BURROWS Herbert

Par Cédric Boissière

Né le 12 juin 1845 à Redgrave, Suffolk ; mort le 14 décembre 1922 à Londres ; libre-penseur et socialiste.

Herbert Burrows était le fils d’un tailleur, Amos Burrows, ancien leader chartiste, et d’Ann Thompson, une couturière. D’abord autodidacte, il n’alla à l’école qu’à partir de treize ans. Il y fut élève-répétiteur. Il suivit à partir de 1872 quelques cours à l’université de Cambridge, en tant qu’auditeur libre. Il ne passa pas d’examen.

Il entra jeune au service des impôts et y resta jusqu’en 1907 quand il démissionna pour se consacrer à ses activités politiques. En 1869, il épousa Mary Hannah Musk (1845-1889), avec qui il eut une fille et un fils. Il se remaria avec une Américaine qui décéda en 1899.

Installé à Londres à partir de 1877, Burrows s’engagea dans différents mouvements politiques et sociaux. Il rejoignit ainsi la National Secular Society (Société nationale de libre pensée) que dirigeaient Charles Bradlaugh et Annie Besant, la Social and Political Education League (Ligue pour l’éducation sociale et politique), la Manhood Suffrage League (Ligue pour le suffrage masculin) dont il devint vice-président. Il participa à la création, en 1881, de la Democratic Federation de Henry Hyndman. Il en fut le trésorier et fut de ceux qui lui firent prendre son tournant socialiste entériné en 1884 par le changement de nom en Social Democratic Federation. Burrows était aussi un des contributeurs réguliers de Justice, le journal du mouvement. Il effectua de nombreuses tournées de conférences dans les régions ouvrières afin de recruter de nouveaux adhérents. Il resta fidèle à Hyndman en 1884 lors de la scission de la SDF qui vit le départ entre autres de William Morris, Edward Aveling et Eleanor Marx-Aveling. En 1889, Burrows fut un des délégués de la SDF lors de la fondation de l’Internationale ouvrière (Seconde Internationale) à Paris. Il participa ensuite aux discussions du Rainbow Circle, groupe de réflexion qui cherchait à rapprocher les idées libérales, fabiennes et socialistes dans les années 1890. Pacifiste, Burrows fut aussi membre de l’International Arbitration and Peace Association ainsi que de l’International Arbitration League. Ce fut d’ailleurs sur cette question du pacifisme qu’il quitta en 1911 la SDF, devenue Social Democratic Party, quand celle-ci soutint le concept d’une marine et d’une armée de citoyens.

Dans les années 1880, Burrows participa à l’organisation des grands mouvements ouvriers qui culminèrent dans le Bloody Sunday du 13 novembre 1887. Ce dimanche-là, une manifestation ouvrière pacifique sur Trafalgar Square, pour réclamer de meilleures conditions de vie et protester contre la politique en Irlande, fut violemment dispersée par les forces de l’ordre. Il y eut trois morts, deux cents blessés et de nombreuses arrestations. Burrows fut le délégué de la SDF au sein de la Law and Liberty League créée par Annie Besant et W. T. Stead pour aider les victimes du Bloody Sunday et les personnes arrêtées ce jour-là, mais aussi poursuivre la défense de la liberté d’expression. Avec Annie Besant, Herbert Burrows organisa à l’été 1888 la grande grève des allumettières de l’entreprise Bryant and May à Tower Hamlets dans l’East-End de Londres. Il devint à cette occasion le trésorier du syndicat des allumettières, un des premiers exemples du new unionism (nouveau syndicalisme) qui se développa dans les années 1890. Il participa aussi à l’organisation de la grande grève des dockers de Londres en 1889.

En 1885, il ne fut pas élu quand il se présenta pour Tower Hamlet aux élections au London Scool Board, l’organisme qui gérait les écoles de la capitale. Il échoua de même aux législatives pour Shoreditch en 1908 et 1910.

Issu d’une famille non-anglicane, il avait d’abord été unitarien avant de se tourner vers la libre-pensée. Cependant, il considérait qu’un socialisme purement matérialiste n’était pas suffisant. Il voulait lui donner une dimension morale et spirituelle. Ses réflexions l’amenèrent à rejoindre, en 1889, la Société théosophique, bientôt dirigée par Annie Besant. Il en devint trésorier de la section européenne et en resta membre jusqu’à sa mort. Il fut aussi conférencier en titre de la South Place Ethical Society.

Paralysé après 1917, il mourut à son domicile londonien.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article139818, notice BURROWS Herbert par Cédric Boissière, version mise en ligne le 5 mars 2012, dernière modification le 5 mars 2012.

Par Cédric Boissière

ŒUVRES : Zola. [A critical study.] , Swan Sonnenschein, Londres, 1899 ; Emerson’s centenary : his thought and teaching. A South Place lecture, Londres, 1903 ; (éditeur) William Clarke ; A Collection of His Writings, with a Biographical Sketch, Swan Sonnenschein, Londres, 1908 ; The future of woman : a lecture delivered to the South Place Ethical Society, Londres, février 1909 ; « Spontaneous Education : The Montessori Method » in The world’s great events ; an indexed history of the world from earliest times to the present day., vol. X, Harvard, 1916. ; Darwinism and development through mutual aid... : A paper read at the Conference upon the pacifist philosophy of life, Londres, juillet 1915.

BIBLIOGRAPHIE : Mark Bevir, « Burrows, Herbert (1845–1922) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, Sept 2004. ; Ann Taylor, Annie Besant, Oxford U.P., 1992.

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