MARCACCI Norbert, Cleto, Roland

Par Alain Dalançon

Né le 19 février 1916 à Paris (XIVe arr.) , mort le 13 août 2015 à Bordeaux (Gironde) ; professeur ; militant du SNET, membre de la commission administrative nationale (1953-1964), secrétaire régional de l’académie de Bordeaux, militant socialiste et européen en Gironde.

Norbert Marcacci décoré en 1971 du Mérite national par Jacques Chaban-Delmas (Arch. mun. de Bordeaux)
Norbert Marcacci décoré en 1971 du Mérite national par Jacques Chaban-Delmas (Arch. mun. de Bordeaux)

Fils de Lienne, Antoinette Besson, sténo-dactylographe, et de Oléto, Evariste Marcacci, cordonnier, qui le reconnut le 13 novembre 1916 et épousa sa mère le 12 février 1921 à Paris (XIe arr.), Norbert Marcacci fit ses études à Paris à l’école primaire supérieure Arago puis à l’école Chaptal. Il intégra l’École normale supérieure de l’enseignement technique, section EF, promotion 1937-1939.

Il épousa le 22 février 1940 à Riel-les-Eaux (Côte d’Or) Germaine, Marguerite, Octavie Bailly. Veuf, il se remaria le 17 juillet 1944 à Paris (XIe arr.) avec Germaine, Marie, Renée Robert, qu’il avait connue à l’ENSET dans la section EF, et qui appartenait à la promotion 1938-1940. Ils n’eurent pas d’enfant.

Mobilisé en 1939, remobilisé en 1945 comme officier dans le Génie, Norbert Marcacci commença à enseigner en 1940 comme professeur de lettres et histoire-géographie à l’école nationale professionnelle de Creil (Oise) puis à partir de 1946 à celle de Vierzon (Cher), avant d’être nommé le 1er octobre 1948 au collège technique de Bordeaux (Gironde), devenu lycée technique d’État, tandis que son épouse enseignait au lycée technique de jeunes filles de la même ville.

Militant du Syndicat national de l’enseignement technique, il fut partisan du passage à la CGT-FO en 1948 selon le témoignage de Louis Astre. Il entra à la CA nationale comme suppléant sur la liste A (« autonome ») en 1953, puis fut titulaire de 1954 à 1964. Il fut en outre secrétaire régional de l’académie de Bordeaux de 1953 à 1958, et fut candidat à la commission administrative paritaire nationale des certifiés en 1956 et 1960.

Au printemps 1955, il fut rapporteur d’une modification importante des statuts adoptée par le congrès, institutionnalisant clairement l’élection des membres de la CA nationale parmi les signataires d’une motion d’orientation « au prorata des voix obtenues par ces motions au référendum qui a lieu à bulletins secrets dans les sections, avant la tenue des congrès régionaux ». Cette même année, il intervint dans la préparation du congrès sur la formation des maîtres au moment où son unification était en route : il estimait que les professeurs des enseignements généraux pourraient passer de l’enseignement classique et moderne à l’enseignement technique et vice-versa, que l’ENSET devrait se spécialiser dans la formation des professeurs des sciences économiques et industrielles, qu’elle devrait surtout être un centre de formation de tous les professeurs pour leur montrer « toute la place de la technique et des techniciens dans la vie moderne », « les difficultés particulières de la formation d’esprits tournés vers la pratique et le concret », les problèmes de l’orientation professionnelle…

À l’automne 1958, Marcacci écrivit au secrétariat du Parti socialiste SFIO pour exprimer son désaccord avec les positions de la Fédération de l’Éducation nationale sur le référendum, laissant entendre implicitement qu’il approuvait la constitution proposée par le général de Gaulle.

Au milieu des années 1960, Norbert Marcacci disparut du premier plan de la scène syndicale du SNET ; toujours en poste au lycée Eiffel, il assumait en outre à partir de 1964 un enseignement de « méthodes d’expression » à l’École nationale des Arts et Métiers de Bordeaux puis au nouvel institut universitaire de technologie en tant que chargé de cours, et prit sa retraite en 1976.

Il se consacrait surtout à ses activités politiques et associatives. Militant socialiste SFIO, membre de la commission administrative fédérale de la Gironde, il était président du Mouvement de la gauche européenne dans le département et un des fondateurs de la première Maison de l’Europe en France, à Bordeaux en juin 1956, dont il devint vice-président puis secrétaire général. Il s’investit beaucoup dans le lancement de la candidature de « monsieur X » (Gaston Defferre) en vue de l’élection présidentielle de 1965 lors d’une visite de ce dernier en Gironde et à Bordeaux en février 1964. Européen convaincu, hostile à une Europe des patries, partisan d’une Europe élargie et de la coexistence pacifique, il fut fondateur de l’Association européenne des enseignants dans son département, de l’association girondine France-Pologne en 1974, et était vice-président de l’association « Dante-Alighieri » à Bordeaux.

Après 1968, Norbert Marcacci se rapprocha de plus en plus de Jacques-Chaban-Delmas qui le décora de la médaille du Mérite national le 23 janvier 1971, et il quitta le Parti socialiste en 1972. Il contribua alors à créer en Gironde l’Union des socialistes démocrates dont il devint secrétaire général ; à ce titre, il était vice-président de l’Union pour la démocratie française lors de sa fondation en 1978 et il siégeait au conseil municipal de Bordeaux depuis 1977 comme délégué à l’Europe.

Officier des Palmes académiques, chevalier du Mérite national, il résidait 19, rue Walter-Poupot à Bordeaux. Il mourut dans sa 100e année quelques jours après son épouse.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article140805, notice MARCACCI Norbert, Cleto, Roland par Alain Dalançon, version mise en ligne le 6 juin 2012, dernière modification le 7 décembre 2018.

Par Alain Dalançon

Norbert Marcacci décoré en 1971 du Mérite national par Jacques Chaban-Delmas (Arch. mun. de Bordeaux)
Norbert Marcacci décoré en 1971 du Mérite national par Jacques Chaban-Delmas (Arch. mun. de Bordeaux)

SOURCES : Arch. mun. de Bordeaux (Agnès Vatican). — Arch. IRHSES. — OURS, fédération socialiste SFIO de la Gironde. — Curriculum vitae rédigé par l’intéressé. — Notice dans P. Epron, Ces Bordelais qui font Bordeaux et sa région, Bordeaux, Delmas, 1979. — Francis Heinrich, « 1964 : Monsieur X à Bordeaux », Bulletin de l’ITHP, n°79, octobre 2002. — Renseignements transmis par Louis Astre et René Proust.

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