CHEVY Roger, Julien, Donatien

Par Daniel Grason

Né le 19 janvier 1921 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), fusillé le 23 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; serrurier à la SNCF ; résistant membre des FTPF.

Roger Chevy était le fils de Julien, manœuvre, et de Donatienne, née Lemesle, ménagère. Après sa scolarité à l’école primaire, il entra en 1933 comme élève serrurier à la SNCF et obtint son certificat d’aptitude professionnelle (CAP). Il demeurait 44 rue Morice à Clichy (Seine, Hauts-de-Seine), et travaillait comme serrurier aux ateliers de la SNCF de Levallois-Perret. Par l’intermédiaire de Pierre Gendry, il y fit la connaissance de Roger Comte, menuisier. Celui-ci était inquiet à la perspective d’être contraint de partir travailler en Allemagne au titre de la relève.
Roger Chevy connaissait Micheline Airaud, une amie d’enfance, ex-militante des Jeunes filles de France avec qui il aurait distribué des tracts en 1940. Andrée Massip, dix-neuf ans, recrutait parmi des jeunes gens qui ne voulaient pas partir en Allemagne pour l’organisation le Front patriotique. Son fiancé, Roger Chevy, habitait chez ses parents, dans l’immeuble mitoyen. Sympathisant communiste, il était sur la réserve. Dans le voisinage, il était apprécié comme un jeune homme sérieux. Il accompagnait sa fiancée à la chevelure rousse flamboyante dans des cafés lors de rendez-vous avec des hommes tels Gabriel Delbonnel et Louis Vion qui voulaient s’engager dans la lutte contre l’occupant.
Roger Comte fut arrêté le 23 mars 1943. Soixante-douze heures plus tard, deux inspecteurs de la BS2 appréhendèrent Roger Chevy à 8 heures du matin à son poste de travail. Les policiers ne trouvèrent aucun tract communiste, aucune arme, ni sur lui ni au domicile de ses parents. Emmené dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, frappé lors des interrogatoires, il fut livré aux allemands. Il fut incarcéré à la prison du Cherche-Midi (VIe arr.) jusqu’au 3 septembre 1943 puis à Fresnes (Seine, Val-de-Marne).
Le 5 octobre 1943, il comparut devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « activité de franc-tireur et activité en faveur de l’ennemi », il fut passé par les armes le 23 octobre 1943 au Mont-Valérien et inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
Le 4 avril 1945, la mère de Roger Chevy témoigna devant la commission d’épuration de la police. Elle porta plainte contre les inspecteurs qui avaient arrêté son fils et « contre les auteurs de sévices subis par son enfant ». Après la Libération, le corps fut restitué à la famille le 5 janvier 1945. La municipalité de Clichy fit graver son nom sur le monument des fusillés et des morts en déportation.
Il fut homologué sous-lieutenant FFI, à titre posthume, et la mention « Mort pour la France » lui fut attribuée.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article142937, notice CHEVY Roger, Julien, Donatien par Daniel Grason, version mise en ligne le 14 novembre 2012, dernière modification le 26 février 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 2116, BA 2117, BA 2299, KB 82, PCF carton 14 rapports hebdomadaires de l’activité communiste, 77W 602. – DAVCC, Caen, Boîte 5 B VIII dossier 4 (Notes Thomas Pouty). – Arch. mun. Clichy. – Site Internet Mémoire des Hommes. – État civil.

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