ABRIBAT Georges dit Marseille

Par Daniel Grason

Né le 4 mars 1907 à Foix (Ariège), mort le 10 février 1945 à Buchenwald (Allemagne) ; garçon livreur, terrassier ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; membre du groupe Valmy, résistant FTP.

Fils de Marius, relieur et de Appolonie, née Cusqsac, Georges Abribat vint habiter en région parisienne. Il fit son service militaire au 2e Bataillon de chasseurs comme soldat. Il adhéra en 1936 au parti communiste, cellule 439 du IVe arr. Il vivait Voie Planquette à Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) quand il s’engagea dans les Brigades internationales de l’armée républicaine espagnole.
Georges Abribat vivait Voie Planquette à Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne. Il s’engagea dans Brigades internationales de l’armée républicaine espagnole. Son rapatriement eut lieu le 15 juillet 1937 pour des raisons de santé.

Mobilisé en 1939, affecté au 5e Régiment d’infanterie, puis au 383e Régiment à Bonifacio (Corse), il fut condamné le 29 juin 1940 par le Tribunal militaire de la Corse à six mois de prison pour « outrages à supérieur ». Libéré le 7 Décembre 1940, il habita 18 Rue Geoffroy-l’Asnier à Paris IVe arr., puis dans un hôtel 14 Rue de Vienne dans le VIIIe arr.

En juin 1941 il fut terrassier dans la Loire-Inférieure (Loire-Atlantique). Il travailla ensuite dans le département à Saint-Nazaire jusqu’en juillet 1942. Il rentra à Paris, fit du terrassement pour les allemands sur des chantiers à Rambouillet et au Pecq (Seine-et-Oise, Yvelines), faute de travail, il fut licencié. Alors qu’il travaillait sur ce dernier chantier, au cours d’une conversation avec un homme, celui-ci lui parla des « T.P. », il accepta d’y entrer. Il donna son adresse, une dizaine de jours plus tard, il était contacté par Fosco Focardi dit Cerbère qui lui présenta Louis Tillet dit Laon. Abribat présenta à ce dernier Jean-Baptiste Karoubi qui devint Bourges, tous étaient membres du groupe Valmy.

Georges Abribat, désormais Marseille permanent rétribué deux mille francs par mois était le 4 octobre 1942 en compagnie de Eugène Guichard dit Étampes. Ils entrèrent à l’intérieur du cinéma Gambetta palace 6 Rue Belgrand XXe arr. où le PPF y organisait une séance de cinéma. Abribat donna la bombe, qu’il transportait à Guichard qui la plaça sous son siège, ils sortirent, l’engin n’explosa pas.
Dénoncé selon la police par un membre du groupe appréhendé avant lui, Georges Abribat fut arrêté le 28 octobre 1942, il était inconnu des services de police, ne portait pas d’arme sur lui. Lors de la perquisition de son domicile les inspecteurs de la BS 2 saisirent un carnet d’adresses, des brochures et des tracts émanant du parti communiste, un pistolet automatique 7,65 m/m avec chargeur garni de munitions, une bicyclette.

Le jour de son arrestation il devait assurer la protection de membres du groupe qui devaient cambrioler un centre de distribution de tickets d’alimentation Porte-de-Montreuil. Interrogé dans les locaux les brigades spéciales, livré aux allemands, il fut incarcéré à Fresnes, puis au Fort de Romainville.

Le jeudi 25 et le samedi 27 mars 1943, cent dix prisonniers partaient en wagons voyageurs, de la gare de l’Est à destination de Mauthausen (Autriche), parmi eux vingt-sept membres du groupe Valmy déclaré « NN » Nuit et Brouillard (condamnés à disparaître). À Mauthausen, il travailla au Kommando de Gusen, puis fut envoyé à Auschwitz, puis à Buchenwald (Allemagne). Sur les vingt-sept déportés du groupe Valmy, douze moururent dont Georges Abribat matricule 25284, le 10 février 1945.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article141627, notice ABRIBAT Georges dit Marseille par Daniel Grason, version mise en ligne le 2 septembre 2012, dernière modification le 4 septembre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. RGASPI 545.2.112, BDIC mfm 880/47. – Arch. PPo, Carton 13 activité communiste pendant l’occupation, GB 114 BS2 carton 22, KB 6, 77W 13. – Liquidez-les traîtres. La face cachée du PCF 1941-1943, JM. Berlière, F. Liaigre, R. Laffont, 2007. – Livre-Mémorial, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Éd. Tirésias, 2004. – JO, n° 023 du 28 janvier 1988. – Site Internet GenWeb. – État civil, Foix.

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