MAS Louis, François, Laurent

Par Alain Dalançon

Né le 15 janvier 1906 à Saint-Pons-de-Thomières (Hérault) ; mort le 18 juillet 1986 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; professeur ; militant du Syndicat national des collèges modernes puis du Syndicat national de l’enseignement secondaire ; militant de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale et de la Mutuelle assurances automobiles des instituteurs de France ; vice-président du Comité régional du Roussillon de la Fédération française de rugby (1936-1981) et membre de son bureau national ; militant socialiste.

Photo au congrès du SNES de 1954 (coll. IRHSES)
Photo au congrès du SNES de 1954 (coll. IRHSES)

Petit-fils de paysans de l’Ariège et de la Montagne Noire de l’Hérault, fils d’un tailleur d’habits et d’une mère couturière, catholique pratiquante, Louis Mas alla au catéchisme et fit sa communion. Après l’école primaire laïque à Saint-Pons, il entra à l’école primaire supérieure de garçons de la même petite ville puis, se destinant comme sa sœur aînée au métier d’instituteur, fut élève-maître à l’École normale d’instituteurs de Montpellier (Hérault) de 1921 à 1924. Après l’obtention du brevet supérieur en 1924, il fut employé comme surveillant à l’école d’électricité industrielle de Marseille, puis enseigna comme professeur de français dans les classes élémentaires de 1924 à 1927. Il poursuivit en même temps des études supérieures à la faculté des Sciences d’Aix-Marseille, y obtint une licence ès-sciences en 1927 (certificat de mathématiques générales en 1925, de physique générale en 1927, de chimie générale en 1927) et fut reçu à la première partie du concours du professorat des EPS. Il était alors instituteur stagiaire à Saint-Pons.

À son retour du service militaire dans les Zouaves à Constantine (Algérie) de 1927 à 1929 comme simple soldat, Mas épousa le 20 août 1929 à Olargues (Hérault) une institutrice ayant fait ses études à l’ENI de la Dordogne, Marguerite Cros avec laquelle il eut une fille et un fils. Louis Mas fut nommé instituteur délégué pour l’enseignement des sciences à l’EPS de Perpignan en octobre 1929 puis fut titularisé en 1932, professeur de sciences dans l’établissement, devenu collège moderne après 1942, où il exerça jusqu’en 1952. Il enseigna ensuite comme professeur certifié de mathématiques au lycée Arago de Perpignan, où il prit sa retraite en septembre 1966.

Syndiqué dès le début de sa carrière au Syndicat national des EPS, Mas représenta son syndicat au comité général de la Bourse du Travail de Perpignan dans les années 1930 et milita surtout dans le domaine associatif. Il fut un des fondateurs de la section départementale de la MAAIF en 1936. Sportif, passionné par le rugby, il fut un des organisateurs du Comité régional du Roussillon, dont il assura la vice-présidence de 1936 à 1981.

Mobilisé en septembre 1939, il connut la « drôle de guerre » puis la défaite de 1940, et rejoignit à vélo Perpignan, où il fut démobilisé en juillet 1940. Après l’occupation de la zone libre, il participa à la résistance dans le cadre du mouvement « Libération », sans y jouer toutefois un grand rôle ; il fut alors l’ami de Dominique-Jean Parsuire, instituteur, pionnier des méthodes de l’École moderne (Célestin Freinet) et de Louis Torcatis, instituteur, chef de l’Armée secrète puis lieutenant-colonel des FFI, abattu le 18 mai 1944 par la Milice à Carmaux (Tarn).

À la Libération, au côté de Lucette Justafré, il participa à l’expérience originale du Syndicat unique des enseignants des Pyrénées-Orientales (CGT), qui fit école dans plusieurs départements. Membre de son conseil syndical en 1946, il y représentait les professeurs de l’enseignement moderne avec Argau et Mme Barrère. Après la disparition du Syndicat unique, il devint secrétaire de la section départementale du Syndicat national des collèges modernes, responsabilité qu’il assuma jusqu’à la fusion avec le Syndicat national de l’enseignement secondaire en 1949.

Mas fut partisan du choix de l’autonomie en 1948 pour son syndicat et pour la Fédération de l’Éducation nationale. Il entra à la commission administrative nationale du nouveau SNES (classique et moderne) en 1949 sur la liste de l’ex-SNCM et en demeura membre sur la liste A jusqu’en 1966.

Il était en même temps membre de la commission administrative de la section académique (S3) de Montpellier et en assura le secrétariat au début des années 1950. Mais en raison de l’éloignement du chef-lieu de l’académie, il abandonna cette responsabilité, que Pierre Antonini assuma à partir de 1957, bien qu’étant militant « cégétiste » de la liste B. À cette époque, notamment dans cette académie, les appartenances de tendances jouaient peu dans les équipes qui dirigeaient les S3 et une bonne entente existait entre les deux militants. Mas restait avant tout un militant syndicaliste des Pyrénées-Orientales du SNES, de la FEN et du mouvement associatif qui gravitait autour, notamment de la MGEN dont il était membre de la CA depuis sa fondation en 1947. Il prit sa retraite au début de l’année scolaire 1966-1967, après la fusion entre le SNES et le SNET, peu avant que le courant « Unité et Action » ne s’empare de la direction du nouveau SNES et passa le flambeau de l’animation du courant « autonome » dans l’académie à un militant plus jeune, Pierre Gros. Au congrès national de fusion de 1966, il fit ses adieux en précisant qu’il avait été partisan de poursuivre la grève administrative jusqu’au bout, l’année précédente, et regretta que le secrétaire général Pierre Dhombres fasse les frais de cet échec, en lui apportant le soutien de la tendance majoritaire.

Militant du Parti socialiste SFIO, Mas fut mêlé de près à la vie du parti au plan local. Il soutint en mars 1959, sans être candidat lui-même, Félix Depardon}, son collègue du lycée François-Arago, maire SFIO sortant de Perpignan, qui, en dépit de l’avis de la majorité des membres de son parti, forma au second tour une liste d’union des gauches composée de quelques sortants SFIO, et de candidats issus de deux autres listes de gauche, celle du PCF et celle de la Nouvelle gauche (UGS, PSA, UP, Ligue des Droits l’Homme) ; cette liste fut battue par celle d’un autre socialiste (en rupture de ban et bientôt exclu de la SFIO), Paul Alduy qui devait rester à la tête de la municipalité durant 34 ans. Avec ses amis, il s’opposa également, en novembre 1962, à la réélection à la députation d’Arthur Conte récemment passé à l’UNR. En 1971, il adhéra au nouveau Parti socialiste et en resta membre jusqu’à sa mort. Anticlérical militant, il faisait souvent part de ses convictions à ses élèves au début des années 1960, durant ses cours, d’après certains témoignages.

Après sa retraite, Mas ne resta pas inactif, puisqu’il devint responsable académique des retraités du SNES de l’académie de Montpellier, président de la section départementale (1966-1981) et administrateur national de la MGEN (1971-1975), ainsi que président de la section départementale de la MAIF (1970-1981). Toujours autant passionné par le rugby, il était membre du bureau de la FFR, président de la commission des Finances, président du comité de sélection scolaire et était titulaire de plusieurs médailles sportives.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article140436, notice MAS Louis, François, Laurent par Alain Dalançon, version mise en ligne le 30 avril 2012, dernière modification le 12 avril 2016.

Par Alain Dalançon

Photo au congrès du SNES de 1954 (coll. IRHSES)
Photo au congrès du SNES de 1954 (coll. IRHSES)

SOURCES : Arch. Nat., F17/ 28741. – Arch. IRHSES – Bulletins syndicaux – Témoignage de son fils et autres témoignages oraux. – Notes de Jacques Girault. – Notes d’André Balent à partir de L’Action syndicale, hebdomadaire de la Bourse du travail de Perpignan et des syndicats confédérés des Pyrénées-Orientales (années 1930), des archives du SNI et du syndicat unique de l’Enseignement des Pyrénées-Orientales et de souvenirs personnels.

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