AALBERG André [dit Jean-Louis Dieudonné, Lucien Navarron]

Par Jean-Pierre Besse, Jean-Marie Guillon. Compléments par Eric Panthou

Né le 5 juin 1913 à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin), mort sous la torture le 15 octobre 1943 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; militaire de carrière ; résistant, membre du réseau Mithridate, compagnon de la Libération.

André Aalberg
André Aalberg
Site de l’ordre de la Libération

Fils de Jacques et de Emma Dickmann, André Aalberg travailla d’abord comme secrétaire dans une usine textile avant de s’engager dans l’infanterie coloniale.
Une de ses soeurs habitait Cannes (Alpes-Maritimes) et la seconde à Jeumont (Nord), mariée à un commissaire de police.
Sergent, il demanda en 1939 à être affecté à la frontière allemande dans les Corps francs. Il reçut deux citations pour ses actions durant cette période. Blessé en juin 1940 sur la ligne Maginot, il reçut une troisième citation. Fait prisonnier, il s’évada au bout de quinze jours et s’installa sans le Sud de la France. Affecté à Fréjus (Var), il partit pour l’Indochine mais en route, à Dakar, il déserta pour rejoindre les Forces françaises libres (FFL). Arrêté à 300 kilomètres de Dakar, emprisonné, il fut ramené en France et condamné en avril 1941 par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand à un an de prison avec sursis.

Il rejoignit alors le réseau Mithridate, grâce à Rogatien Gautier. Mais peut-être connaissait-il déjà le chef du réseau, Marcel Herbinger, directeur des mines du Garrot, à Saint-Raphaël (Var). C’est en tout cas dans cette localité qu’il prit sa résidence avec une couverture de représentant de commerce. Il devint, en mai 1942, le chef adjoint du réseau sous les pseudonymes de Jean-Louis ou de Dieudonné.
Il fit l’objet en 1942 d’une fiche mentionnant un mandat d’arrêt à son encontre prise par le Juge d’instruction de la 13ème Division militaire de Clermont-Ferrand, sous l’inculpation de trahison.
Il fut condamné par contumace par la Section spéciale de Riom le 23 mars 1943 à trois ans de prison pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État, jugement qui fut affiché sur sa maison le 8 avril (et qui fut cassé par la cour d’appel de Riom le 9 novembre 1944). En mai 1943, comme tous les membres du réseau, il rallia les Forces françaises combattantes (FFC). Il était alors son responsable pour la Zone sud. Dénoncé, il fut arrêté à Clermont-Ferrand par deux Fldgendarmes le 10 octobre 1943 au Café du Globe à Clermont-Ferrand alors qu’il était avec son amie Aïtou Messaoud qu’il avait rencontré depuis janvier 1941 à Clermont-Ferrand. Il possédait au moment de son arrestation des faux papier au nom de Lucien Navarron, de Chabreloche, les papiers d’un Milicien. Il tenta de s’évader mais il fut blessé au ventre. Le policier allemand qui avait abattu André Aalberg déclara aux témoins de la scène qu’il s’agissait d’un espion anglais et qu’il était porteur de 45000 francs roulés dans sa ceinture.
Blessé, André Aalbert fut emmené puis torturé. Il mourut de ses blessures le 15 octobre 1943. Sur son acte de naissance, la date de décès, portée au crayon, est le 19 octobre.
Suite à la Libération, sa compagne fut internée un moment au Camp A.

Il fut enterré à Clermont-Ferrand sous le nom de Lucien Navarron. La police française ne parvint pas à l’identifier au lendemain de sa mort, les autorités allemandes ne lui donnant pas la possibilité de poursuivre son enquête, notamment en refusant de présenter le corps dans un premier temps.
Il fut nommé compagnon de la Libération par décret du 7 juillet 1945. Il reçut la Croix de guerre 1939-1945 et la Médaille de la Résistance. Le 25 mars 2003, le conseil municipal de Sainte-Marie-aux-Mines décida de donner son nom à l’école primaire de la rue Narbey qu’il avait fréquentée.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article142668, notice AALBERG André [dit Jean-Louis Dieudonné, Lucien Navarron] par Jean-Pierre Besse, Jean-Marie Guillon. Compléments par Eric Panthou, version mise en ligne le 26 octobre 2012, dernière modification le 19 juin 2019.

Par Jean-Pierre Besse, Jean-Marie Guillon. Compléments par Eric Panthou

André Aalberg
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Site de l’ordre de la Libération

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 179 : meurtre d’André Aalberg .—Arch. Dép., Var, 1W14 113. – Rogatien Gautier, Jacqueline Fournier, Agent ’Number One’ réseau Mithridate 1940-1945, Paris, France-empire, 2003. – Jean-Marie Guillon, La Résistance dans le Var, Université de Provence (Aix-Marseille I), 1989. – Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, t. 4, Paris, R. Laffont, 1976. – Site des Compagnons de la Libération. – État civil. – Mémorial GenWeb.

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