MARTIN René, Émile, Honoré

Par Josette Ueberschlag

Né le 2 mars 1898 à Gallardon (Eure-et-Loir), mort le 12 mai 1959 à Dreux (Eure-et-Loir) ; instituteur ; militant syndicaliste en Eure-et-Loir.

René Martin était l’aîné d’une famille de deux enfants. Sa sœur, Jeanne née en 1905, institutrice, se maria civilement avec Maurice Décourtye, instituteur et militant syndicaliste (voir Jeanne et Maurice Décourtye). Leur mère, institutrice, avait divorcé du père, indiqué « escompteur » sur le registre d’état civil de Gallardon, marchand de grains, propriétaire de minoteries et d’exploitations agricoles, rapidement ruiné et qui, au moment du divorce, était indiqué sans profession.

René Martin entra en 1914 à l’École normale d’instituteurs de Chartres ; sa promotion normalienne portait le nom de « Grande Revanche » ! Mobilisé le 16 avril 1917 et placé en zone armée le 3 février 1918, Martin fut blessé dix jours plus tard et évacué vers l’hôpital de Chaumont le 12.

Martin, nommé à Nogent-le-Roi en 1920 après avoir été intérimaire de guerre dans plusieurs villages d’Eure-et-Loir, devint en 1922 adjoint à l’école de la rue Godeau à Dreux ; il y fit toute sa carrière terminant au poste de directeur. Il prit sa retraite en 1953.

Il se maria religieusement en 1923 à Toury (Eure-et-Loir) avec une institutrice, Couturier Jeanne, Marie. Le couple eut une fille. En 1925, sa fille âgée de cinq mois souffrant d’une forte coqueluche, le médecin pour hâter sa guérison conseilla l’air marin. Ainsi cette année-là, le couple Martin organisa une colonie de vacances à Bretteville (Manche) et se chargea de 23 enfants de Dreux accueillis dans des bâtiments prêtés par la municipalité de Cherbourg. L’opération fut ensuite reconduite par le couple de 1926 à 1932 en faveur de 35 colons, avec l’aide du Cercle laïque de Dreux dont Maurice Viollette* était le président-fondateur. Martin, socialiste SFIO, en devint le vice-président dans les années 1930.

A la suite de la grève générale de février 1934, Martin fut élu secrétaire général de la section départementale du Syndicat national (CGT). Il œuvra alors à l’unification des deux sections, SN et syndicat de la Fédération unitaire de l’enseignement, qui, en Eure-et-Loir, fut réalisée de manière effective dès 1935 en avance sur d’autres départements. Préconisant l’action directe, il fut mis en minorité lors de la grève du 30 novembre 1938 : 89 instituteurs seulement sur environ 800 syndiqués se portèrent grévistes. Ceux-ci furent sanctionnés par huit jours de retenue de salaire. Martin présenta alors sa démission comme secrétaire général, mais celle-ci lui fut refusée jusqu’à l’élection du prochain conseil syndical (mai 1939). Il fut remplacé à ce poste par Charlotte Nivault*.

Réformé en 1927 avec une invalidité de 10 %, Martin fut cependant rappelé sous les drapeaux en février 1940 en qualité de maréchal des logis au Mans. Puis, le 7 mai 1943 sur dénonciation calomnieuse, il fut déporté en Allemagne pour raison politique comme son beau-frère, Maurice Décourtye. Revenu de déportation le 4 juin 1945 très affaibli, il eut des complications de santé récurrentes qui furent la cause de son décès. Ses obsèques furent civiles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article140484, notice MARTIN René, Émile, Honoré par Josette Ueberschlag, version mise en ligne le 3 mai 2012, dernière modification le 3 mai 2012.

Par Josette Ueberschlag

SOURCES : Arch. dép. Eure-et-Loir. — Bulletin du syndicat des instituteurs d’Eure-et-Loir. — Brochure célébrant le centenaire du Cercle Laïque de Dreux, 1909-2009. —– Sources orales en particulier de son gendre Jean Grenesche et de Maurice Ravanne*.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément