient de s’associer au mouvement de solidarité avec les grévistes de Paris. De 1949 à 1953 il fut secrétaire de la section sarthoise de la FEN-CGT. À son entrée au conseil de la section sarthoise du SNI, où il siégea de novembre 1951 à 1957 (non réélu ensuite), il s’éleva contre l’élection de Dernelle* au poste de secrétaire général à cause de « l’hostilité » de ce dernier à « une collaboration étroite avec la CGT », puis il dénonça la constitution d’un bureau de tendance « autonome » homogène. Le 13 décembre 1952 il fit vainement pression sur la direction de la section afin qu’elle accorde sa caution à l’assemblée du « Congrès des Peuples et de la Paix » réunie à Vienne du 12 au 19 décembre. Devenu membre du bureau de la section, il le quitta en octobre 1955 « pour raison de santé » tout en assurant de continuer à faire « son possible pour l’union des laïques, des travailleurs, des forces de progrès » aux côtés de ses camarades ex-cégétistes. Lors de l’assemblée générale du 11 octobre 1956 il déclara son hostilité à l’impôt supplémentaire sur les automobilistes » et protesta contre les poursuites à l’encontre de deux instituteurs opposés à la guerre d’Algérie.

Élu en 1953 conseiller municipal de Saint-Georges-du Bois, commune politiquement modérée où son engagement au Parti communiste français était connu, Louis Gouillou, très apprécié par la population, le resta, devenant même adjoint au maire au début des années 1960, jusqu’à sa démission consécutive à sa mutation au Mans en 1963-64. Assidu aux séances du conseil, il en fut le secrétaire pour une bonne moitié d’entre elles. Aux élections cantonales d’avril 1955 la fédération de la Sarthe du PCF le présenta dans le deuxième canton du Mans (celui de Saint-Georges-du-Bois) où, au second tour, Jacques Maury (MRP) l’emporta sur François Dornic (SFIO).

Gouillou contribua activement à l’implantation du Groupe français d’éducation nouvelle (GFEN) dans la Sarthe. Devenu inspecteur primaire, il quitta ce département pour la région parisienne en 1964-1965.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article142966, notice GOUILLOU Louis, Lucien par Gérard Boëldieu, version mise en ligne le 12 novembre 2012, dernière modification le 14 janvier 2019.

Par Gérard Boëldieu

SOURCES : Bulletin de l’enseignement primaire de la Sarthe. — L’Instituteur syndicaliste, bulletin de la section sarthoise du SNI. — L’Enseignant sarthois, supplément gratuit à « L’Action Syndicaliste Universitaire », organe mensuel de la FEN-CGT. — Presse locale. — Délibérations du conseil municipal de Saint-Georges-du-Bois (Sarthe) de 1953 à 1964. — Témoignages de Michel Bazin (communiste, ancien enseignant au Mans), de Madame Rouby, ancienne institutrice (sur le GFEN), de Mme Ruillé et de M. Loiseau (de Saint-Georges-du-Bois). — Notes de Jacques Girault.

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