MARTIN Guy, Léonce, Virgile, dit parfois Guy-Virgile Martin [Dictionnaire Algérie]

Par Jacques Girault

Né le 11 décembre 1921 à Alger (Algérie), mort le 7 juin 2007 à Créteil (Val-de-Marne) ; instituteur ; militant syndicaliste ; militant communiste au Maroc puis dans le Val-de-Marne, adjoint au maire de Créteil, conseiller régional.

G-V Martin et Michel Germa, président du conseil général du Val-de-Marne

Petit-fils d’instituteurs des Basses-Alpes nommés en Algérie (famille Coste), fils d’un employé de banque, Guy Martin, ancien élève de l’École normale d’instituteurs d’Alger-Bouzareah, fut instituteur en Algérie. En 1943, mobilisé dans l’Infanterie, il déserta pour rejoindre la France libre en Grande-Bretagne. Avec la Deuxième Division blindée, il participa aux opérations militaires de la Normandie (débarquement d’Utah Beach) à l’Allemagne. Il termina la guerre comme radio dans la division commandée par le général Pierre Billotte.

Au retour de la guerre, instituteur à Montenotte (Algérie), Martin se maria avec une institutrice. Divorcé, il épousa en août 1955 à Koléa (Algérie) Odile Lucas, professeur d’anglais. Le couple eut deux filles.

Instituteur au groupe scolaire de Marengo, responsable de L’École émancipée pour le département d’Alger, Martin aida les militants favorables à l’indépendance. Passé au Maroc, il adhéra au Parti communiste marocain sur une base anticolonialiste. Il fut expulsé en 1963 avec sa famille « pour avoir soutenu le mouvement démocratique des lycéens ».

Guy Martin s’installa à Créteil avec sa famille. Il enseigna au collège Plaisance où Marcel Pennetier, dont il avait approuvé les analyses syndicales quand il enseignait en Algérie, était secrétaire de la section du Syndicat national des instituteurs à majorité « École émancipée ». Maintenant militant "Unité et Action" dans la sous-section du SNI jusqu’alors dominée par le courant « École émancipée », après l’accident de Marcel Pennetier, Guy Martin fut un des artisans de la conquête de la majorité par les militants « Unité et Action ». Localement, il participait, aux côtés des forces de gauche, aux luttes laïques. Il joua progressivement un rôle dirigeant de la tendance « Unité et Action » dans les sections du Val-de-Marne du SNI et de la Fédération de l’Éducation nationale. Membre du comité de rédaction de L’École et la Nation, il collabora à la commission de l’enseignement auprès du comité central du Parti communiste français.

Membre du bureau de la section communiste de Créteil, il soutint la création de l’association de la Maison des arts et de la culture. Candidat communiste au Conseil général dans le canton de Créteil-Sud en 1976, il arriva en troisième position avec 2 445 voix. À nouveau candidat en 1982 dans le canton Créteil-Nord, il arrivait en quatrième position avec 1 144 voix. Il représenta à nouveau le PCF, le 19 juin 1983, dans l’élection partielle dans le même canton.

Aux élections municipales de 1983, chef de file des candidats communistes sur la liste d’union de la gauche qui fut élue, il devint conseiller municipal puis adjoint au maire jusqu’à la fin du mandat en 1989, chargé des affaires sociales, de la solidarité et de la petite enfance. Il fut désigné par le conseil municipal pour siéger au conseil régional d’Ile-de-France. Il écrivait des manuscrits restés inédits et peignait des tableaux ayant essentiellement la Provence comme thème.

Retraité,Guy Martin, dans les années 1980-1990, fit partie du secrétariat parlementaire de Georges Marchais et tenait une permanence à la mairie de Villejuif. Au moment de la guerre en Bosnie, il fut un des quatre Guy (Guy Poussy, Guy Gibout, Guy Perlican*) à distribuer des tracts dénonçant l’attitude du PCF à la sortie du métro Colonel Fabien près du siège du PCF. En 2000, après le congrès de Martigues du PCF, opposé à la « mutation » proposée par Robert Hue, il quitta le PCF et fut un des fondateurs du journal Combat communiste.

Lors de son décès, l’Humanité, le 12 juin 2007, rappela les grandes lignes du militantisme de Guy-Virgile Martin et annonça qu’un hommage public, salle Jean Cocteau à Créteil, lui serait rendu avec des prises de parole du député-maire socialiste Laurent Cathala, d’un adjoint communiste Jean-Jacques Porcheron, de Guy Poussy, animateur de Combat communiste et de plusieurs membres de sa famille. Il fut enterré à Saint-Laurent du Verdon (Alpes-de-Haute Provence), village d’origine de sa famille.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article140637, notice MARTIN Guy, Léonce, Virgile, dit parfois Guy-Virgile Martin [Dictionnaire Algérie] par Jacques Girault, version mise en ligne le 24 mai 2012, dernière modification le 10 novembre 2017.

Par Jacques Girault

G-V Martin et Michel Germa, président du conseil général du Val-de-Marne
Guy Martin
Guy Martin
Clichés fournis par la famille

SOURCES : Arch. mun. Créteil (Françoise Wyss). — Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par la famille. — Presse nationale. — Notes de Claude Pennetier.

Iconographie : - G-V Martin et Michel Germa, président du conseil général du Val-de-Marne. - Photographie de G-V Martin.

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