MASSOT de François, DE MASSOT François, dit FORGUE François

Par Jean-Guillaume Lanuque

Né en 1932 à Paris ; traducteur  ; trotskyste, membre du PCI-SFQI, puis du PCI majoritaire, du Groupe Lambert, de l’OCI, de l’OT, du PCI, du MPPT, du PT et du POI ; président du CERMTRI.

Le père de François de Massot, Pierre de Massot de Lafond, écrivain proche des surréalistes né en 1900 et mort en 1969, qui fut membre du PCF de 1921 à 1956, appartint aux FTP durant la Seconde Guerre mondiale et signa le Manifeste des 121. Fils unique, François de Massot fut scolarisé au lycée Condorcet, avant d’effectuer des études de lettres. Il milita à l’UJRF et au PCF entre 1948 et 1950. Il en fut exclu en mai de cette année-là, et rejoignit alors le Mouvement révolutionnaire de la jeunesse puis son organisation adulte, le Parti communiste internationaliste – section française de la IVe Internationale (PCI-SFQI). Il participa à l’été 1951 à une des deux dernières brigades de solidarité en Yougoslavie, organisées par la IVe Internationale.

Lors de la crise du PCI-SFQI, il se plaça du côté de la majorité de Marcel Bleibtreu et Pierre Lambert, et il demeura fidèle à ce dernier au fil des diverses incarnations de l’organisation. Il effectua son service militaire de février 1953 à août 1954, et à sa démobilisation, il s’agrégea au « groupe Raoul », tendance informelle du PCI majoritaire dont faisaient partie Claude Bernard alias Raoul et Claude Khan ; les critiques formulées à l’égard de Pierre Lambert*, accusé d’autoritarisme, et du manque de discussions politiques au sein de l’organisation n’entamèrent pas la fidélité de ce groupe informel à la direction, en particulier lors de l’exclusion de Marcel Bleibtreu*, Michel Lequenne et leurs partisans, exclusion qu’ils critiquèrent toutefois officiellement. Les divergences s’effacèrent d’ailleurs avec les années.

À la suite du Xe congrès du PCI majoritaire en 1957, François de Massot intégra le comité central du PCI majoritaire, puis le bureau politique au tout début des années 1960. En septembre 1958, avec d’autres camarades de son organisation, il adhéra au PSA et milita à la section du Ve arrondissement de Paris jusqu’à la fondation du PSU, au sein duquel il dénonçait « l’influence de l’Église et de la bourgeoisie libérale ». En 1960-1961, il poursuivit néanmoins un travail en direction des socialistes de gauche en étant un des responsables du périodique Correspondances socialistes lancé par le Groupe Lambert. Il fut membre du comité central et du bureau politique de l’Organisation communiste internationaliste (OCI) à partir de sa fondation en 1965. Il rédigea un livre consacré à l’analyse des événements de Mai 68, La Grève générale : mai-juin 1968, et devint un des cinq secrétaires de la Fédération des comités d’alliance ouvrière en septembre 1968.

Maîtrisant l’anglais, il fut chargé au nom du Comité international des relations avec la Socialist Labour League de Gerry Healy et la Workers League de Tim Wohlforth, respectivement sections anglaise et nord-américaine du Comité, entre 1966 et 1971, date de la séparation de ces deux organisations avec l’OCI. Par la suite, il fut un des dirigeants du Comité d’organisation pour la reconstruction de la IVe Internationale, puis du Centre international de reconstruction de la IVe Internationale (CIR). Il assuma à ce titre les fonctions de rédacteur en chef de la revue du CIR, Tribune internationale, de 1981 à 1987. En 1996, il devint le président du CERMTRI, créé à l’origine sur l’initiative de l’OCI. Il effectua en outre des traductions pour les Cahiers du CERMTRI ou pour les Cahiers du mouvement ouvrier, revue d’histoire dirigée par Jean-Jacques Marie, pour laquelle il rédigea également des articles ou des comptes rendus de lecture. C’est lui qui prononça l’éloge funèbre de Pierre Lambert* lors de ses obsèques, le 25 janvier 2008, tant il avait été un de ses plus proches collaborateurs.

ŒUVRE : La Grève générale : mai-juin 1968, supplément au n° 467 d’Informations ouvrières, 1968, réédition avec Daniel Gluckstein, Paris, L’Harmattan, 2008. — Articles dans La Vérité, Informations ouvrières, Cahiers du mouvement ouvrier.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article142168, notice MASSOT de François, DE MASSOT François, dit FORGUE François par Jean-Guillaume Lanuque, version mise en ligne le 30 septembre 2012, dernière modification le 30 septembre 2012.

Par Jean-Guillaume Lanuque

SOURCES : Archives Raoul. — CERMTRI. — Entretiens avec Jean Hentzgen (2005-2011). — Gérard Pfister , Étude sur Pierre de Massot (1900-1969), thèse de doctorat, 1975 (sur le vie et l’œuvre de son père).

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