MOURON Jules, Jean

Par Didier Bigorgne

Né le 6 mai 1906 à Roussillon (Saône-et Loire), mort le 17 août 1967 à Signy-le-Petit (Ardennes) ; ouvrier d’usine, cultivateur, puis cafetier-restaurateur ; résistant, militant communiste et du Mouvement de la paix ; maire de Signy-le-Petit et conseiller général (1945-1967), député des Ardennes (1945-1946).

Jules Mouron
Jules Mouron

Fils d’un ouvrier d’usine et d’une mère au foyer, Jules Mouron qui avait obtenu son certificat d’études primaires entra dans le monde du travail en 1920. Après avoir été quelque temps garçon de café, il travailla à l’usine en qualité de magasinier. Ce fut sa rencontre avec le syndicalisme ; il adhéra à la CGT. En 1928, Jules Mouron s’installa à Signy-le-Petit pour exercer la profession d’exploitant forestier. Le 7 juin 1930, il y épousa Aline Andrée Pierron, une fille de cultivateur qui lui donna quatre enfants (trois garçons et une fille). Après son mariage, il exploita une petite ferme qu’il céda à l’un de ses fils en 1960 pour devenir cafetier-restaurateur.

Jules Mouron, qui avait été mobilisé en 1939, s’engagea dans le mouvement de résistance FTPF de la région de Signy-le-Petit sous l’Occupation. Passeur d’hommes, il participa au sauvetage et au retour d’aviateurs anglais, à des parachutages d’armes et à des sabotages. Sa conduite contre l’occupant allemand lui valut de recevoir la croix de guerre 1939-1945 et la médaille de la reconnaissance américaine.

Jules Mouron adhéra au Parti communiste en 1944. Il ne fut pas un homme d’appareil. Il siégea au comité fédéral du Parti communiste des Ardennes pendant une seule année, du 1er juillet 1956 au 2 juin 1957. Par contre, il se posa comme un élu solidement implanté dans le monde rural pendant plus de vingt ans. Aux élections municipales d’avril-mai 1945, Jules Mouron conduisit la liste de son parti à la victoire et devint maire de Signy-le-Petit. Réélu à quatre reprises, 1947 à 1965, il occupa le poste de maire jusqu’au 17 août 1967. Lors de son deuxième mandat, il fut suspendu de sa fonction pendant un mois pour avoir organisé un vote local sur la paix à l’occasion de la journée internationale du 2 octobre 1949. En effet, Jules Mouron mena le combat pour la paix. Il anima le comité local du Mouvement de la paix de Signy-le-Petit dans les années 1950. Il signa l’appel pour les États généraux en faveur du désarmement général et de la paix qui se tinrent à Paris le 19 mai 1963.

Jules Mouron commença une carrière politique départementale à la Libération. Le 23 septembre 1945, il fut élu conseiller général pour le canton de Signy-le-Petit en recueillant 1 259 suffrages sur 2 824 inscrits et 2 289 votants. Aux élections cantonales des 20 et 29 mars 1949, il arriva en tête au premier tour avec 893 voix sur 2 780 inscrits et 2 203 votants pour être réélu au scrutin de ballottage en réunissant 900 voix sur 2 320 suffrages exprimés. Il fut réélu au premier tour le 17 juin 1955 (1195 voix sur 2 807 inscrits et 2 044 votants), puis le 4 juin 1961 (1 097 voix sur 2 751 inscrits et 1 958 votants). Au conseil général où il siégea jusqu’en 1967, Jules Mouron, fit partie de plusieurs commissions : Travaux publics et transports (1945-1950), Aide sociale et Hygiène (1950-1951), Agriculture et Industrie (1951-1955), Finances (1955-1958), Travaux publics et Transports (1958-1964), Agriculture et Industrie (1964-1967).

La carrière nationale de Jules Mouron fut plus courte. À l’élection de la première Assemblée constituante, le 21 octobre 1945, il fut élu député des Ardennes avec son colistier Pierre Lareppe ; le Parti communiste étant arrivé à la première place avec 37 863 voix sur 149 484 inscrits et 121 299 votants. À l’Assemblée, Jules Mouron siégea à la commission de l’Agriculture et du Ravitaillement. Il intervint à plusieurs reprises en faveur des paysans ardennais. Il demanda que le département des Ardennes soit classé en priorité pour la répartition du matériel agricole, des chevaux et des engrais. Il posa la question de la vente du bétail réquisitionné en interpellant le ministre de l’Agriculture, le 12 février 1946, et réclama des mesures pour que les cultivateurs intéressés puissent rentrer en possession des sommes qui leur étaient dues.

Le 2 juin 1946, Jules Mouron fut réélu député. À la seconde Assemblée constituante, il ajouta une nomination à la commission des Affaires économiques, des douanes et des conventions commerciales. Il perdit son siège de député aux élections législatives du 10 novembre 1946 ; le Parti communiste restait le premier parti des Ardennes (39 439 voix sur 150 937 inscrits et 121 141 votants), mais Pierre Lareppe était désormais le seul élu.

Après cet échec, Jules Mouron ne se représenta pas aux élections législatives du 17 juin 1951. En revanche, il fut de nouveau candidat, en deuxième position, sur la liste de son parti aux élections législatives du 2 janvier 1956. Il recueillit 38 345 voix (pour une moyenne de liste de 38 251 voix) sur 164 654 inscrits et 138 498 votants ; devancé de 32 852 voix par le Front républicain, le Parti communiste obtint un siège de député avec l’élection de Pierre Lareppe.

Malade, Jules Mouron fut hospitalisé à Charleville-Mézières au mois de juillet 1967. Il mourut à l’hôpital le 17 août suivant. Ses obsèques civiles, qui eurent lieu le 20 août à Signy-le-Petit, rassemblèrent environ mille cinq cents personnes. Aujourd’hui, un groupe scolaire de Signy-le-Petit porte le nom de Jules Mouron.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article140666, notice MOURON Jules, Jean par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 30 mai 2012, dernière modification le 19 septembre 2017.

Par Didier Bigorgne

Jules Mouron
Jules Mouron

SOURCES : Arch. Dép. Ardennes, 3 M5, 7 8 et 9. — Arch comité national du PCF. — Dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1968, op. cit.. — Liberté, 1945 à 1949. — L’Ardennais, 18 et 21 août 1967. — Presse locale. — Renseignements communiqués par Patrick Mouron, neveu de l’intéressé. — État civil de Signy-le-Petit.

Version imprimable Signaler un complément