UMIDO Joséphine dite Mado [née BIZZARRI Joséphine]

Par Daniel Grason

Née le 21 septembre 1903 à Roquefort-la-Bédoule (Bouches-du-Rhône), morte le 29 janvier 1943 à Auschwitz (Pologne) ; brodeuse sur étoffes ; antifasciste ; emprisonnée ; déportée.

Fille de Ruffino, journalier et de Caroline, ménagère, née Gatti, Joséphine Bizzarri se maria avec Claude Umido le 15 mai 1926 à la mairie du XVIIe arrondissement à Paris. Elle accoucha d’Hélène le 8 juin 1931 à Paris (XVIIIe arr.) La famille demeura en juin 1936 au 24 rue du Quatorze juillet à Bois-Colombes (Seine, Hauts-de-Seine), Claude son mari, artisan cordonnier travaillait dans sa boutique à la même adresse. Joséphine, brodeuse était employée par la Maison Bruyère sur la prestigieuse place Vendôme à Paris, Ier arr., là où se créait la mode entre la rue du Faubourg-Saint-Honoré et la rue Royale.

La guerre et les restrictions alimentaires touchaient les familles, Joséphine Umido utilisa des faux tickets d’alimentation, la 10e Chambre correctionnelle la condamna à cinq jours de prison et à deux mille quatre cents francs d’amende.

Des inspecteurs de la BS2 appréhendèrent un résistant Robert Camus, lors de la perquisition de son domicile 25 rue Rébeval, XIXe arr. une clé fut trouvée, celle d’un garage loué par Claude Umido au 3 rue de la Renaissance à Bois-Colombes. La vie du couple bascula le 19 décembre 1942, il fut arrêté : un pistolet 6,35 m/m, un chargeur garni de six cartouches, six clefs de cadenas et de serrures à combinaison étaient saisis à leur domicile.

Dans le garage une automobile Peugeot volée le 13 août 1942 était découverte, elle servit lors d’une opération de récupération de fonds contre un encaisseur de la SNCF à Rueil-Malmaison (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine). Dans le véhicule étaient dissimulés : un revolver, un fusil mitrailleur, des chargeurs et des cartouches. Les policiers appréhendèrent Joséphine Umido sur son lieu de travail place Vendôme, Ier arr. Selon une autre source les arrestations eurent lieu à Reims (Marne).

Détenue dans les locaux de la préfecture de police, interrogée, elle fut incarcérée à la prison de Fresnes le 30 décembre, mise à la disposition des Allemands. Elle fut inculpée ainsi que son mari de menées terroristes et complicité. Un membre de la famille écrivit le 3 janvier 1943 au préfet de police demandant où était le couple.

Tous les deux étaient dans le convoi politique du 24 janvier 1943, deux cents trente femmes et mille quatre cent soixante-six hommes prenaient la destination de l’Allemagne dans des wagons séparés. Les hommes étaient dirigés sur Sachsenhausen (Allemagne), les femmes à Auschwitz (Pologne). Quarante-cinq femmes étaient des veuves de fusillés, cent quatre-vingt une (78,7%) moururent à Auschwitz dont Vincentella (Danielle) Casanova.

La déclaration de la mort de Joséphine Umido fut enregistrée à la mairie de Bois-Colombes le 16 mai 1951 avec la mention « Mort pour la France ». Le Journal officiel du 6 juin 2001 indiqua qu’elle était morte le 24 janvier 1943 à Compiègne, le Ministre de la défense fit publier un rectificatif le 25 juillet 2002 « Morte en déportation » le 29 janvier 1943". Quant à Claude Umido son mari, il rentra de Sachsenhausen physiquement très diminué, pensionné à 65%.

Auditionné le 9 juin 1945 par une commission rogatoire, Claude Umido porta plainte contre les policiers qui arrêtèrent sa femme.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article139522, notice UMIDO Joséphine dite Mado [née BIZZARRI Joséphine] par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 mars 2012, dernière modification le 5 janvier 2016.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., KB 24, KB 54, 1 W120 43943, 77W 3115. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – JO n° 129 du 6 juin 2001. – Site internet GenWeb. – État civil.

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