BANETH Evzen

Par Daniel Grason

Né le 29 septembre 1902 à Lučenec (Tchécoslovaquie, Slovaquie), mort en juin 1949 (Hongrie) ; journaliste ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine.

Evzen Baneth
Evzen Baneth

Fils de Wilhelm et de Rosalie, née Grosmann, Evzen Baneth était né en territoire hongrois devenu tchécoslovaque en 1918. Il suivit une scolarité primaire, puis secondaire, exerçait la profession de journaliste à Magyar Nap, (La Journée Hongroise) journal qui paraissait à Moravská Ostrava, à l’intention de la minorité hongroise. Il épousa Jolan Winkler, née en 1912, le couple était sans enfant.

Communiste, il partit combattre en Espagne en juillet 1937, il fut incorporé dans la XIIIe Brigade internationale dans l’infanterie comme lieutenant, commissaire politique du bataillon Rákosi. Rapatrié le 10 février 1939, il fut interpellé par les Français dans les Pyrénées-Orientales alors qu’il passait la frontière à pied non loin de Port-Bou (province de Gérone, Espagne), localité frontalière.

Démuni de passeport, il fut interné au camp de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) . pendant trois mois, puis à Gurs (Basses-Pyrénées-Pyrénées-Atlantiques) jusqu’au 4 janvier 1940. À cette date, il fut mis à la disposition des autorités militaires tchécoslovaque en France, celles-ci le réformèrent.
Evzen Baneth vivait avec la femme Haraszty, divorcée du docteur István Haraszty de la Centrale sanitaire internationale, partit vivre au Chili. Le couple habitait 29, rue Mazarine, Paris VIe arr. Les autorités françaises devaient à nouveau l’interner dans un camp du Lot-et-Garonne.

Après la guerre, il s’installa en Hongrie. Un rapport d’Artur London sur Evzen Baneth datant de 1955 fut trouvé dans les archives du parti communiste tchécoslovaque par Karol Bartosek. La section des cadres des Brigades internationales recommanda « en 1938, Baneth aux Soviétiques pour une formation spéciale. À sa sortie, il devait être utilisé dans l’appareil soviétique en dehors de l’Espagne. […] À la suite de sa demande, il a quitté ce cours de formation ». Dans L’aveu, Artur London écrivit qu’il fut longuement interrogé sur Rajk et Baneth.

Au lendemain de la guerre, Staline décidait une reprise en main des partis communistes européens, le 22 septembre 1947, naissait le Kominform (Bureau d’information). La suspicion politique allait très rapidement toucher tous les partis communistes. Le 28 juin 1948, les communistes yougoslaves étaient condamnés et du même coup ceux qui eurent des relations avec eux en Espagne. Il y eut des exclusions dans les pays où le parti communiste n’était pas au pouvoir.

Des procès politiques eurent lieu dans les pays dits de démocratie populaire. Lazlo Rajk, ministre des affaires étrangères hongrois, ex-brigadiste, commissaire politique du bataillon Rakosi était arrêté le 30 mai 1949. Un procès truqué, calqué sur ce qui se déroula lors des procès de Moscou, se déroula du 16 au 24 septembre 1949. Huit étaient accusés d’être des espions, des trotskistes etc. Tous furent battus, soumis au chantage au nom de l’intérêt du parti, ceux d’origines juives étaient qualifiés de sionistes. Il y eut trois condamnations à mort dont Lazlo Rajk.

Evzen Baneth selon Artur London se suicida d’une balle dans la tête peu après l’arrestation de Rajk.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article140862, notice BANETH Evzen par Daniel Grason, version mise en ligne le 10 juin 2012, dernière modification le 23 janvier 2017.

Par Daniel Grason

Evzen Baneth
Evzen Baneth

SOURCES : Arch. PPo. 77W 571. — Castells Andreu, Las Brigadas internacionales de la guerra de España, Ariel, 1974. — Artur London, L’aveu. Dans l’engrenage du procès de Prague, Gallimard, 1968. — Karol Bartosek, Les aveux des archives. Paris-Prague, 1948-1968, Seuil, 1996. – Traduction Monique Dureville-Labarta.

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