DÉJARDIN Pierre, Gabriel

Par Daniel Grason

Né le 6 mai 1912 à Paris (XIVe arr.), fusillé comme otage le 30 avril 1942 à Biard près de Poitiers (Vienne) ; menuisier en carrosserie ; militant communiste.

Fils de Gabriel, militaire, et de Lucie, née Henriet, confectionneuse mécanicienne, Pierre Déjardin fut orphelin deux ans plus tard. Son père soldat au 106e Régiment d’infanterie fut tué le 6 septembre 1914 à Sommaisne (Meuse). Par décision du tribunal civil de la Seine du 21 mai 1920, Pierre Déjardin fut adopté par la Nation. Il habita Lunéville (Meurthe-et-Moselle), puis au 41 rue Greffulhe, à Levallois-Perret (Seine, Hauts-de-Seine). Il adhéra au Parti communiste en 1936, il travaillait à la carrosserie Genève à Paris (XIIIe arr.).
Il était qualifié par la police en 1940 comme : « agent actif de la propagande communiste clandestine, distributeur de tracts ». Le contenu des tracts distribués dénonçait les difficultés du ravitaillement, la répression qui sévissait dans les usines, le caractère impérialiste de la guerre. Le Comité populaire des usines Citroën Clichy et Levallois dénonçait la direction qui veut : « instituer à l’intérieur des usines [...] un véritable régime de terreur ! » Le « chef du personnel donnait l’exemple dernièrement en se livrant à des voies de fait sur un père de famille de cinq enfants, après lui avoir signifié son licenciement » (octobre 1940).
Les Brigades spéciales d’intervention des commissariats de Puteaux et de Levallois-Perret procédèrent à plusieurs arrestations début décembre 1940 dans cette ville. Les policiers de Puteaux arrêtèrent Pierre Déjardin, René Kourtz et Pamelard le 9 du mois. Le lendemain, ceux de Levallois-Perret appréhendèrent André Leclair, Fourcriat et Fernand Bréant.
Pierre Déjardin fut incarcéré, jugé, condamné le 28 avril 1941 par la 12e chambre correctionnelle à dix mois de prison pour infraction au décret du 26 septembre 1939 et comme militant très actif de l’ex-Parti communiste. Incarcéré à la centrale de Poissy (Seine-et-Oise, Yvelines), le 20 septembre 1941, il fut interné administrativement au camp de séjour surveillé de Rouillé (Vienne).
Un train de permissionnaires allemands reliait régulièrement Maastricht (Allemagne) à Cherbourg (Manche) en passant par Caen. Le 16 avril 1942 vers trois heures du matin, des résistants communistes le firent dérailler, à la hauteur d’Airan, près de Moult-Argences (Calvados). Vingt-huit marins furent tués, dix-neuf autres blessés. Un nouvel attentat eut lieu au même endroit dans la nuit du 30 avril au 1er mai, dix soldats allemands perdirent la vie, il y eut vingt-deux blessés.
Dès le 21 avril 1942, le commandant en chef des forces d’occupation en France et chef de l’administration militaire Karl Heinrich von Stülpnagel dressa une première liste de trente otages juifs et communistes à fusiller en représailles à l’attentat contre le « SF-Zug 906 » (le train 906).
Plusieurs d’entre eux furent fusillés le 30 avril 1942, au champ de tir de Biard : René François, de Cachan ; Bernard Grinbaum, Isidore Pentier, Maurice Veldzland, de Paris ; Fernand Bréant et Pierre Déjardin, de Levallois-Perret.
Pierre Déjardin fut inhumé dans le cimetière de Quinçay (Vienne).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article142941, notice DÉJARDIN Pierre, Gabriel par Daniel Grason, version mise en ligne le 10 novembre 2012, dernière modification le 26 février 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo, BA 1932, BA 1933, BA 2113, BA 2114, BA 2117, BA 2377, BA 2397, KB 85, PCF carton 12, 77W 55. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Jean Quellien, Résistance et sabotage en Normandie, Condé-sur-Noireau, Éd. Corlet, 1992. – Site Internet Vienne Résistance Internement Déportation (VRID). – État civil. – Site Internet du CDJC XLV-31.

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