MARIN Fernand, Élie

Par Jacques Girault, René Grosso

Né le 19 mars 1919 à L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), mort le 7 février 2016 à Avignon (Vaucluse) ; instituteur ; résistant ; militant communiste, maire de Sorgues (Vaucluse) de 1965 à 1989, conseiller général (1973-1989), conseiller régional (1978-1981), député du Vaucluse (1956-1958 ; 1967-1968).

Fernand Marin
Fernand Marin

Fils de cultivateurs, métayers à Lagnes (Vaucluse) puis propriétaires à Rebounas, quartier rural de L’Isle-sur-la-Sorgue, Fernand Marin, dernier de sept enfants, entra à l’École normale d’instituteurs d’Avignon en 1937. Titulaire du brevet supérieur, il fut nommé instituteur en classe unique. Mobilisé à Avignon, élève officier de réserve à Hyères (Var) puis à Saint-Maixent en février 1940, il combattit, avec les autres élèves, sur la Loire. Fait prisonnier à Chinon (Indre-et-Loire), au bout de dix-sept jours, évadé ou libéré selon les sources, il resta sous les drapeaux dans l’armée d’armistice jusqu’en septembre 1942 à Montpellier (Hérault), comme sergent responsable de sports collectifs et de l’athlétisme. Dans le questionnaire biographique rempli en 1945 pour le Parti communiste français, il indiqua avoir adhéré en septembre 1944. Selon son témoignage, il adhéra au parti en février 1940 à Hyères et diffusa du matériel communiste dans la caserne de Montpellier puis, de retour à la vie civile à L’Isle-sur-la-Sorgue.

Instituteur dans le hameau des Michelons à Gordes, en contact avec l’Armée secrète en mai 1942, il participa à des collectes de vivres avant de constituer, lors d’une réunion à Robion, en octobre 1942, un groupe de l’AS devenu maquis Ventoux-Monts de Vaucluse. Il entra en contact avec les FTP tout en restant à l’AS, puis passa dans la clandestinité en juin 1944. Secrétaire de la cellule locale, puis de la section communiste, il fut membre du Comité local de Libération de Gordes. Il devint secrétaire à l’organisation de la fédération communiste, se mettant en congé de l’Éducation nationale. Il fut mobilisé de mars à septembre 1945 avec le grade de sergent-chef.

Marin devint en juin 1946 le chef adjoint du cabinet du ministre communiste de la Santé publique René Arthaud, député du Vaucluse. Le secrétariat du PCF ratifia sa candidature pour suivre une école centrale de politique extérieure. Après la chute du ministère Georges Bidault, le 16 décembre 1946, Arthaud n’étant plus ministre, le secrétariat, le 10 février 1947, décida sa mutation auprès du Parti communiste algérien. André Marty, qui avait représenté le comité central à Alger en 1943-1944, l’envoya en Algérie pour travailler au journal Liberté (El Hourria) et se préparer à diriger Alger Républicain. Dans la direction du Parti communiste français, des divergences se manifestaient sur l’attitude à prendre vis-à-vis du mouvement nationaliste. Affecté pour deux mois, le 15 septembre 1947 à la section d’outre-mer, Marin fut envoyé au Maroc.

De retour dans le Vaucluse, membre du bureau fédéral, puis du secrétariat fédéral de 1949 jusqu’en 1956, collaborateur régulier de La Renaissance du Vaucluse, hebdomadaire du parti, jusqu’à sa disparition en 1953, permanent jusqu’en 1951, il reprit son métier d’instituteur à Carpentras. Nommé à Avignon en 1952, Marin, élu conseiller municipal d’Avignon sur la liste d’« Union ouvrière et démocratique », anima l’opposition au maire Édouard Daladier.

Fernand Marin suivit une école centrale du PCF (mars-juillet 1957) et conserva sa responsabilité de secrétaire fédéral de 1957 à 1964. Redevenu membre du seul bureau fédéral de 1964 à 1968, il retrouva la responsabilité de premier secrétaire fédéral de 1968 à 1974. Membre du seul bureau fédéral jusqu’en 1985, il resta membre du comité fédéral puis du comité départemental à partir de 1985. Il demeurait très écouté dans la direction fédérale communiste. Co-président du Mouvement de la paix dans le département, il participa à l’organisation de manifestations contre le réarmement allemand, notamment à celle au théâtre antique d’Orange et contre l’installation de missiles sur le plateau d’Albion.

Fernand Marin conduisit la liste communiste aux élections législatives de 1956 et fut élu. Membre des commissions des affaires étrangères, de la justice et de la législation, il fut désigné en février 1956 dans la commission parlementaire d’enquête sur les opérations électorales en Réunion. Dans la troisième circonscription d’Orange, il fut battu en novembre 1958 (8 989 puis 12 707 voix sur 53 383 inscrits). Il reprit alors un poste d’instituteur à Avignon.

À nouveau battu en 1962 (11 214 puis 19 129 voix sur 55 552 inscrits) dans la même circonscription, Fernand Marin retrouva un siège de député en 1967 (14 318 puis 24 696 voix sur 61 144 inscrits). Battu en juin 1968, (15 605 voix puis 21 969 voix sur 60 975 inscrits, mais ne retrouvant pas la totalité des voix de gauche selon la presse), il fut à nouveau battu en 1973 (16 381 puis 27 420 voix sur 65 937 inscrits). Le candidat de droite, maire d’Orange, le devançait de 162 voix alors que la totalité des voix du candidat socialiste ne se reportait pas sur lui et que, selon la presse, la campagne pour le second tour avait été très violemment anticommuniste. Au premier tour de 1978, il recueillit 19 009 voix sur 78 237 inscrits et, les reports des voix de gauche s’effectuant correctement, il l’emporta avec 34 130 voix, devançant de plus de 1 800 voix le député sortant. Selon la presse, il progressait surtout dans les communes agricoles. En 1981, Jean Gatel, déjà candidat socialiste en 1978, le devançait au premier tour et fut élu après le désistement de Marin.

Fernand Marin, élu premier adjoint au maire de Sorgues en mars 1965, devint maire de la commune après le décès du maire Alphonse Gévaudan en octobre 1965. Il fut réélu maire à la tête de listes d’union de la gauche jusqu’en 1989. Les réalisations furent nombreuses dont des aménagements urbains, commerciaux et administratifs, des équipements publics de sports et de loisirs (Maison des jeunes et d’éducation permanente, centre culturel), une maison de retraite.

Élu au conseil général dans le canton de Bédarrides en 1973, réélu en mars 1979, vice-président au début des années 1980, Fernand Marin fut battu par le candidat de droite en 1989. Il s’affirma comme « un élu de terrain » et un « opiniâtre lutteur dans un contexte politique rarement favorable » (Claude Mesliand*). Il siégea aussi de 1978 à 1981 au conseil de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur dont il fut un des secrétaires.

Fernand Marin se maria en août 1947 à L’Isle-sur-la-Sorgues avec Claude Thioulouze, militante de l’Union de la jeunesse républicaine de France, qui se déclarait journaliste au moment de son mariage, alors secrétaire au ministère de la Santé, fille d’un fonctionnaire au service de contrôle des prix de la préfecture de police.

Fernand Marin, membre de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance, écrivit ses mémoires parues en 1993 sous le titre Café des Palmiers.

Annonçant son décès, l’Humanité des 12-13-14 février 2016 lui consacra un article.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article140278, notice MARIN Fernand, Élie par Jacques Girault, René Grosso, version mise en ligne le 8 avril 2012, dernière modification le 15 février 2016.

Par Jacques Girault, René Grosso

Fernand Marin
Fernand Marin

ŒUVRE : Café des Palmiers, Paris, Éditions sociales, 1993.

SOURCES : Archives de l’Assemblée Nationale et site Internet. — Arch. com. Sorgues (Sabine Bonneaud), 4 W 9, 14, 15, 16, 26 W 2, 27 W 1. — Archives du comité national du PCF. – Notice Élie Mignot par René Gallissot. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de Pierre Boichu, de François Chevaldonné et de Claude Mesliand. — « Sur les traces de René Arthaud, vauclusien et ministre de la Santé », entretien avec Fernand Marin, Journal du syndicat CGT du Centre hospitalier de Montfavet, juillet 2010, p. 3-7.

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