STROPPOLO Giordano

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Né le 9 octobre 1906 à Castions di Strada province d’Udine région Frioul-Vénétie (Italie), mort en 1958 à Créteil (Val-de-Marne) ; maçon cimentier ; antifasciste, puis communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; FTP.

Fils de Valentin et de Maria, née Stocco, Giordano Stroppolo arriva en France en 1922, il exerça le métier de maçon cimentier. Dans les année 1925-1927, domicilié à Herserange (Meurthe-et-Moselle), il se chargea des commenter les oeuvres de Lénine dans les groupes ouvriers de langue italienne. Au début des années 1930, il fréquentait assidûment la mouvance trotskyste autour d’Auguste Mougeot*, séjournant souvent à Meslay chez Auguste et Berthe Mougeot.

Autodidacte et éclectique, il prenait des cours d’Espéranto par correspondance, il était inscrit aux Beaux Arts et suivait des cours à l’École du Bâtiments le soir à la Bourse du travail. Il s’intéressait également à la musique et avait obtenu un premier prix de clarinette au conservatoire de Musique de Roanne.

En octobre 1936, il partit en Espagne combattre dans les Brigades internationales, il fut affecté le 13 à la XIIe Brigade, 3e bataillon Garibaldi, 1ère compagnie. Il participa aux batailles de Teruel, Madrid et du Levant, fut blessé lors des combats pour défendre Madrid à Casa del Campo le 20 novembre 1936. Le 13 janvier 1938, il était incorporé au 3e bataillon Garibaldi, 34ème batterie Rosselli.

Il sortit d’Espagne le 7 février 1939 avec les rescapés de la brigade Garibaldi en couvrant la « Retirada ». Il fit interné au camp d’Argelès (Pyrénées-Orientales), puis de Gurs (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques) en mars-avril 1939 jusqu’en 1940. Il s’engagea dans le 256e Régiment de travailleurs étrangers, obtint ensuite une autorisation de séjour par voie de sursis renouvelables.

En mai 1941, il vivait avec son amie Pia Salati chez son oncle Giovanni Franchini 51 Rue du Lieutenant-Thomas à Bagnolet (Seine, Seine-Saint-Denis). Il était maçon pour la maçonnerie Antonetti et Musati dans le XXe arr., entreprise travaillant pour le compte des autorités allemandes.

En 1941, le conseiller Karl Boemelburg, chef de l’ensemble des forces de police allemande en France (SIPO et Gestapo), décida d’une vaste opération contre les anciens des Brigades internationales, la 3e section des Renseignements généraux fut chargée d’établir des listes, celles-ci étaient prêtes le 19 septembre.

Giordano Stroppolo fut arrêté par des policiers de Bagnolet le 27 mai 1942, remis le même jour aux inspecteurs des Renseignements généraux, interné à la caserne des Tourelles, Boulevard Mortier, XXe arr. C’est à la prison des Tourelles qu’il rencontrera Henri Crotti, en participant à la mutinerie qui provoqua des sanctions contre plusieurs responsables de l’Administration Pénitentiaire. À la suite de cette mutinerie Henri et Giordano furent envoyés au camp de Rouillé dans la Vienne, puis au camp de Voves ou ils s’évadèrent par le tunnel ( la Grande Evasion ) le 6 mai 1944 avec 40 autres camarades. Ils étaient les seuls étrangers de l’évasion. Henri Crotti, le dernier à sortir du tunnel est décédé en juillet 2013 à 97 ans.

Giordano Stroppolo milita au sein de la Main d’œuvre immigrée italienne, fut nommé responsable des FTP italiens de Paris Ville. Il participa aux actions de la libération et fut blessé place de la République puis hospitalisé quelques jours.

Domicilié avec sa compagne au 45 Rue Victor-Hugo à Bagnolet, il devint rédacteur en chef de l’hebdomadaire La Voix du jeune italien, tiré à 7000 exemplaires, éditée par l’association de l’Union de la jeunesse italienne, dont il était secrétaire adjoint, le siège était 9 Rue du Louvre, Paris Ier arr.

Il adhéra en 1945 au parti communiste tout en gardant de solides amitiés dans les milieux de gauche y compris avec les trotskystes. Il milita au Centre d’action et de défense des immigrés (CADI). En 1956, la maladie l’éloigna du militantisme communiste.

Il eut un fils Dani dit Giordano en souvenir de son père.

Giordano Stroppolo mourut à Créteil en 1958.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article142464, notice STROPPOLO Giordano par Daniel Grason, Claude Pennetier, version mise en ligne le 19 octobre 2012, dernière modification le 7 juillet 2014.

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Au camp de Rouillé avec Henri Crotti
Au camp de Rouillé avec Henri Crotti
Cliché fourmi par son fils Giordano Bruno Stroppolo

SOURCES : Arch. PPo., GA S3. — Notes de son fils Giordano Bruno Stroppolo (Dani).

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