BUISSON Benjamin, Paul

Né le 24 juin 1846 à Paris, mort à Tunis le 28 mai 1924 ; enseignant, pédagogue ; un temps proche de l’Internationale.

Frère cadet de Ferdinand Buisson, Benjamin Buisson entra à l’École normale supérieure en 1865. Agrégé de Lettres il fut professeur à Strasbourg en 1868.
Chassé par la guerre il rejoignit son frère à Paris et avec Élie Reclus et Élisée Reclus, Benoît Malon, Aristide Rey, etc., il figura au nombre des collaborateurs de La République des Travailleurs, éphémère hebdomadaire de la section parisienne Batignolles et Ternes de l’Internationale.

Pendant l’absence de Ferdinand Buisson (mi-mars au 10 avril 1871), parti en Suisse chercher James Guillaume, Benjamin Buisson et sa mère dirigèrent l’orphelinat laïque des Batignolles créé en décembre 1870 par Ferdinand Buisson avec l’aide de la mairie du XVIIe arrondissement dont l’adjoint au maire était Benoît Malon.
Peut-être appartenait-il à l’AIT car au lendemain de la Commune il dut fuir Paris ? Benjamin Buisson fit paraître fin 1871 à Bruxelles et Strasbourg une brochure de 40 pages intitulée Guerre civile et guerre sociale. Origine et portée de la révolution du 18 mars.

Il enseigna en Angleterre à partir de 1872 et fut correspondant du Temps à Londres. Lorsque son frère Ferdinand fut devenu un haut fonctionnaire de la IIIe République, il fut chargé de missions comme délégué du ministère du Commerce et de l’Industrie aux Expositions internationales de Londres en 1884, de la Nouvelle-Orléans en 1885, de Melbourne en 1888 et deux à celles de Chicago en 1889 et 1893. Il était également rapporteur général du jury pour l’Enseignement primaire à l’Exposition universelle de Paris en 1889 où son rapport fut très remarqué. Il fut Chevalier de la Légion d’Honneur la même année. En 1889, il se fixa définitivement en Tunisie où il dirigea le Collège Alaoui de 1889 à 1906 ainsi que l’École normale et l’École Normale supérieure. À partir de 1906 il fut Directeur honoraire de l’Enseignement primaire jusqu’à sa retraite en 1910.

Benjamin Buisson mit en place l’enseignement primaire en Tunisie comme son frère l’avait mis en France ; ils avaient les mêmes convictions républicaines et laïques. Écoles à construire, maîtres à trouver et à former, programme à élaborer et tradition à établir tout en tenant compte que la Tunisie ce n’était pas la France. Il fallait donc beaucoup de diplomatie mais Benjamin Buisson connaissait bien la langue arabe.

Ferdinand Buisson eut le temps de venir juste avant la mort de son frère et il assista aux funérailles grandioses qui lui furent rendues.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article141130, notice BUISSON Benjamin, Paul, version mise en ligne le 6 juillet 2012, dernière modification le 8 janvier 2019.

ŒUVRES : L’Instruction primaire en Angleterre, P. Dupont, 1880. — De l’Enseignement supérieur des femmes en Angleterre, en Écosse et en Irlande, G. Chamerot, 1883. — Régence de Tunis. Direction de l’enseignement public. Collège Alaoui, école normale. Prospectus. (Signé : le directeur de l’École normale, B. Buisson.), impr. de B. Borrel, 1895. — L’enseignement primaire aux congrès d’éducation et à l’Exposition scolaire de Chicago, Hachette,1896.

SOURCES : La République des Travailleurs, 8 janvier-4 février 1871. — Les
Révolutions du XIXe siècle. 1852-1872
(catalogue), Paris, EDHIS, s.d. — Nécrologie dans La Revue pédagogique, pp. 197-199. — Martine Brunet, « L’unité d’une vie », in Ferdinand Buisson, souvenirs et autres écrits, Théolib, 2011, p. 119-170.

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